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terry gilliam (22 Novembre 1940 - )
et d’un futur frère en 1950. Alors que le Terry fête son dixième anniversaire, son père trouve un travail de charpentier dans un studio hollywoodien. Sitôt dit, l’ensemble de la famille déménage pour la banlieue de Los Angeles.
Alors que le Terry fête son dixième anniversaire, son père trouve un travail de charpentier dans un studio hollywoodien. Sitôt dit, l’ensemble de la famille déménage pour la banlieue de Los Angeles.
Après de brillantes études secondaires au Birmingham High School, Terry entre en 1958 à l’Occidental College dont il sort diplômé en Sciences politiques en 1962. Durant ces quatre années de labeurs, Terry Gilliam prend la direction du magasine universitaire (bien plus un Fanzine qu’une réelle revue) Fang. Cette publication va prendre des faux airs de Mad, puisque Gilliam fut très clairement influencé par le génial Harvey Kurtzman. Sitôt ses études finies (lâchement abandonnées), il s’envole, le carton à dessins sous le bras, pour New York espérant travailler pour et avec le maître. Grand bien lui prit puisqu’il trouve un poste dans un magasine créé par Kurtzman, une annexe de Mad, Help !. En l’espace de trois ans, il devient rédacteur en chef adjoint, doublé d’illustrateur freelance dans diverses publications.
De par ses revenus, Terry Gilliam se paie une camera 16mm, commence un court métrage qu’il ne finira jamais. En 1964, il rencontre un acteur de roman photo publié dans son magazine, John Cleese, présentement en tournée avec la Cambridge Footlights Society, qui l’invite à lui rendre visite dans sa patrie natale de Grande Bretagne. Un an plus tard Help! dépose le bilan, Gilliam fait son service militaire, et part faire le tour de l’Europe, en visitant tour à tour l’Allemagne, l’Italie et la France. C’est dans ce pays qu’il est repéré par René Goscinny, qui lui propose de participer au magasine Pilote. Il travaille avec l’un des plus grands bdéastes du monde, Fred, pour une bd appelée les Ramoneurs.
Quelques mois plus tard, Terry Gilliam rentre à New York, via un petit séjour en Californie. De sa rencontre avec Joël Siegel naît un livre, The Cocktail People, grâce auquel il est embauché par une agence de pub, et réalise des affiches pour Universal Picture. Ayant une grande propension à s’en tamponner le cristallin, l’ami Gilliam est prié de quitter les locaux.
And Now Something Completly Different
La légende entourant Terry Gilliam veut qu’après son licenciement il fît un pari qui l’amena à se retrouver en Angleterre. En 1967, il vie comme dessinateur pour les journaux Sunday Times Magazine, Queen, Nova et the Londonner Magazine. Il occupe dans ce dernier le poste de directeur artistique. Sitôt promu, sitôt le magasine disparaît. C’est alors qu’il retrouve son ami John Cleese, qui le présente à un producteur de télévision, Humphrey Barcley. Ledit producteur l’engage aux cotés de quelques auteurs nommés Eric Idle, Michael Palin et Terry Jones. Ensemble ils travaillent sur l’émission Do Not Adjust Now Set. Humphrey Barcley lui commande deux sketches pour le show. Pour 400 livres, il réalise sa toute première animation en deux semaines. Impressionné par la rapidité et la qualité du film, les producteurs lui commandent trois autres animations pour la seconde série de Do Not Adjust Now.
En Avril 1968, la fine équipe est rejointe par Graham Chapman et travaille régulièrement pour Marty Feldman sur le show The Marty Feldman’s Comedy Machine pour ABC. Gilliam y assure plus de 25 minutes d’animation. La même année Humphrey Barclay lui propose de dessiner la caricature des invités du We Have Ways Of Making You Laugh, un talk show ayant peu de succès, s’arrêtant trois mois après son lancement (Août-Septembre 1968).
En 1969, Cleese, Jones, Idle, Chapman, Palin et Gilliam se réunissent pour former les Monty Python. Le 5 Octobre 1969, la BBC1 diffuse le premier épisode du Monty Python Flying Circus. Rarement présent dans les sketches, Terry Gilliam est un membre éminent, assurant les enchaînements par les animations les plus loufoques au monde. La série connaît un tel succès qu’elle durera jusqu’en 1974 pour quatre saisons qui marqueront définitivement l’histoire de la télévision britannique. Le show se retrouve diffusé partout dans le monde, sauf en France. C’est le chanteur Adamo (étonnant !) qui permettra aux Python d’exister dans l’hexagone, en les faisant venir pour un numéro exceptionnel où, déguisés en tyroliens, armés de pioches, les cinq anglais décident d’escalader les Champs Elysées. La singularité des Monty Python ne trouvera pas d’amateurs dans un pays où Jacques Martin règne en maître de l’humour (quelle tristesse).
