INTERVIEW ULRICH SEIDL (IMPORT EXPORT)
Tout sur IMPORT EXPORT - La Critique - Photos - Le 2009-01-12 03:35:20IMPORT EXPORT de ulrich seidl
Tous vos films sans exception divisent de manière radicale. Comment l'expliquez vous ?
Je pense sincèrement que la réception de mes films varie en fonction des spectateurs qui sont présents dans la salle. Parfois il naît un malaise qui se propage. Voir des films au cinéma constitue une expérience unique. J'ai remarqué pour avoir un rire assez fort que lorsque quelqu'un se met à rire pendant un film, les autres spectateurs ont tendance à prendre le relais et à rire eux aussi. Au départ, ils n'osent pas. D'autres ne supportent pas que l'on rit. Beaucoup trouvent que la scène du strip-tease dans Dog Days est très drôle alors que c'est peut-être la scène la plus touchante du film. Après, je conçois qu'on puisse la trouver hilarante. Ce qui peut provoquer le rire dans le cas présent, c'est que la femme ne correspond pas aux canons de beauté. Mais il faut se souvenir que dans l'esprit de l'homme âgé, il s'agit d'un fantasme érotique. Elle porte aussi les vêtements de l'épouse défunte. De nos jours, on voit trop souvent l'image d'une sexualité sans désir que les gens ne semblent plus habitués à ce genre de fantasmes.
IMPORT EXPORT de ulrich seidl
Comment faut-il déterminer la part de réalité et de fiction dans votre cinéma ?
C'est une évolution logique dans mon parcours. J'ai commencé en tournant des documentaires qui avaient des éléments de fiction. Au cours des années, j'ai perfectionné mon système pour m'approcher de résultats qui ont plus un caractère fictionnel mais ayant également des éléments propres au documentaire. Dans Animal Love par exemple, un documentaire sur la relation que certains hommes entretiennent avec leurs chiens, il y a des éléments appartenant à la fiction. Les personnages que j'interroge dans mes documentaires existent vraiment. En revanche, ils ne sont pas toujours présentés dans leurs appartements. Je n'hésite pas à changer le lieu ou la disposition des meubles et je leur fais faire des choses qu'ils ne feraient pas nécessairement tout seuls. Je pense par exemple au plan où un homme nu se promène avec son chien. Si je ne le lui avais pas demandé, il ne l'aurait pas fait. La plupart du temps, je rencontre les gens, ils me racontent leurs histoires et j'invente des stratagèmes pour les mettre en scène... Il faut croire qu'ils ne se sentent pas floués vu qu'ils posent souvent leurs candidatures pour participer au film suivant. Le spectateur peut avoir l'impression que je filme ces gens tels qu'ils ne voudraient pas être perçus mais c'est faux. Le problème qu'il peut ressentir face à ce que je montre ne vient que de lui. En retour, il me pose la question de la responsabilité face aux images. Pourquoi devrais-je fixer des limites ?
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CINE : IMPORT EXPORTNon, le cinéma Autrichien ne se résume pas à Michael Haneke. Depuis plus ... | ||







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