Warner
1999
Drame
Format 1.77 - 16/9 compatible 4/3 - Double couche
Compression vidéo : VC1
Interactivité : standard
Menu Pop-up : oui
Menu de navigation : oui
PCM : 5.1
Langages : Anglais DD 5.1 - Français DD 5.1 - Italien / Allemand / Espagnol Dolby Digital 5.1...
Sous-titres : Anglais / Français / Espagnol...
Critique Image
L'intérêt de ces rééditions, ou du moins leur particularité, est le changement de format. Outre le fait que l'édition précédente respectait le choix du réalisateur, méticuleux et attentif aux moindres détails, on peut se demander ce que cela apporte. On note un changement de cadre, le haut et le bas de l'image étant coupés, les côtés se trouvent quant à eux légèrement élargis (cela est dû au passage du 1.33 d'origine au 1.77). Si l'on compare cette édition à celle de 2001, la déception est de taille et l'apport de la HD comparativement à l'édition SD est somme toute vraiment minime. Alors certes la définition se montre de temps à autres plus précise mais celle-ci se voit entravée par trop de bruit pour être honnête. Le grain cinéma voulu là encore par Kubrick est présent, presque accentué par rapport à l'ancienne version. Les noirs sont globalement profonds (alors que certains semblent un rien délavés), les couleurs toujours aussi éclatantes, même si la saturation n'est pas exemplaire, certaines accusant un légère tendance à baver.
Des fourmillements sont à déplorer dans les arrières plans et un manque de définition nuit à la précision de l'image (il semblerait que l'ancienne édition soit plus claire de ce point de vue également). Tout cela est subjectif, les possesseurs d'un écran 16/9 apprécieront que cette fois l'image soit compatible avec leur matériel. Il est en effet agréable de ne pas subir cet aspect aplati de l'image 4/3 de la précédente édition qui n'offrait pas le 16/9 désormais très répandu. Il y a aussi une obscurité plus marquée dans ce transfert, plus proche de l'esprit du film et du souvenir qu'on en a au cinéma. Cependant et c'est là un bémol, on a le sentiment que le cadrage voulu par Kubrick, ses plans extrêmement composés sont quelque peu bouleversés par ce changement de format. A chacun d'être juge, mais cela pose un réel problème artistique : lui qui était attentif au moindre détail, aurait-il approuvé ce choix ? Il était revenu sur ces formats cinéma pour les adapter à la vidéo. C'était alors justifié par le format des télévisions alors toutes en 4/3. Quelle est alors la version définitive ?
Pour son passage à la HD, l'image manque singulièrement de profondeur et l'on aurait aimé que l'éditeur apporte un soin plus attentionné à cette édition.
Critique Son
On ne peut qu'être déçu par la piste PCM 5.1 anglaise tant celle-ci manque de profondeur et, si elle fait prévue d'un dynamisme un rien plus accru que la piste DD5.1, elle peine à assurer le spectacle comme il se devrait. On se retrouve globalement face à un mixage DD5.1, un rien plus ample, mais loin de se montrer à la hauteur des autres titres de la collection Krubrick. Les anglophones préfèreront toutefois cette piste aux mixages DD 5.1, en tout points identiques à ceux de l'édition SD.
La section sonore n'a pas connu quant à elle ces gros bouleversements. On profite donc de pistes en Dolby Digital 5.1 subtiles et bien dosées, à l'instar de l'édition précédente. Elle est un élément primordial du film et participe à son ambiance onirique. La musique se diffuse harmonieusement entre tous les canaux, partant de l'avant pour se répercuter à l'arrière, comme un écho. On y trouve un équilibre unique et assez particulier. Ainsi les notes angoissantes du piano de Ligeti font une irruption soudaine et brutale, partant de l'avant et faisant une entrée fracassante pour résonner sur les arrières, comme un coup de feu. La chanson de Chris Isaak est tonitruante et sollicite tous les canaux ainsi que le caisson de basses. La musique qui accompagne l'orgie est rendue de manière frappante, se déployant également peu à peu à tous les canaux au fur et à mesure qu'elle prend de l'ampleur (avec des basses oppressantes qui s'affirment). La musique garde son aspect primordial et guide l'émotion du spectateur, elle est ici rendue avec maestria. Pas de changement notable par rapport au précédent mixage déjà exemplaire. La version française profite des mêmes qualités, mais on perd grandement en naturel, comme souvent chez Kubrick. Le jeu des acteurs est déjà poussé, expressif, excessif parfois (il n'aimait pas le jeu naturaliste), ainsi avec l'artifice du doublage (Yvan Attal double Tom Cruise), il paraît presque faux (ce qu'il n'est absolument pas).