En 1971, l’équipe réalise And Now Something Completly Different, un film regroupant les meilleures séquences de la série, agrémenté de quelques nouveautés. C’est le grand Marcel Goetlib qui réalisera l’affiche française du film renommé Pataquesse. Un an plus tard, Terry Gilliam réalise sa première publicité, Great Gaz Gala pour le British Gas Board. Pendant la pré-production du film Monty Python sacré Graal, il épouse Maggie Weston maquilleuse et coiffeuse de la troupe.

En 1974, sort Sacré Graal, une co-réalisation entre Terry Jones et Terry Gilliam, dont l’idée initiale était d’adapter un sketch écrit par Graham Chapman et John Cleese dans lequel les chevaliers de la table ronde allaient acheter un Graal certifié sacré chez Harrod’s, puisque comme le disait la publicité : "on trouve tout chez Harrod’s". Gilliam s’occupe de l’univers graphique du film et des animations. C’est alors qu’il est contacté par le producteur Sandy Lieberson pour réaliser un documentaire sur la seconde guerre mondiale, dont les musiques seraient composées par les Beatles. Lui souhaite adapter un poème de Lewis Carroll, Jabberwocky, en court métrage pour la BBC. Aucun des deux ne verra le jour.
En 1977, Sandy Lieberson lui propose de produire Jabberwocky pour le cinéma. Gilliam met en scène deux camarades des Monty Python, Michael Palin et Terry Jones. Le film se situe au moyen âge et raconte l’histoire d’un monstre qui terrorise la population, le Jabberwocky. Afin de prouver son amour à la damoiselle de son cœur, le héros décide de participer au tournoi qui autorisera le vainqueur à aller chasser la bête. S’il en revient, il gagnera la main de la princesse et la moitié du royaume. Mine de rien, la sortie du film va exposer Terry Gilliam à ses premières luttes contre les studios. Certains opportunistes essaieront de sortir le film sous divers titres, tous évoquant très clairement que le film était la nouvelle production des Monty Python. Cette même année il deviendra pour la première fois papa, avec la naissance de sa fille Amy Rainbow.
Profitant de sa paternité, il s’occupe en publiant Animation of Mortality en 1978. Puis rejoindra ses compagnons pour l’adaptation libre d’une biographie d’un contemporain du Christ : La vie de Brian. Une fois encore, il s’attellera aux animations du film. Il fera également une apparition dans le film Drôles d’espions de John Landis avec Chavy Chase et Dan Ackroyd. Il profite de son temps libre pour écrire une première version du film Brazil, et se retrouve à nouveau papa d’une deuxième fille Holly Dubois.
En 1981, il réalise Time bandits (Bandits Bandits) et raconte l’histoire de six nains ayant volé la carte des trous du temps à l’être suprême, entraînant un garçon de onze ans dans des aventures spatio-temporelles. Co-scénarisé avec Micheal Palin, le casting compte un acteur assez inattendu, Sean Connery. A la lecture de ce film, on peut voir les prémices de ce qu’allait être Brazil. Le recul aidant, ce petit film affirmera la singularité de Gilliam.
Lien vers le test de Bandits Bandits
Un an plus tard, il réalisera le court métrage Les Assurances Crimson (Crimson permanent assurances) en exergue du Sens de la vie, mettant la barre très haut. Le film narre les exploits d’une compagnie d’assurance dirigée par les employés suite à un putsch, devenant des pirates fiscaux. Dirigé d’une main de maître, le film est à la fois esthétiquement superbe et idéologiquement puissant. Cette même année il rencontre Tom Stoppard et ensemble travaillent au chef d’œuvre qu’allait être Brazil.
Brazil est né d'une image que Terry Gilliam eut en écoutant la fameuse chanson sur une plage du Pays de Galles : "J’ai vu dans ma tête, un homme assis sur une plage noire, recouverte d’une fine pellicule de charbon. Immobile, dans la lumière crépusculaire, l’homme écoutait à la radio une chanson populaire des années trente :"Brazil", dont les sonorités langoureuses et exotiques suggéraient très loin des tours d’acier, des usines, des chaînes de montage, l’existence d’un monde verdoyant et merveilleux. Le scénario qui s’est développé autour de cette image n’en a retenu concrètement aucun des éléments, et en découle pourtant tout entier."
En novembre 1983 commence le tournage de Brazil. Le film sort en février 1985 en Europe. Cette même année il le livre à Universal. Le studio, n’aimant pas le film, décide de l’écourter de presque une heure et d’ajouter une fin heureuse. Terry n’ayant plus le final cut, rend alors l’affaire publique. Il achète une page complète de Variety dans laquelle il explique la nature du problème. Il organise des projections clandestines pour les critiques. Soutenu par ces derniers, Universal sort enfin la version de Gilliam.
