TRUANDS : PERFORMANCES D'ACTEURS MADE IN FRANCE
Tout sur TRUANDS - La Critique - Le 2007-01-16 03:58:21
THIERRY LHERMITTE / UNE AFFAIRE PRIVEE (GUILLAUME NICLOUX)
Le Popeye des Bronzés a vieilli : il est devenu détective privé et cherche non sans calquer Elliott Gould dans Le privé, de Robert Altman, son allure je-m'en-foutiste et sa bouteille de bière pour enquêter sur la disparition de Rachel Siprien. Succombant aux charmes de la ténébreuse Clarisse (Marion Cotillard), amie de Rachel et femme fatale qui en sait trop sur la question, il pourrait bien être le seul à ne pas avoir remarqué le pot aux roses. On assimilait Lhermitte aux comédies, ici, il est beau gosse vieillissant englué dans sa médiocrité et se révèle intense en en faisant le moins possible. Bel exploit.
JOSIANE BALASKO / TROP BELLE POUR TOI (BERTRAND BLIER) & CETTE FEMME-LA (GUILLAUME NICLOUX)
Bien avant Le concile de Pierre dans lequel Monica Bellucci égratigne avec détermination son image glamour, Guillaume Nicloux exploite la palette émotionnelle et tragique d'une autre actrice qui n'attendait que ça : Josiane Balasko loin du temps où elle faisait la majorette pathétique dans un parking (Nuit d'ivresse) ou s'enlaidissait pour incarner les boudins de première catégorie (Les hommes préfèrent les grosses). Endeuillé, son personnage confond réalité et fantasme et se fond dans un univers sinistré, magnifiquement rendu par Nicloux. Le réalisateur a pensé à elle en raison sa prestation dans Trop belle pour toi, dans lequel Blier soulignait la beauté de la laideur et la faisait partager le coeur de Depardieu en rivalité avec Caroline Bouquet, dont le cinéaste a déjà exploité la beauté glaciale et mortifère dans le formidable Buffet Froid.

MICHEL GALABRU / LE JUGE ET L'ASSASSIN & L'ETE MEURTRIER (BERTRAND TAVERNIER & JEAN BECKER)
Avec son talent coutumier, le réalisateur Bertrand Tavernier narre le parcours d'un voyageur itinérant de début de siècle qui jalonne son parcours de meurtres de jeunes bergers et de filles de ferme. Son arrestation le conduit devant un juge de province qui va s'attacher à obtenir ses aveux. A partir de là, jeu de fascination trouble où la rouerie se cogne à la possible compassion. En stigmatisant la petite bourgeoisie de province quitte à paraître un tantinet manichéen (dont une conclusion un tantinet démonstrative que le cinéaste a par la suite regretté), Tavernier dirige deux acteurs exceptionnels : Philippe Noiret et surtout Michel Galabru, totalement inattendu et remarquable. Soulignons également sa prestation dans L'été meurtrier où dans un rôle secondaire il réussit à faire émaner une émotion sourde et déchirante.
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