Laurent Tity 7
MUTANTS
Un film de David Morley
Avec Hélène de Fougerolles, Francis Renaud, Dida Diafat
Durée : 1h25
MUTANTS de david morley
Alors qu'un virus frappe la population, transformant les êtres contaminés en créatures cannibales, Marco et Sonia, un couple d'ambulanciers, tentent de survivre...
Dans la lignée d'un Pascal Laugier ou d'un Xavier Gens, Morley reprend donc le flambeau du ciné de genre à la française, s'inspirant ici clairement des cauchemars zombiesques d'illustres aînés étrangers. La structure de Mutants en l'occurrence, fait plus penser au 28 jours plus tard de Danny Boyle qu'aux films de Romero. Les mutants en question (que certains appelleront "zombies") sont vifs, rapides, féroces, carnassiers. Les contaminés subissent d'ailleurs une véritable transformation, plutôt bien mise en scène par des maquillages efficaces et des plans jouant volontiers sur le zoom. Bien que Mutants respecte soigneusement les règles du genre, offrant son lot d'hémoglobine et de mises à mort, la qualité du film repose avant tout sur l'interprétation des acteurs principaux, Hélène de Fougerolles et Francis Renaud. Les deux acteurs parviennent en effet à rendre plus que crédible l'amour qui lie leurs personnages. Or c'est cette histoire d'amour, en toile de fond du film, qui lui donne toute sa dimension dramaturgique. L'air de rien, Mutants propose ainsi divers niveaux de lecture, rendant compte de la complexité de certains choix, évoquant même un sujet tel que l'euthanasie.
MUTANTS de david morley
Le réalisateur confirme ici clairement son potentiel, entrevu dans le court-métrage Morsure il y a peu. Certes, le film possède ses imperfections, notamment l'inutilité de certains personnages secondaires. D'autres lui reprocheront forcément un manque d'originalité, en référence aux oeuvres citées plus haut. Sauf que Mutants s'impose sans doute à ce jour comme le film de zombies français le plus abouti, à défaut d'une concurrence nationale, quasi inexistante. Le film de David Morley a donc avant tout pour plus grand mérite celui d'exister, et c'est déjà beaucoup.
Laurent Tity
Retrouvez la galerie photos sur les pages suivantes...






























