
CINE : WATCHMEN - LES GARDIENS
Tout sur WATCHMEN - LES GARDIENS - La Critique - Photos - Le 2009-02-25 23:20:55Florent Kretz 10
WATCHMEN - LES GARDIENS
Un film de Zack Snyder
Avec Jackie Earle Haley, Matthew Goode, Billy Crudup, Malin Akerman, Carla Gugino, Patrick Wilson, Stephen McHattie, Jeffrey Dean Morgan, Matt Frewer
Durée : 2h45

WATCHMEN - LES GARDIENS de zack snyder
Dans le courant des années 80, dans une autre Amérique promise à un conflit nucléaire apocalyptique, les vigilantes et autres super héros ont été bannis et obligés d'abandonner masques et traques impitoyables. Mais alors que la société s'écroule et que l'humanité s'abandonne aux derniers jours avant la fin du monde, l'une des grandes figures des Watchmen nommée Le comédien se fait assassiner. Rorschach, héros masqué aux tendances extrêmes et seul justicier à avoir refusé de s'abaisser devant le gouvernement, décide de mener l'enquête et découvre un complot visant l'ensemble de l'équipe... Reprenant contact avec ses anciens partenaires, il réveille en eux leurs vieilles pulsions héroïques mais ne se doute pas que tout cela semble faire partie du plan...
Réputé inadaptable par sa complexité narrative et la densité de ses dires, l'oeuvre culte d'Alan Moore et de Dave Gibbons déchaîne depuis bien longtemps les passions. Hordes de fans redoutant légitimement un évident et si facile sacrilège, auteurs de renoms s'attelant en vain au projet, on ne compte plus les échecs cuisants parmi lesquels les désistements de Terry Gilliam, Darren Aronofsky ou Paul Greengrass, tous trois contraints d'abandonner le navire. L'arrivée de Zack Snyder à la barre rassura pourtant. Avec comme bagages un brillant remake du classique de George A. Romero Zombie et l'adaptation live et rock'n'roll du roman graphique épique et polémique de Frank Miller 300, le jeune cinéaste originaire du microcosme publicitaire avait dévoilé ses possibilités : dans le premier, il reconnaissait volontiers devoir « trahir » respectueusement le film matriciel pour arriver à s'en détacher de manière complémentaire; dans le second, il ne reniait en rien le caractère distrayant et volontairement héroïquement bourrin de ses héros, n‘hésitant jamais à se complaire dans l‘illustration baroque et esthétisante des actes vaillants de ses intrépides spartiates... Bien que totalement assumés, ces tics graphiques, ces manies stylistiques avaient fini par lasser une partie de son public, les premières images de son troisième film, reprenant ces mêmes initiatives de mise en scène, troublant considérablement... Mais aujourd'hui, alors que cette tant attendue et terrifiante transposition des Watchmen se révèle enfin à nous, la vérité s'avère bien plus surprenante : non seulement, Snyder livre une adaptation fidèle, ambitieuse et généreuse d'une oeuvre remarquable mais surtout il signe un très grand film, trouvant une véritable justesse entre la démonstration technique et la narration classique et habitée et, surtout, s'imposant comme la quintessence du film de super héros. Oui, les Watchmen sont bien revenus... et ils risquent de redéfinir le genre tout comme leur première apparition papier l'avait fait de septembre 86 à octobre 87.

WATCHMEN - LES GARDIENS de zack snyder
La question n'est pas de savoir lequel des films de super héros est le meilleur... L'idée est tout simplement d'apprécier les métrages pour ce qu'ils sont, s'ils parviennent à reprendre l'essence même dont se nourrissaient les séries adaptées. Aussi, après une longue foulée pleine de L'Incroyable Hulk ou de Iron Man, il est temps de faire le point. Objectivement, nous accepterons volontiers que les bandes Marvel étaient majoritairement distractives, n'hésitant pas à occulter les sentiers riches et dramatiques de leurs personnages pour mieux en relever la ferveur récréative. Tout comme le pourtant exceptionnel The Dark Knight de Christopher Nolan qui lui, au contraire, perdait une partie de son public au fur et à mesure qu'il délaissait les postures mythiques et iconographiques de son héros au profit d'une tragédie humaine rare et puissante. Et c'est là que le film de Zack Snyder parvient remarquablement à s'élever au-dessus du lot : il sert au spectateur une oeuvre absolue sur la condition du véritable super héros, suivant -quasiment- à la case les planches de Moore et Gibbons pour leur insuffler une énergie saisissante. Son métrage se fait alors tour de force improbable, Snyder parvenant à se maîtriser pour se faire magistral dans les ambiances lourdes et funestes dans lesquelles navigue l'intrigue ou au contraire adapter sa mise en scène et mettre en avant la grandeur fascinante, terrifiante et sublime de ces surhommes lorsqu'ils passent à l'action. D'ailleurs, Snyder explique particulièrement bien sa passion pour le sujet. En évoquant le roman graphique éponyme, il soulignait que « Watchmen représente tout ce qu'un comic book doit être, intellectuel et plein d'action, représentant même bien plus que ce qui apparaît sur le papier ». Avec une vision telle que celle-çi sur l'oeuvre phare de la fin des années 80, il déroute littéralement en faisant cohabiter la mise en exergue des psychés inquiétantes de ces gardiens et la sublimation gracieuse de ces mêmes figures.
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