Bien qu'âgé de plus de soixante ans, le master, aujourd'hui entièrement restauré (et avec une grande attention), nous permet de retrouver l'un des lus beaux films de Pagnol dans d'excellentes conditions. Si un léger bruit persiste ainsi qu'un peu de grain occasionnel, la facture générale est excellente : définition précise, noir et blanc éclatant, noirs profonds et une compression nous faisant, somme toute, bénéficier d'une belle fluidité ambiante.
Complètement restaurée par la Compagnie Méditerranéenne de Film, la piste Mono retrouve une belle clarté dans la restitution des dialogues, mais le poids des ans ne permet pas à l'éditeur de gommer toutes les petites aspérités de la bande son. Les voies craquent occasionnellement, un léger souffle subsiste sur quelques séquences (le film date tout de même de 1945), mais l'ensemble accuse une dynamique pointue et une très belle clarté ambiante.
On trouve, sous la rubrique Marcel Pagnol la biographie, la filmographie et la bibliographie de cet auteur au langage qui sent bon la garigue. Outre quelques petites scènes manuscrites de la main de Pagnol, on ne trouve pas grand chose dans la seconde partie : Galerie de photographies et filmographies. On trouvera enfin un Cahier critiques de l'époque et une brève comparaison par l'image du travail de restauration effectué sur le master.
Naïs, jeune paysanne provençale, aime Frédéric, fils débauché des patrons de son père. Elle devient sa « maitresse des vacances ». Toine le bossu les surprend mais, par amour pour Naïs, il devient leur complice. Micoulin, le père de la jeune fille, met tout en oeuvre pour venger son honneur.
Rarement peut être Fernandel n'aura été aussi touchant, aussi humain que dans cette adaptation une nouvelle fois signée Marcel Pagnol. Il faut le voir proclamer avec une incroyable sincérité le monologue des petits bossus pour se rendre compte combine cet artiste savait jongler avec les émotions, rebondir sur la plume de Pagnol. Avec son accent qui sent bon la Provence et des dialogues habillés par les sons des cigales, cet émouvant mélodrame touche droit au coeur grâce à sa simplicité, son traitement tout en douceur et la merveilleuse composition de Fernandel, Quasimodo provençal, avec les oliviers en guise de cathédrale.
Par Benjamin Bach