Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'image est très très nette. L'utilisation de la caméra numérique et l'aspect "film d'époque" volontaire nous rappellent nécessairement un peu Vidocq, certes, mais un Vidocq joliment cadré et bien monté profite assurément des nombreux atouts de cette technologie. Si la compression trahit parfois un léger manque de piqué, ce n'est qu'un détail qui ne dérange en rien un plaisir de visionnage assuré.
Autant choisir la piste Dolby Digital 5.1 pour mieux profiter de la très jolie ouverture frontale, pourtant déjà très claire sur la piste stéréo. On appréciera notamment la limpidité des dialogues jamais étouffés par la piste musicale. Etrangeté, le film bénéficie d'un doublage anglais, lui aussi disponible en 5.1 et en stéréo.
On fera l'impasse sur Rendez vous au musée d'Orsay (12min40) , visite guidée vidéo qui ne sera jamais aussi convaincante qu'un vrai tour dans la splendide ancienne gare pour nous intéresser à l'étonnant making of (36min) qui n'a rien a envier aux plus grosses productions. Entre interventions sur le vif des comédiens (dont une amusante chute de Jacques Frantz, voix française de Robert DeNiro et Mel Gibson), conception des décors et costumes, explosions et autres préparatifs, le film est décortiqué avec une grande richesse d'information. On regrettera néanmoins l'absence d'un quelconque chapitre sur les effets spéciaux numériques qui prennent pourtant une grande place dans le projet.
Uniquement destiné au petit écran, et sur une chaîne cryptée qui plus est, La légende vraie de la tour Eiffel n'en n'est pas moins restée un projet de grande ampleur au résultat aussi surprenant que pédagogique. Ne faisant pas vraiment fi des évidences (Paris ne sera jamais présenté comme une carte postale, les grands traits de l'histoire ne seront qu'évoqués) le réalisateur préférera proposer un docu-fiction s'attardant sur les nombreux détails du quotidien des années 1880 des différentes couches sociales politiques comme ouvrières. Ainsi, même si le principal centre d'intérêt réside dans la spectaculaire confection de l'édifice, la Tour elle-même ne restera qu'un bien joli prétexte pour dépeindre une période charnière de notre histoire à laquelle les références disparaissent injustement de la conscience collective. Par ailleurs, le côté "Jeunet" de l'ensemble et le divertissement qui s'en dégage n'est définitivement pas fait pour nous déplaire.
Par Arnaud Mangin