Bénéficiant comme la récente édition Z1 d'un encodage 16/9, l'image est joliment définie et précise. Pourtant certaines séquences (l'attaque nocturne du début...) font apparaître un surplus de grain quelque peu désagréable. Par rapport à la récente édition Z2 sortie récemment chez Touchstone, l'image gagne en chroma ce quelle perd en définition. Les couleurs sont joliment saturée mais possèdent moins de piqué. Le master laisse apparaître de temps à autres quelques drop.
Tout l'intérêt de cette nouvelle édition ! Le but de cette re-sortie est de proposer un disque de démo capable de rendre ses proches jaloux, ses voisins fous et l'éditeur riche. L'écoute ne déçoit pas, loin de là. Même encodée à mi-débit, la piste DTS est renversante de dynamique et distille de nombreux effets surprenants sur les 6 canaux mis à sa disposition. L'ensemble se révèle très enveloppant, parfois même trop, nous rappelant à coup d'épais arrangements symphoniques à quel point la musique de Jerry Goldsmith est méchamment pompière.
La piste DD 5.1 ne s'en sort pas mal non plus avec une dynamique presque équivalente et des effets surrounds aussi bien séparés et localisés.
Un menu fixe et muet d'une froideur redoutable. On n'est pas là pour s'amuser et on nous le fait sentir. Comme prévu, aucun bonus afin d'optimiser la qualité du son et de l'image. Seule interactivité - l'accès direct à un chapitre.
Le Président des Etats-Unis pris au piège dans son propre avion va en faire voir de toutes les couleurs à une bande de méchants terroristes.
Il y a de fortes chances que dans d'autres mains que Wolfgang Petersen, Air Force One aurait fini par ressembler à une ignoble bouillie infâme tant visuelle que narrative. Si le film évite cela de justesse, le grand mérite en revient à son réalisateur allemand qui sait filmer efficacement et qui tente à chaque fois de crédibiliser un récit qui a furieusement tendance à partir dans le n'importe quoi, juste histoire de faire spectaculaire et patriotique.
Car, pour apprécier (un peu) Air Force One, il faut mettre de côté les invraisemblances (si nombreuses qu'on n'arrête de les compter au bout de cinq minutes), les appels du pied à la gloire de l'Amérique (le Président, sorte d'Indiana Jones des temps modernes, est indestructible et super intelligent et courageux) et les scènes ouvertement spectaculaires pour épater la galerie (la dernière demi-heure).
Résultat sur deux heures, il ne reste plus grand chose si ce n'est cette faculté qu'a Petersen à filmer de manière virtuose un espace clos : la mise en image du récit dans l'avion présidentiel n'est pas sans rappeler celle de l'intérieur de Das Boot.
Par Laurent Pécha