Un transfert correct pour ce genre de film sans pour autant être d'une qualité exceptionnelle avec une définition convenable et un rendu des couleurs fait preuve d'une jolie vivacité.
Un petit stéréo bien sage pour les deux langues, mais techniquement perfectible car manquant d'ouverture et gêné par quelques étouffements des voix.
Si Studio canal a fait un léger effort sur l'animation des menus (a mi chemin entre South Park et Ma sorcière bien aimée), les suppléments se comptent sur les doigts d'une main.
Ceux à vouloir prolonger l'expérience du film n'auront donc droit qu'à un ridicule documentaire de quatre minutes d'images prises sur le vif pour se contenter. Le comble : si la piste des sous-titres français est activée sur le fameux document, aucun d'entre eux n'apparaît pendant le peu de fois où quelqu'un s'exprime. On y trouve également la bande annonce du film ainsi que celles de l'éditeur à la durée totale plus longue que les bonus.
Prête à tout est avant tout l'opportunité que Van Sant a offert à Nicole Kidman de tenir là un de ses premiers grands rôles. L'actrice douée d'un énorme potentiel comique s'avère être la personne idéale pour représenter la cruche type qui n'a pour seule obsession la célébrité au sein du petit écran. Avec des années d'avances le réalisateur dépeint la pauvreté qualitative de l'univers télévisuel et de ses nombreux représentants. Et pour mettre le spectateur en condition il use de l'éclairage outrancier et de la musique excentrique propre aux programmes télé, le film lui même s'apparentant alors à un documentaire parsemé de reconstitutions et d'interviews. On pourrait presque affirmer que la vision dePrête à tout convient mieux au support de la télévision que celui du cinéma...
A monde idiot, il fallait nécessairement une héroïne idiote qu'on pourrai comparer aisément aux jeunes nymphettes actuelles sorties de divers Shows TV et n'ayant pour ambition que de profiter de cette soudaine popularité. Suzanne Stone se prend alors pour une grande manipulatrice en utilisant deux jeunes ados (dont un Joaquin Phoenix encore boutonneux) pour créer sa propre émission destinée à être diffusée via un chaîne de télé de deux salariés. Ridicule, les ambitions du personnage le sont, car à petite échelle, mais semblent tristement proches de celles des grosses majors.
Gus Van Sant nous offre là une satire qui 10 ans plus tard n'a jamais été aussi crédible, nous laissant un joli froid dans le dos.
Par Arnaud Mangin
Critique - [p1]
Menus [p1] [p2]