Pour ceux qui souhaitent une analyse absolument brillante du film :
cliquez ici
En 1987, Terry entreprend Les Aventures du Baron de Munchausen. Il tourne le film entre la fameuse Cinnecitta et les studios de Pinewood en Angleterre. Entouré d’une équipe de 250 personnes et des meilleurs techniciens du monde. Composé de 67 décors, six plateaux de la Cinnecitta seront nécessaires pour construire la lune, la forge de vulcain, la salle de bal de Venus et le palace du Sultan de Constantinople. La simple scène de l’attaque de la ville par l’armée du Sultan nécessita plus de 8000 figurants, des centaines de chevaux et plusieurs éléphants. Le film rend hommage aux travaux de Karel Zeman et plus particulièrement à son film le Baron de Crac, aux illustrations de Gustave Doré, et à la précédente version du réalisateur Allemand Joseph Von Baky.
La production a eu tous les malheurs et coûta très cher : 46 millions de dollars alors que le budget alloué originellement était de 23 millions. Le film fini, le studio l’a jugé trop obscur pour le public et pour éviter d’engouffrer encore plus d’argent, a peu investi dans sa publicité. Le film devient donc un échec et Terry obtient une très mauvaise réputation à Hollywood.
Lien vers le test des Aventures du baron Munchausen
Terry Gilliam entre alors en dépression et remet en question le cinéma. Pour la troisième fois il devient père, cette fois-ci d’un garçon, Harry Thunder. Il se met à la rédaction de l’adaptation de la bande dessinée culte Les Watchmen. Travaillant de mèche avec Alan Moore, les deux hommes arrivèrent à la conclusion qu’une adaptation filmique était impossible sur une durée de deux heures, pendant que Joel Silver leur annonçait que le budget initial de 40 Millions de dollars était divisé par deux.
Puis vint Fisher King, premier film tourné par Terry Gilliam aux Etats-Unis, sur un scénario qu’il n’a pas écrit. Ce film fut le plus facile à faire, l’un des plus agréables, et comble de tout, eut du succès.
Histoire d'une double rédemption, Fisher King narre le destin croisé d'un utopiste et celui d'une marionnette arriviste qui doit gagner son humanité. La quête du Graal offre surtout la guérison des coeurs et Gilliam fait de New York le décor d'un conte de dragons et de donjons. Après quoi Terry engage un agent d’Hollywood, et bien sûr, un avocat.
Lien vers le test de Fisher King
Avec le scénariste de Fisher King, Richard LaGravenes, il entame l’écriture d’un nouveau film qui ne verra pas le jour, Défective détective. De toutes les personnes ayant lu le script (à l’exception des producteurs, évidemment), toutes s’accordent à dire que le scénario est de loin le meilleur que Gilliam ait produit. Initialement prévu pour Nicolas Cage, le projet ne réunira jamais les fonds nécessaires.
Story board de Defective Detective par Gilliam
Durant les quatre années séparant Fisher King de l’Armée des 12 singes, Terry Gilliam produit et travaille sur deux CD Rom. Une adaptation en jeu de Sacré Graal qui contient une version toute particulière de Tetris, dont les barres, carrés et angles sont remplacés par des cadavres ("bring out your deads") et sur Monthy Python’s Complete Waste of Time, qui comme son nom l’indique est une totale perte de temps ultra jubilatoire.
Réalisateur à gages, il revient à Hollywood pour filmer son plus gros succès, l’Armée des Douze Singes ayant en têtes d’affiche Bruce Willis, Brad Pitt et Madeleine Stowe. Fort d’un budget de 29 millions de dollars, le film est un remake du roman photo La jetée de Chris Marker, l’un des plus grands films français de tous les temps. Selon Gilliam, le plongeoir ne fait pas le plongeon. Compte tenu du passif l'opposant à Universal, il engage personnellement deux jeunes réalisateurs, Keith Fulton et Louis Pepe afin de tourner un making of (dans la version officielle). En fait ce reportage servira avant toutes choses de témoignage, lui permettant de garder une preuve en cas de litige. Non seulement le film est une réussite, mais en plus, le documentaire devient une référence du genre, où l'on découvre que la seule exigence du studio deviendra une force pour le film, le fameux plan où la famille de Bruce Willis jeune s'en va dans le parking.
Fier de son triomphe, il demande aux producteurs la raison d’une telle réussite. Selon eux, le succès tient en deux mots : Brad Pitt. Ce qui parait absurde puisque les quatre films suivants avec l'acteur furent des bides au box office.
