
Romain Le Vern 8
THE CHASER
Un film de Na Hong-Jin
Avec Kim Yoon-suk, Ha Jung-woo, Seo Young-hee
Durée : 2h03

THE CHASER de na hong-jin
Un ancien flic viré pour corruption (Kim Yoon-Seok, acteur habitué à jouer les seconds couteaux), s'occupe désormais d'un salon de massage. En réalité, il utilise cette reconversion pour gérer un trafic de call-girls. Sans explication, les filles de son réseau disparaissent une à une, non sans laisser quelques dettes derrière elles. Le proxénète, pas content de s'être fait avoir, mène l'enquête et se rend compte, au gré de son investigation, que les filles ont été kidnappées par le même tueur (Ha Jung-Woo, vu dans Time de Kim Ki-Duk). La police s'en mêle avec un oeil discret mais rame sec. Un soir, le kidnappeur se fait pincer, passe aux aveux, confesse les avoir toutes assassinées. Mais la réalité va rapidement dépasser l'entendement: il reste une call-girl toujours vivante, toujours introuvable. The Chaser est une course contre la montre au rythme désabusé, essentiellement parce que tous les événements sont perçus du point de vue de celui qui mène l'enquête (un ancien flic devenu proxénète) et que, a priori, il est plus motivé par l'argent que par l'humain.
THE CHASER de na hong-jin
C'est du moins ce que l'on croit au début avant de se rendre compte que le film aime à varier les pistes narratives toutes les vingt minutes avec des fausses pistes, des montées d'adrénalines, des flottements anxiogènes. La scène d'introduction est révélatrice des intentions du réalisateur Na Hong-Jin en annonçant d'emblée l'identité du tueur et en avertissant le spectateur que l'enjeu dramatique se situe ailleurs : plus dans la peinture d'une société corrompue à tous les niveaux. Le personnage principal qui est passé de représentant de la loi à voyou sans scrupule est le réceptacle de ce désordre social où la frontière entre le bien et le mal s'avère ténue. En utilisant des méthodes cradingues, seul contre tous, il va pourtant trouver la rédemption. A la manière du Bad Lieutenant, de Abel Ferrara (sans la dimension religieuse ni même la profondeur psychologique), le personnage devient le reflet de son environnement, parcouru par une culpabilité latente pour se sentir aussi minable et manifestant un mépris envers tout ce qui représente l'autorité.
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7]

































