Le transfert que nous livre l'éditeur est tout simplement sublime. Les contrastes se montrent d'une profondeur exemplaire, renforçant au mieux le climat oppressant du film, la compression accuse une fluidité exemplaire, la palette colorimétrique nous offre des teintes naturelles et des couleurs magnifiquement saturées. Seul petit bémol, une définition pas toujours optimale mais au demeurant bien aiguisée la majeure partie du temps.
Le mixage Dolby Digital 5.1 anglais l'emporte sans conteste sur le doublage français, tant par sa clarté que par la finesse de la restitution des différentes ambiances Surround. La version française se montre quant à elle un rien plus sourde (à volume égal) en matière de spatialisation et de dynamique mais préserve des dialogues parfaitement clairs. Néanmoins, pour mieux profiter du climat du film, la version originale est conseillée.
Malheureusement, pas grand-chose à se mettre sous la dent en terme de bonus. Outre la bande annonce et le teaser du film, on ne trouve qu'un petit making of (Darkness Illuminated : Behind the scenes of Darkness) de 3mn55 qui se pose bien plus comme une featurette commerciale, donc, sans le moindre intérêt.
La version "uncensored" du titre n'est autre que celle vue au cinéma en France, qui avait été coupé de quelques éclats de sang ou autres "Fuck" proféré par le père.
Peu de temps après avoir emménagé dans une maison ancestrale au secret bien gardé, Regina découvre des faits troublants sur l'ancienne demeure. Même si ses parents semblent indifférents à ses préoccupations, des évènements étranges se produisent dès que la lumière s'éteint. Regina réalise que la manifestation d'une série de phénomènes surnaturels indique la présence d'une entité diabolique à l'intérieur des murs...
Jaume Balaguero, réalisateur espagnol, nous sert un thriller horrifique soigné, tant d'un point de vue scénaristique (on sort pour une fois des sentier battus et les rebondissements sont traités méticuleusement) qu'artistique. En effet, le réalisateur adopte une mise en scène mettant en avant l'angoisse vécue par les personnages et ne tombe que très rarement dans le démonstratif (très belle utilisation du thème de la famille en proie aux difficultés). La pression est au rendez-vous et maintenue jusqu'à la dernière minute du film, jouant avec nos nerfs pour mieux nous faire frissonner. Les pièces du puzzle s'y emboîtent les une après les autres, pas toujours dans le bon ordre, et ce sont tous ses éléments réunis qui font de Darkness et de son réalisateur une valeur sure du cinéma ibérique.
Par Benjamin Bach