Côté image, on retrouve le même master que le zone 1 à la notable exception de la saturation des couleurs (un manque évident de richesse et d'éclat, le rendu étant souvent bien terne). L'encodage vidéo est donc une réussite (mineure) : la copie est plutôt propre, la définition convaincante à défaut d'être vraiment précise et la compression se fait plutôt discrète (quelques arrières plans bruités néanmoins).
La VF 2.0 est à proscrire : Les voix sont bien trop mis en avant et les ambiances s'avèrent la plupart du temps inexistantes. En revanche, la VO qui a bénéficié d'un remixage 5.1 possède un rendu agréable. L'utilisation multicanaux est plus que timorée: seuls les passages musicaux permettent de déceler des informations sonores provenant des enceintes arrières. Néanmoins, la répartition entre les avants et la centrale est plus qu'honorable permettant d'apprécier la bande son de Duo à trois dans des conditions acceptables.
Malheureusement, l'éditeur a estimé que le film, au vu de sa (faible) notoriété, ne méritait pas le même traitement que son homologue zone 1. On dit donc adieu aux nombreux bonus de l'édition spéciale et notamment le commentaire audio fort plaisant de Tim Robbins et Kevin Costner. Il faut se contenter de menus fixes et muets et d'une misérable bande-annonce (16/9 mais VO).
Spécialiste du film de sport, Ron Shelton (Les blancs ne savent pas sauter, Tin Cup, Les adversaires) signe avec Duo à trois une chronique attachante dans le milieu du base-ball.
Totalement méconnu dans nos contrées, ce dernier constitue le sport préféré des américains. Parvenant à nous faire apprécier les subtilités notamment psychologiques des parties, le réalisateur dresse le portrait d'un trio atypique et sur la longue attendrissant : une prof de lettres fan absolu de base-ball qui a l'habitude à chaque début de saison de se choisir un étalon dans l'équipe locale pour l'initier aux joies de l'amour et aux secrets de son sport, un jeune chien fou talentueux mais totalement inexpérimenté (dans tous les domaines) et un vieux baroudeur chargé de coacher et d'éduquer la future star.
L'alchimie entre Susan Sarandon (ultra sexy et provocante), Tim Robbins (parfait de beauferie) et Kevin Costner (excellent dans le registre du héros déchu qui a roulé sa bosse) est pour beaucoup dans le relatif intérêt que l'on peut prêter à cette sympathique comédie à connotation sportive.
Par Laurent Pécha