TOP 5 DE PATRICE LECONTE
Pépé le Moko (Julien Duvivier)
C'est un de mes cinéastes préférés, il est très noir, très pessimiste. Ce film est de plus la preuve que Jean Gabin était un acteur génial. C'est une oeuvre réellement romanesque et poétique, je peux voir Pépé le Moko pour la vingtième fois, la fin me fera toujours vibrer.

Brazil (Terry Gililam)
Parce que c'est un film fantasque, de visionnaire, de peintre, de dessinateur, qui nous échappe en permanence, nous bluffe et nous émerveille.
Fargo (frères Cohen)
Parce que ne pas mettre un film des frères Cohen serait une hérésie !
Manhattan (Woody Allen)
Car c'est le plus maîtrisé de tous ses films, dans le ton, la mise en scène, l'humour... c'est son plus « woody allenien », son plus new-yorkais aussi.
Les films de Terrence Malick
Lui il est hors concours, ça en est même agaçant ! Je pense aux Moissons du ciel ou à son dernier film, Le Nouveau monde... C'est le cinéaste le plus écologique, qui met en avant de manière la plus magnifique et romanesque les valeurs de l'écologie, surtout dans La Ligne rouge, et même dans le dernier.
Quel est le film qui vous a donné envie de faire du cinéma ?
Ca doit être A bout de souffle. Je rêvais de faire du cinéma depuis longtemps, mais je me disais que c'était impossible, et quand j'ai vu ce film, c'est comme si le cinéma s'était rapproché de moi d'un coup, ça semblait palpable. Si vous voyez Le Parrain de Coppola vous vous dites que vous n'atteindrez jamais ce niveau, pareil pour Le Guépard de Visconti. Mais quand vous voyez A bout de souffle, vous vous dites : pourquoi pas ?
Il paraît que vous avez une relation très spéciale avec un film de Chabrol, Docteur Popaul ?
(Il rit déjà) J'aimais beaucoup Chabrol, dont je pense que le meilleur film est Les Bonnes Femmes. Je trouvais sa filmo inégale mais dans l'ensemble j'appréciais beaucoup son cinéma. Et puis un jour il fait Docteur Popaul, avec Belmondo. Et j'étais vraiment énervé, comme on se met en colère contre un cinéaste qu'on aime bien et qui se compromet dans un truc foireux. Du coup je m'étais procuré son adresse et lui avais envoyé ce simple mot - j'étais alors étudiant en cinéma à l'IDHEC... pour qui je me prenais ! Sans doute justement parce que je n'étais personne - le mot disait donc : « Monsieur, si les frères Lumière avaient su que vous réaliseriez un jour Docteur Popaul, ils n'auraient jamais inventé le cinématographe. » J'avais signé et mis mon adresse, en me disant que vu son humour il me répondrait sûrement. Pas une réponse ! Et très longtemps après, je n'avais jamais rencontré Claude Chabrol de ma vie, et un agent qui était le sien et aussi le mien à l'époque nous a présentés. Et Chabrol se souvenait du message, me disant qu'il avait beaucoup rigolé et qu'il l'avait encadré !
Propos recueillis par Laurent Tity & Romain Le Vern
Patrice Leconte



























