CINE : CHRIGU
Tout sur CHRIGU : CHRONIQUE D'UNE VIE ECLAIREE - La Critique - Photos - Le 2009-02-19 02:24:31David A. 7
CHRIGU : CHRONIQUE D'UNE VIE ECLAIREE
Un film de Jan Gassman et Christian Ziörjen
Durée : 1h27
CHRIGU : CHRONIQUE D'UNE VIE ECLAIREE de jan gassmann, christian ziörjen
La lente dégradation d'une personne malade est toujours délicate à saisir. Que ce soit un film de fiction, le danger est alors le mélo sirupeux et larmoyant, ou le documentaire, ici le voyeurisme pointe son nez, filmer la mort lente pose de facto un problème éthique (doit-on ou avons-nous le droit de montrer une personne mourir ?) et un problème formel (comment montrer la mort ?). Chrigu : chronique d'une vie éclairée échappe au premier point par l'heureuse coïncidence d'une amitié avec son complice cinéaste Jan Gassman. C'est toute une complicité qui s'installe entre la caméra, qu'elle soit portée par le cinéaste lui-même ou bien son co-réalisateur, et les protagonistes de la vie de Chrigu, parents, frères, camarades d'enfance, etc... Les séquences de la maladie s'entrechoquent avec celles du passée et tout à coup la maturité de Christian éclate. Ici le problème formel s'éclaire de lui-même, les images posées du mourant qui se parle à lui-même ou instaure un dialogue réflexif se confrontent aux images tournées nonchalamment avec ses amis qui s'amusent, boivent et "déconnent".
Cette formalisation de la problématique passé/présent, insouciance/maturité est à la fois la force et la faiblesse du film. La première partie souffre d'une certaine propension au montage MTV, au mélange trop insistant d'images inintéressantes avec des musiques rythmées sans véritable contenu. Au contraire, le visage de Chrigu, désormais imberbe résultant de la chimiothérapie, nous parle avec une frontalité, une sensibilité et une franchise qui touche. Alors qu'il ne cesse de prendre son caméscope comme outil de témoignage, une fracture se crée lorsque, trop faible, c'est désormais une poche de liquide médicamenteux qui ne cesse de l'accompagner. Jan Gassman prend le relais et déjà, c'est presque la vie, ou plutôt la rage de vivre, qui a quitté le corps de Chrigu. Voir son corps s'affaiblir, se détériorer, se gonfler et s'endormir devient une véritable épreuve, tant pour ses proches que pour les spectateurs.
CHRIGU : CHRONIQUE D'UNE VIE ECLAIREE de jan gassmann, christian ziörjen
Film bicéphale, à la fois carnet de notes et hommage, Chrigu : chronique d'une vie éclairée heureusement échappe au trop plein d'affect. Par l'entremise de ses souvenirs et de ses expériences passées, le film parle de l'absence d'avenir et de projet à long terme pour Christian qui dorénavant ne se pose que des questions de survivance du type "vais-je rechuter ?", "combien de temps me reste t-il ?", "vais-je avoir la force de tenir jusqu'au bout ?". Le corps plein de vigueur du jeune cinéaste dynamique s'endort et se déforme par les effets d'une morphine qui calme les douleurs mais transforme le corps en réceptacle vide de volonté et de caractère. Face à la maladie la lutte est inégale mais la résignation de Chrigu n'apparaît comme un échec, juste la conséquence inéluctable d'un destin tout tracé que Christian aurait souhaité différent.
David A.
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