CINE : HABANA BLUES
HABANA BLUES
Un film de Benito Zambrano
Avec Alberto Yoel Garcia, Roberto San Martin, Yailene Sierra
Durée : 1h50
Sortie : 11 janvier 2006
Ruy et Tito sont deux amis d'enfance qui vivent pour la musique et ont un rêve : devenir célèbres et quitter Cuba. Si Tito vit seul avec sa grand-mère, Ruy est marié avec Caridad et a deux enfants. Mais leur couple bat de l'aile à cause de la passion de Ruy. Quand deux producteurs espagnols, Marta et Lorenzo, débarquent à la Havane pour produire des groupes locaux, les deux amis espèrent tenir la chance de leur vie.
Cinéaste espagnol ayant vécu près de douze ans à Cuba, Benito Zambrano connaît bien l'archipel des Caraïbes, ses difficultés économiques, son peuple qui rêve d'ailleurs et sa passion pour la musique qui l'aide à garder sa joie de vivre. Habana Blues est ainsi d'abord un hommage à Cuba et à ses habitants, portrait tout en justesse et en contraste d'un pays exsangue mais dont la population vibre d'une enchanteresse vitalité. Loin des clichés habituels sur l'île aux cigares, le film retranscrit l'atmosphère particulière de La Havane avec ses quartiers colorés, ses voitures d'un autre siècle et sa chaleur à fleur de peau, mais il ne s'en sert pas comme d'un vulgaire décor exotique de cinéma, prétexte à de belles images. Ainsi, Habana Blues décrit surtout les difficultés de la population à travers les personnages ou les chansons du film, porte-étendards des revendications de la jeunesse en même temps que description du pays. Dès lors, si la première partie du film égrène les différents genres musicaux dans un tour d'horizon façon Buena Vista Social Club, c'est pour mieux relever toute la diversité musicale de l'île en même temps que les différents malaises ressentis par les jeunes cubains. Le procédé, un peu répétitif même s'il est amené narrativement par la découverte du panorama musical cubain par les deux producteurs espagnols sous la houlette de nos deux compères locaux, ne consiste donc pas en une compil' de clips tendance carte postale mais illustre un des seuls moyens d'évasion des autochtones, à travers la sublimation que permet la musique, en même temps qu'il préfigure les thématiques en gestation dans le film, comme la liberté, qu'elle soit géographique ou d'expression.
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