Pour un film de 1972, l'image est plus que correcte. Il faut bien sûr faire exception des nombreuses tâches de pellicule et de poussières. L'absence de transfert 16/9 nuit aussi à la qualité de l'image mais cela ne l'empêche pas d'être très contrastée et d'avoir une bonne définition.
Un mono classique qui sait se rendre efficace durant les scènes d'action. Les pistes anglaise et française sont d'un niveau équivalent (il est préférable pour les fans de Delon de voir le film en français, le jeu de l'acteur s'avérant bien plus convaincant). Un léger souffle se fait entendre par moment mais rien de grave.
Le DVD traditionnel chez MGM : aucun supplément mis à part une bande annonce et un livret de 4 pages. Une filmographie aurait par exemple été la bienvenue.
Cross (Burt Lancaster) est soupçonné par la CIA d'être un agent double. La CIA engage alors Jean Laurier (Alain Delon), l'ancien protégé de Cross pour l'assassiner. La chasse à l'homme peut alors commencer.
Le film d'espionnage dans toute sa splendeur.
Les années 70 furent un réservoir presque inépuisable pour le genre. Scorpio, même s'il a pris un coup de vieux, reste un classique. Il a pour lui les qualités indispensables à la réussite d'un film d'espionnage : une intrigue complexe, une histoire d'hommes avec un code de l'honneur très tranché (l'amitié forte qui lie Lancaster à Delon), un soucis de l'authenticité poussé à l'extrême (certains passages du film ont ainsi été tournés dans l'enceinte même de la CIA) et une interprétation de haute tenue (Lancaster et Delon en tête mais sans oublier Paul Scofield ou Gayle Hunnnicutt). Là où le film accuse son âge, c'est par la mise en scène de Michael ''le justicier dans la ville'' Winner. Elle est caractéristique des années 70 par son cadrage pépère et ses changements d'axes constants pour simuler l'intensité d'une scène d'action. L'intrigue étant suffisamment passionnante, on peut ne pas en tenir rigueur et apprécier à sa juste valeur cet efficace film d'espionnage.
Par Laurent Pécha