CINE : AU DIABLE STALINE, VIVE LES MARIES !
Tout sur AU DIABLE STALINE, VIVE LES MARIES ! - La Critique - Photos - Le 2009-02-10 12:18:55Gilles Botineau 8
AU DIABLE STALINE, VIVE LES MARIES !
Un film de Horatiu Malaele
Avec Alexandru Potocean, Luminita Gherghiu, Vasile Albinet, Valentin Teodosiu
Durée : 1h27
AU DIABLE STALINE, VIVE LES MARIES ! de horatiu malaele
Une équipe de tournage arrive dans un village roumain, totalement isolé. Ils sont à la recherche de phénomènes paranormaux pour les besoins d'un reportage. Mais à leur grande surprise, seules de vieilles femmes en deuil y vivent. Le maire d'un village voisin, venu servir de guide, leur raconte toute l'histoire. Il remonte alors jusqu'en 1953. Un jeune couple est sur le point de se marier. Dès lors, l'ensemble des villageois s'atèle aux préparatifs de la noce. Tout s'annonçait donc pour le mieux jusqu'au moment où le commandant d'un régiment fait irruption et annonce la mort de Staline. Une semaine de deuil national est imposée, ainsi que l'interdiction des festivités, quelques soient leur nature...
La ressemblance avec le cinéma d'Emir Kusturica est frappante. On y retrouve ce goût pour des gens simples, proches de la nature, de la fête et surtout de l'Amour. Le cinéaste propose d'ailleurs une scène très originale dès l'ouverture de son film, où l'on découvre les deux héros, Ana et Iancu, en pleine jouissance. Certains y auraient apporté un regard certainement banal, pour ne pas dire vulgaire. Ici, l'expérience théâtrale d'Horatiu Malaele donne à cette séquence, mais aussi au film en général, une incroyable richesse d'ordre poétique. On retiendra également cet homme persuadé de pouvoir voler grâce à des ailes qu'il a entièrement confectionnées. La fin de l'histoire lui donnera l'occasion de le prouver, tout en offrant au spectateur une image d'une rare beauté, comme seuls les rêves savent nous en procurer.
AU DIABLE STALINE, VIVE LES MARIES ! de horatiu malaele
Un immense travail de recherche visuelle se cache donc derrière chaque plan. D'ailleurs, la mise en scène repose beaucoup sur la suggestion. On se sent alors obligatoirement impliqué et on ne peut que s'émerveiller devant un tel spectacle. Le scénario est pourtant d'une extrême simplicité. On découvre l'existence de personnages anodins, vivant de leurs propres terres, au sein d'un petit village où tout le monde semble se connaître. Les thèmes abordés se révèlent donc très réalistes : l'alcool, le travail, le mariage, ou bien encore la politique... Rien ne manque. Ainsi, le réalisateur dépeint la vie humaine avec beaucoup de réalisme, comme elle pouvait l'être dans les années 50, en milieu rural, sous l'autorité Stalinienne.

























