Critique Image
Le transfert HD-DVD 1080p de Miami Vice est des plus dérangeants. On alterne ici effectivement entre plans merveilleusement définis et un abus de grain qui n'est pas sans rappeler celui présent sur l'édition de Full Metal Jacket. Certes le grain fait partie de la patte Michael Mann (il l'a rajouté lui-même pour la sortie cinéma afin de donner un certain cachet à l'image), mais ici, les scènes nocturnes (ou en basses lumières) sont difficilement appréciables : la définition devient alors tout simplement réduite au plus bas niveau. Tout ceci est d'autant plus dommageable que le film comporte de nombreuses scènes de nuit.
En revanche, les scènes diurnes, dans leur majorité, bénéficient d'une très belle profondeur de champs et se voient octroyer une définition à toute épreuve. Le contraste en devient alors encore plus flagrant et l'aspect unidimensionnel des scènes de nuit rend ces séquences particulièrement choquantes. Un bref comparatif avec l'édition DVD SD (ne serait ce que sur la scène du toit où Sonny est au téléphone, pendant la soirée en boite de nuit au début du film ou encore celle où il discute au bar devant son Mojito, exemple flagrant du champ/contre champ raté, techniquement bien entendu) nous ferait presque regretter le passage HD. Après une mini-enquête auprès de l'éditeur, le HD-DVD reflète bien mieux le film tel qu'il était projeté en salles et le DVD avait vu son ‘'bruit'' artificiel nocturne réduit pour ne pas entraver trop la compression MPEG2.
Un HD-DVD fidèle à la vision du réalisateur et qui mérite donc une bonne note au niveau de l'image mais qui ne servira jamais de disque de démonstration pour le support Next-Gen made in Microsoft. Le débat est ouvert – vaut-il mieux une image belle ou une image fidèle ?
Critique Son
En revanche, d'un point de vue du traitement sonore, les pistes Dolby Digital 5.1 + tiennent la distance, même si l'on regrette l'absence d'une piste TrueHD. Comme nous avons pu le remarquer sur la version SD, la bande-son n'est pas à notre surprise une démonstration tonitruante des capacités d'un home cinéma. Evidemment certaines scènes ressortent plus, comme la fusillade dans la voiture au début du film, ou celle de fin, mais nous avons déjà entendu plus bruyant et imposant sur d'autres disques. Encore une fois donc, l'efficacité du mixage se situe sur sa richesse en détails et en réalisme : les balles fusent discrètement à l'arrière et se focalisent presque sur les avants au profit d'un rendu immersif étrangement plus poussé (normal, on entend des vraies balles).
La piste française se montre du même acabit que son homologue anglaise et ce malgré une légère mise en avant des dialogues sur la voie centrale et un relief peut être un rien moins soutenu. Quoiqu'il en soit, la qualité est au rendez-vous au même titre que l'édition SD, un brin de finesse en plus.