Du coté du master, il faut bien reconnaître que la Compagnie Méditerranéenne de Films fait un excellent travail. Toutes les poussières disparaissent et même si quelques petits défauts demeurent, la facture générale fait que le film se voit débarrassé de la majorité de ses parasites. Techniquement parlant, on aurait souhaiter une meilleure gestion des contrastes et une compression plus fine et un peu moins de grain mais n'oublions pas que le film est tout de même âgé de près de soixante dix ans.
La piste mono d'origine, bien qu'un peu sourde, permet aux dialogues de Pagnol de retrouver une belle clarté et une bonne dynamique. L'éditeur la débarrasse du souffle qu'on lui connaissait et la restauration fait que l'on redécouvre cette merveilleuse comédie dans de bonnes conditions (malgré une légère saturation).
On trouve, sous la rubrique Marcel Pagnol la biographie, le filmographie et la bibliographie de cet auteur au langage qui sent bon la garigue. Outre quelques petites scènes manuscrites de la main de Pagnol, on ne trouve pas grand chose dans la seconde partie : Galerie de photographies et filmographies. On trouvera enfin un Cahier critiques de l'époque et une brève comparaison par l'image du travail de restauration effectué sur la master.
Tout condamné aura la tête tranchée !
Jeune commis épicier, un peu mythomane, Irénée, à qui le cinéma a tourné la tête, est convaincu qu'il deviendra un acteur célèbre. Il rencontre une équipe de tournage qui lui réserve une plaisanterie cruelle... Il arrive aux studios plein d'espoir.
Pagnol se sert de toute sa verve et de tout son humour pour nous offrir une satire du milieu du cinéma qui encore aujourd'hui n'a pas pris une ride. Fernandel est tout simplement « Enorme » dans ce personnage d' « idiot » du village mais parvient avec une très belle sensibilité à rendre son Irénée attachant, et quand on a Orane Demazis comme partenaire, il faut une bonne dose de talent pour parvenir à la faire oublier. On se délecte de la richesse des dialogues de Pagnol et le tandem Fernandel / Charpin fait tout simplement des merveilles. A redécouvrir de toute urgence et à ranger précieusement aux cotés de la trilogie Marseillaise.
Par Benjamin Bach