Quelle déception ! Quel massacre ! Alors qu'on se réjouissait d'avance de retrouver une image équivalente à celle du prodigieux zone 1, le constat est sans appel : le zone 2 propose une image totalement indigente. Un KO technique dont on a bien du mal à se remettre. Les erreurs commises sont si nombreuses qu'on se demande bien par où commencer.
La définition est inférieure à ce qu'on est en droit d'attendre du support (sur un écran d'au moins 2 mètres de base, c'est même difficilement supportable). Cette perte de définition s'explique aussi par la volonté de l'éditeur de lisser l'image au maximum nous faisant perdre au passage une grande partie du grain cinéma dont affectionne Michael Mann.
Les couleurs éclatantes et superbement saturées du zone 1 laissent maintenant place à des colories ternes. Plus grave, il ne s'agit plus de la même colorimétrie, les tons verts étant troqués par des images constamment marrons. Quant à la luminosité, elle est exagérément poussée rendant les clairs-obscurs clair-clairs.
Mais le pompon, l'éditeur l'obtient en proposant une
image zoomée qui détruit toute la science du cadre du cinéaste de
Heat. Il suffit de voir l'image ci-dessous où Michael Mann s'évertue à garder le bébé d'Ali dans le cadre, juste à la limite de le faire disparaître, ce que le zone 2 lui s'empresse de faire.
Bref, quand on regarde
Ali en zone 2, on se demande si Michael Mann n'a pas changé de style de mise en scène et s'il n'a pas utilisé un autre chef op et un autre cadreur. En gros,
Ali en zone 2, c'est un film visuellement inédit...dont on se serait malheureusement bien passé.
PS : la note est sévère mais il s'agit d'un ''coup de gueule'' de la rédaction concernant l'un de ses films préférés de 2002. Le DVD étant tout de même visible, surtout pour ceux qui ne l'on pas vu en salles ou qui ne possèdent pas le zone 1.