
2001 : L'Odyssée de l'espace 10/10
L'image était déjà très belle sur l'édition précédente, on pensait tenir la référence. Puis arrive cette mouture et on est ébahis. Le film date, rappelons-le de 1968, il est extrêmement rare de découvrir un film de cet âge respectable dans des conditions techniques irréprochables. C'est pourtant le cas ici. Cette nouvelle restauration surpasse légèrement mais notablement la précédente, apportant des couleurs plus riches, des noirs plus prononcés et plus profonds. La définition est admirable de précision, le piqué est assez impressionnant, la compression parfaite. L'édition de 2001 (l'année) était déjà excellente, la marge d'amélioration était donc assez mince. Pourtant, l'impression générale est que l'image a été affinée, précisée, étalonnée de nouveau pour améliorer le rendu des couleurs, plus éclatantes. C'est un émerveillement de redécouvrir ce monument dans ce beau master sans tâche. Il est difficile de faire mieux, on a envie de se repasser le film encore dès qu'on le finit.
Nouvelle édition
Ancienne édition
Barry Lyndon 8/10
Barry Lyndon fait partie du coffret regroupant des éditions remasterisées avec un nouveau format cinéma des grands chefs d'oeuvre de Kubrick. Le retrouver dans l'exacte réplique de son édition précédente est tout simplement incompréhensible. L'image est cependant très belle, telle qu'on la connaissait déjà. L'aspect des plans qui ressemblent à de véritables tableaux est magnifié, les couleurs des décors, des costumes, de la nature sont idéalement étalonnées, la beauté du film est qu'il est tourné en lumière naturelle ou à la lueur des bougies. Cette luminosité particulière trouve ici sa traduction parfaite, donnant au film son identité unique, l'impression d'êtres plongé dans l'époque. Le film est fidèle à la vision du réalisateur, et à ses objectifs. Les plans sur la nature anglaise ont une grande profondeur de champ. C'est véritablement une toile de maître de trois heures mais non compatible 16/9. On peut le déplorer ou s'en réjouir car c'est conforme à la volonté du réalisateur sur l'édition de ses films en vidéos. Cela crée cependant une incohérence éditoriale certaine.
Eyes Wide Shut 7/10
L'intérêt de ces rééditions ou du moins leur particularité est le changement de format. Outre le fait que l'édition précédente respectait le choix du réalisateur, méticuleux et attentif aux moindres détails, on peut se demander ce que cela apporte. On note un changement de cadre, le haut et le bas de l'image étant coupés, les côtés se trouvent quant à eux légèrement élargis (cela est dû au passage du 1.33 d'origine au 1.77). Le grain cinéma voulu là encore par Kubrick est présent, presque accentué par rapport à l'ancienne version. Les noirs sont plus profonds, les couleurs toujours aussi éclatantes. Des fourmillements sont à déplorer dans les arrières plans et un manque de définition nuit à la précision de l'image (il semblerait que l'ancienne édition soit plus claire de ce point de vue également). Tout cela est subjectif, les possesseurs d'un écran 16/9 apprécieront que cette fois l'image soit compatible avec leur matériel. Il est en effet agréable de ne pas subir cet aspect aplati de l'image 4/3 de la précédente édition qui n'offrait pas le 16/9 désormais très répandu. Il y a aussi une obscurité plus marquée dans ce transfert, plus proche de l'esprit du film et du souvenir qu'on en a au cinéma. Cependant et c'est là un bémol, on a le sentiment que le cadrage voulu par Kubrick, ses plans extrêmement composés soient quelque peu bouleversés par ce changement de format. A chacun d'être juge, mais cela pose un réel problème artistique: lui qui était attentif au mondre détail, aurait-il approuvé ce choix? Il était revenu sur ces formats cinéma pour les adapter à la video. C'était alors justifié par le format des télévisions alors toutes en 4/3. Quelle est alors la version définitive?
Nouvelle édition
Ancienne édition
Full Metal Jacket 8/10
Le passage au format cinéma brise avec nos habitudes tant le master précédent, voulu par Kubrick pour la video, était devenu familier. Le changement de format induit donc un changement de cadrage sensible, rognant sur le haut et le bas de l'image, l'élargissant sur les côtés. Cela ne crée pas d'aberration mais change assurément la perception du film. Les personnages prennent davantage de place à l'écran, apparaissent moins plongés dans le décor. La définition est quant à elle plus précise, moins lissée que sur l'édition précédente, plus tranchée dans ses couleurs et plus marquée dans ses contrastes (les noirs sont beaucoup plus profonds), une belle profondeur de champ dans le dernier acte du film (dans la ville en ruines). En dehors de la rupture induite par le changement de format, cette édition apporte une amélioration notable et un master exempt des rares imperfections qui restaient encore à la précédente version.
Nouvelle édition
Ancienne édition
Lolita 8/10
Le format est celui retenu par Kubrick pour les videos, donc en 4/3. Sur la copie subsistent quelques poussières. Toutefois le Noir et Blanc est de bonne qualité, les noirs sont profonds, la définition assez précise et les contrastes tranchés. Une bonne qualité d'ensemble, semblable en tous points à l'édition précédente.
Orange Mecanique 8/10
L'image est cette fois au format d'origine déjà connu, mais adapté au 16/9. L'image ne sera donc plus aplatie (même si elle est très légèrement recadrée sur le haut et sur les côtés) comme sur la précédente édition. On peut noter une copie plus propre (plus d'artefacts comme c'était le cas avant), des couleurs généralement plus vives et un aspect plus lisse et plus lumineux. Un léger manque de piqué est à déplorer ainsi qu'une définition certes très bonne mais qui ne parvient pas au très haut niveau de la nouvelle version de 2001 Odyssée de l'espace. Il y a donc de l'amélioration, mais l'évolution est moins nette qu'ailleurs.
Nouvelle édition
Ancienne édition
Shining 9/10
Encore une fois, comme pour Eyes wide shut et Full metal Jacket, le changement de format implique un changement de cadrage, retrouvant son cadrage cinéma, par opposition à celui que Kubrick voulait pour la video. L'image est coupée en haut et en bas, élargie sur les côtés, ce qui convient aux écrans 16/9 mais cela ôte des détails dans la composition telle que nous la connaissions. Côté technique, la copie est irréprochable, la compression est bonne, les contrastes tranchés, la définition de bonne tenue. On plonge dans une image lisse et nette, aux couleurs appuyées sans ostentation, une teinte moins froide que dans l'édition précédente. Il n'y a pas de grain et la netteté engendrée par l'utilisation des larges objectifs prend tout son sens ici.
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Stanley Kubrick, a life in pictures 8/10
L'image est parfaitement nette lorsque les nombreux intervenants parlent. Les extraits de films sont issus des éditions précédentes au format 4/3, certaines archives familiales sont forcément anciennes et abimées. Il est appréciable de découvrir les photos de Kubrick, et celles rares, prises sur ses tournages. L'ensemble du documentaire est de très bonne qualité, d'une bonne définition avec des belles couleurs, fort agréable à regarder.