JOURS DE TONNERRE: PAS CLASSE
Le couple Cruise-Kidman se rencontra sur ce film qui fit connaître Nicole, réduite ici à un simple supporting rôle voire à faire valoir son partenaire. Elle est la doctoresse opposée aux courses automobiles qui va tomber sous le charme d'un pilote risque tout. Le film vaut surtout par le dynamisme des scènes de course très réussies. Mais on peut dire sans risquer l'opprobre que le talent de Kidman y est largement sous-exploité, son rôle lui laissant extrêmement peu de chances d'exister, comme c'est aussi le cas sur Horizons Lointains, elle n'est ici que la compagne du grand petit Tom.
EYES WIDE SHUT: LA CLASSE ULTIME
Le dernier opus de Stanley Kubrick mettait en scène un couple en crise. Le cinéaste avait voulu un vrai couple de la vraie vie pour son film. Son choix s'arrêta sur le couple le plus en vue du moment, celui formé par Tom Cruise et Nicole Kidman. L'histoire est centrée autour du personnage de Cruise et des diverses tentations auxquelles il aimerait succomber. Pourtant en trois ou quatre scènes magistrales, c'est bel et bien Kidman qui lui vole la vedette et le renvoie à son statut de personnage un peu terne et insipide. Elle est sexy, nerveuse, incandescente, à vif, à l'aise sous la caméra exigeante de Kubrick. Tandis que Cruise semble un peu raide dans son jeu, paralysé par l'enjeu. Nicole est véritablement révélée, touchée par la grâce dans un registre pas évident puisqu'elle se tient toujours sur le fil, excessive et irréelle dans son jeu (un verre de champagne incroyablement enivrant, un joint qui la rend hystérique et paranoïaque). Mais elle endosse tout avec justesse et élégance. Lorsqu'à la fin, elle est au courant des tentations de son mari et de sa folle nuit, on voit toute la fatigue et la désillusion retomber sur elle, le visage fermé d'une femme blessée. Elle est tout simplement sublime dans ce film où elle explose et où Cruise semble étouffer. Le contraste entre eux est assez saisissant.
LES AUTRES: TRES, TRES CLASSE
Kidman et sa beauté froide à la Grace Kelly dans une maison hantée, Amenabar avait eu là une belle idée. Cela allait permettre à la comédienne de changer de registre, d'aborder un autre univers. Et elle a une angoisse franchement communicative. Beaucoup de l'ambiance inquiétante et oppressante du film passe par elle, sa voix, son visage, sa manière de préserver ses enfants de la lumière (car ils ne la supportent pas) jusqu'à la psychose, jusqu'à créer une atmosphère confinée, renfermée, autiste, loin de la réalité. L'intrigue est à retournement avec un twist final monstrueux à la Sixième sens. Seulement la sobriété du jeu de l'actrice fait passer les artifices de la narration avec une facilité déconcertante. Jamais on ne la quitte, jamais on ne se dissocie de ce que son personnage vit. Elle parvient à créer une identification totale qui interdit toute distance. L'intelligence d'Amenabar est de se focaliser sur elle, l'histoire habile à laquelle on ne peut qu'adhérer est également concentrée sur elle, sur ce qu'elle ressent. Kidman porte le film a des hauteurs que sans elle, malgré la virtuosité de sa mise en scène et son scénario malin, il n'aurait sans doute pas pu atteindre.










































