Au diable les points blancs qui démontrent que la copie n'a pas pu être totalement nettoyée puisque la définition et la compression s'avèrent formidables. Le transfert 16/9 est de toute beauté et fait des miracles dans la tenue parfaite de l'image. Le noir et blanc parait souvent magique et seul un contraste défaillant à quelques moments vient ternir une image épatante. On aimerait d'ailleurs que les titres MGM soient toujours de cette qualité.
C'est la VF qui s'en sort le mieux en ce qui concerne la dynamique. Le niveau de puissance de l'ampli devra être augmenté pour le passage à la VO. Même si elle est faiblarde, la piste originale possède une très bonne clarté et ne souffre presque pas de l'usure du temps (souffle quasi inexistant). En tout cas, la VF possède une doublage vraiment excellent et fait illusion sans problème.
MGM et ses éditions light : on a malheureusement appris à s'y faire. Juste un menu fixe (assez laid au demeurant) et la bande annonce (VO) recadrée pour ne rien arranger.
Baxter (Jack Lemmon) est un modeste employé dans une grande compagnie d'assurance. Il possède en revanche un joli appartement qui fait la joie des pontes de la société qui s'en servent pour accueillir leur maîtresse. La situation est de plus en plus difficile à gérer surtout quand Baxter retrouve chez lui inanimée la jolie Fran Kubelik (Shirley MacLaine) dont il est secrètement amoureux.
La collaboration entre Billy Wilder et Jack Lemmon a offert au cinéma quelques uns de ses chefs d'oeuvre mémorables. The Apartment fait assurément partie de cette liste.
Comédie cynique proche du mélodrame, le film est une vision lucide de la société américaine et de ses travers. Chaque séquence offre l'occasion à Billy Wilder de s'amuser à mélanger avec virtuosité les angles d'attaque d'un scénario d'une précision stupéfiante. The Apartment est ainsi à la fois une critique féroce (la vie professionnelle dans la compagnie d'assurance), une comédie vaudevillesque (Baxter et ses voisins), et une belle romance (entre Baxter et Fran).
Tout l'art de Wilder réside dans cette évocation des mauvais rouages de la société (une vision du sexe sans concession vu comme un passe temps ou comme un moyen indirect de gravir les échelons) sous la forme d'un divertissement à la bonne humeur communicative.
Filmé dans un superbe scope noir et blanc qui élargit parfaitement le cadre restreint de l'appartement de Baxter, The Apartment offre à Jack Lemmon et Shirley MacLaine deux rôles en or. Leur couple est l'un des plus beaux et les plus touchants (ce sont les seuls à se comporter en véritable êtres humains) que le cinéma hollywoodien nous ait offert. Billy Wilder est un génie, chaque plan de The Apartment le rappelle indéniablement.
Par Laurent Pécha