Gilliam s’attache ensuite à l’adaptation d’un roman culte A Scanner Darkly (substance mort) de Philip K.Dick. Réputé pour être inadaptable, Gilliam travaille d’arrache pied avec Charlie Kaufman mais abandonne vite le bateau. Kaufman finira le script seul. Universal appelle à nouveau Gilliam pour tourner Fear and Loathing in las Vegas, dont les acteurs Johnny Depp et Benicio del Toro ont déjà signé pour les rôles respectifs de Raoul Duke et Dr Gonzo. Seconde adaptation d’un roman de Hunter S.Thompson, après Where the Buffalo Roams avec Bill Murray (jouant le rôle de Johnny Depp), le script permet à Gilliam d’user et d’abuser de toute sa folie visuelle.
L'histoire du film narre les exploits de Raoul Duke, un journaliste chargé de couvrir une course de motos devant se dérouler dans le désert proche de Las Vegas, et le Dr Gonzo, son avocat, qui partent au volant d'une décapotable bourrée de substances prohibées. Arrivés à Las Vegas, ils descendent dans un hôtel, et commencent à prendre leurs drogues...
L'homme qui tua don quichotte
Lien vers le test Lost in la Mancha
En 2001 Gilliam s'attaque à un rêve, une histoire qu'il traîne depuis dix ans, L'homme qui tua Don Quichotte, une fiction se basant sur le chef d'oeuvre de Cervantes. Il souhaite comme il l'avait fait dans Le Baron de Munchausen, profiter du film pour multiplier les références à Gustave Doré. Le projet du réalisateur sera constamment réévalué à la baisse budgétaire. Lorsqu'il réussit à réunir les fonds, exclusivemet européens, les acteurs adéquats, tout le nécessaire afin d'amener le film à bien, le pauvre subit tous les malheurs du monde. Son assistant n'y croit pas, Jean Rochefort souffre d'une hernie, les lieux de tournages s'avèrent être calamiteux... Les problèmes se multiplient en à peine dix jours et Terry Gilliam décide d'abandonner le tournage. Témoignage bouleversant, Keith Fulton et Louis Pepe livrent avec Lost in la Mancha un documentaire cauchemar, qui laisse entrevoir à quel point le film aurait été extraordinaire.
Las de ne pas pouvoir tourner, il se décide à réaliser coûte que coûte et accepte de mettre en images une publicité pour Nike, mettant en scène les plus grandes stars du Football, s'affrontant dans une cage.
Pub Nike
pub 1
pub 2
pub 3
L'échec de Don Quichotte se transforme par une multiplication de projets. Il travaille sur une adaptation du livre Good omens (de bons présages) de Neil Gaiman et Terry Pratchett, une autre du livre Dan Leno and the limehouse golem de Peter Ackroyd, travaille sur Scaramouche et finalement réalise Les Frères Grimm et Tideland coup sur coup.
Film de studio par excellence, Terry Gilliam se retrouve avec Les frères Grimm aux commandes d'un film qui le divertit, sans que celui ci ne corresponde à une réelle envie. Toutes les rumeurs circulent sur le film, la différence entre ce que met en boite Gilliam et ce que souhaite le studio creuse un fossé immense. Afin d'être le plus proche possible de ce qu'il a en tête, il s'applique à shooter des plans volontairement irracordables et complexes. Ce qui n'empêchera pas le studio de montrer le film aux spectateurs comme il l'entend. L'objet final ressemble plus à un remake de Sleepy Hollow qu'à un film de Terry Gilliam, mais possède des allures de best-of et une bonne ambiance qui le rendent extrèmement plaisant.
Les frères Grimm
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La bonne nouvelle se nomme Tideland, dont l'apéritif était son film précédent. 100% Gilliamesque, le film raconte l'histoire de Jeliza-Rose dont les deux parents sont des junkies. Lorsque sa mère meurt, elle s'embarque dans un étrange voyage avec son père Noah, un rocker has been.
Site officiel du film Tideland
Terry Gilliam a la chance de jouir d'une singularité extraordinaire, si bien qu'un plan exécuté par ses soins s'identifie au premier coup d'oeil. Chacun de ses films a la chance d'être sujet digne d'intérêt à l'analyse, que ce soit le meilleur ou le plus mauvais.
Son point de vue et ses batailles incessantes face aux majors, frustre littéralement ses fans puisqu'il ne nous reste qu'à imaginer à quoi les métrages auraient ressemblé s'ils avaient existé. Imaginer à la façon de, n'est ce pas l'un des plus beaux cadeaux que Terry Gilliam ait laissé au cinéma ?














