Si Metropolitan nous livre un produit artistiquement médiocre, le DVD n'en reste pas moins techniquement très soigné comme d'habitude. Ici pas de grandes attentes, si ce n'est que pour une copie globalement nette, un léger grain de compression se fera parfois remarquer. Rien de bien grave puisque l'essentiel est là : une image très colorée fidèle au ton léger du film.
Soyons clairs, sur un pareil titre les capacités du Dolby Digital 5.1 restent moyennement exploitées, voire pas du tout en ce qui concerne les surrounds, mais l'univers frontal conserve une bonne balance musicale soutenue par des basses généreuses. La VF et la VO se valent.
Autant dire que les bonus ne relèveront jamais le niveau du film. Tout espoir est donc perdu. L'introduction donne le ton, et les semblants de featurettes (La Recette du Barbecue - 23min, Le Basket du Ghetto - 5min30, Chercheuse d'or – 5min21, et Un Barbecue Réussi – 9min) essaient de composer tant bien que mal un making of à rallonge confortant la médiocrité du machin. Chacun est non seulement fier de ses comparses, mais également de lui-même, et les interviews ne servent qu'à épaissir une soupe déjà indigeste.
Restent neuf pauvres scènes coupées qui ont bien fait de l'être parce qu'elles sont moins drôles que le film (balèze !) et une bande-annonce du même calibre que le reste.
Dès le départ, adapter le Cosby Show au cinéma était une très mauvaise idée. Mais en faire une déclinaison non assumée sans Bill Cosby tient de l'hérésie pure. Ajoutez-y un sous Prince de Bel-Air et c'est malheureusement sans surprise que l'on s'affale devant ce parent pauvre des célèbres sitcom en supportant les clichés du cinéma de ghetto, où lorsque l'on est noir on aime forcément le hip hop, on rigole très fort, on est champion de basket et on se retrouve tous les dimanches en famille et entre voisins pour s'envoyer des côtes de porc sauce barbecue. C'est pourtant là-dessus que repose le postulat du film en cherchant à caser quelques situations cocasses (un morceau de viande crame, un autre tombe par terre... Tordant, non ?), et une pseudo cool attitude que n'importe quel prime time refuserait. Ce qui est déprimant, c'est de voir Danny Glover se fourvoyer dans une entreprise pareille au même niveau qu'une Queen Latifah (elle-même scénariste ici), même en second rôle. Ce qui fait plaisir, c'est que la fine équipe semble s'être bien amusée si l'on s'en réfère à la scène finale où tout le monde se met à danser. Y compris le chien et le majordome pète-sec... C'est chouette, c'est gai, c'est beau, mais c'est nul !
Par Christian Lethocini