L'image ne brille pas par sa définition ni par ses contrastes, mais elle n'est pas mauvaise au point d'empêcher le bon visionnage du film...
Une simple piste anglaise en stéréo, c'est maigre, très maigre, même pour un documentaire. Les sous-titres français sont imposés et pire encore, au début du film, l'introduction orale est faite en français, ce qui n'est absolument pas logique pour quelqu'un dont la langue natale n'est pas le français...
Hormis les bandes-annonces de rigueur (qui présentent les autres films de la série Raynbow de Studio Canal), six featurettes sont incluses dans les plages de bonus. Et quelles featurettes ! Il s'agit de véritables petits films tournés par Bob Mizer en personne ! Bon, d'accord, c'est très kitsch et très gay... mais l'idée d'avoir inclus ces archives sur le DVD est excellente.
Ces dernières sont : Little Joe, Ganymede And The Spaceman, Kangaroo Court, Strip Poker, Talent For Sale, Blackie Preston As Narcissus.
Sous cet étrange titre peu évocateur, Beefcake rejoint les rares films dans la lignée de Larry Flint et Boogie Nights, c'est-à-dire des films consacrés au cinéma et à la photo pornographique. « Pornographique », ou du moins, considéré comme tel par la censure américaine à l'époque de Mc Carthy... Beefcake relate l'authentique histoire de Bob Mizer, créateur de la revue très controversée Athletic Model Guild. Si ce nom est moins significatif d'émoustillement que Playboy ou Hustler pour nous autres hétérosexuels, il en est tout autrement pour la gente masculine homosexuelle. Athletic Model Guild (AMG) était en effet la référence absolue dans le domaine du magazine de photographie d'étalons nus aux muscles saillants; de sa création en 1952 à son tout dernier tirage en 1993. Tous les grands noms du body-building (qu'ils soient gays ou non) de la seconde partie du XXème siècle sont passés sous l'oeil du fondateur et photographe en chef de l'AMG, Bob Mizer, de Joe Dallesandro (acteur fétiche de Warhol et Morrissey dans la trilogie Flesh, Trash, Heat) à Jack Lalanne.
Tous ceux qui aiment d'habitude les récits biographiques seront ici comblés par le style du film qui mêle tout du long les véritables photographies de Mizer, aux documents vidéos d'époque et reconstitutions (librement réinterprétées). Par contre, ceux pour qui voir des jeunes hommes nus exhiber leurs biscotos sous une épaisse couche de crème solaire, pose un problême quelconque passeront leur chemin sans savoir ce qu'ils ratent. Car au-delà du simple film gay, Beefcake est avant tout une attendrissante comédie chargée en candeur et en bonne humeur comme on aimerait en voir plus souvent.
Par Gui