Romain Le Vern 2
SCAR 3D
Un film de Jed Weintrob
Avec Angela Bettis, Brittney Wilson, Tegan Moss, Ben Cotton, Christopher Titus, Kirby Bliss Blanton, Monika Mar-Lee, Bill Baksa, Carey Feehan, Devon Graye, Kristin Kowalski, James D. Hopkin
Durée : 1h30
SCAR 3D de jed weintrob
Présenté comme un événement au marché du film lors du dernier festival de Cannes, Scar 3D, de Jed Weintrob, est un accident presque touchant à force d'être à côté de la plaque dans ses choix artistiques. A l'origine, c'est une production indépendante un peu cheap et mal bricolée qui a construit sa promotion autour de la 3D numérique pour donner l'illusion que son contenu tenait de l'expérience novatrice et excitante (une rumeur rapporte qu'un spectateur aurait été tellement estomaqué qu'il en aurait vomi son quatre heures). A l'arrivée, il n'y a ni la nouveauté, ni l'excitation ; et il y a fort à parier que d'ici la fin de l'année, l'ensemble ne supportera pas la concurrence d'une mouvance qui va s'emparer des écrans de cinéma en 2009, en déployant des moyens de plus en plus sophistiqués (Scar 3D datant de 2007). D'autant que U2 et Robert Zemeckis (La légende de Beowulf) ont déjà fait leurs preuves dans des domaines différents.
SCAR 3D de jed weintrob
Dans Scar 3D, la 3D numérique accentue l'aspect craspec de deux trois scènes gores extrêmes et le potentiel glauque d'un récit nauséeux qui cherche à impressionner quoi qu'il en coûte. Contrairement à certaines productions récentes, rien n'est hors champ. C'est presque sa qualité. Dans ses pires moments, le résultat flanque juste la migraine et provoque l'ennui. Le vrai problème, c'est le scénario peu substantiel et rudimentaire. Etant donné que le passé et le présent se superposent, le scénario use de flash-backs pour expliquer par a + b que Mimi était le beau-frère de Loulou. C'est amusant cinq minutes, mais ça n'a aucune ampleur pour compenser la vacuité de cet embrouillamini très tendance oscillant entre slasher et torture flick. Le vrai plaisir coupable vient de la présence de la trop rare Angela Bettis, révélation du May, de Lucky McKee (que deviens-tu, Lucky ?). Habituée aux expérimentations horrifiques (elle avait déjà tournée dans The Circle qui était construit comme un seul et unique plan-séquence), elle essaye cette fois-ci de donner de la crédibilité à son personnage mutilé à l'intérieur/à l'extérieur et du piment à une intrigue amorphe. Mouais. C'aurait dû être les prémisses d'une révolution technologique, mais le film n'a jamais les moyens de ses ambitions. Pour ce qui est du 3D numérique, on préfère attendre Meurtres à la Saint-Valentin, Piranha 3-D de Alexandre Aja et surtout Avatar, de James Cameron.
Romain Le Vern




























