box office

1

MADAGASCAR 2
entrées : 927 298 (1 semaine)




2

LE JOUR OU LA TERRE S'AR
entrées : 484 204 (1 semaine)




3

BURN AFTER READING
entrées : 444 259 (1 semaine)




4

AGATHE CLERY
entrées : 682 309 (2 semaines)




5

SECRET DEFENSE
entrées : 200 972 (1 semaine)




6

LE TRANSPORTEUR 3
entrées : 1 152 589 (3 semaines)




7

L'EMMERDEUR
entrées : 144 299 (1 semaine)




8

POUR ELLE
entrées : 367 366 (2 semaines)




9

MIA ET LE MIGOU
entrées : 127 474 (1 semaine)




10

MESRINE : L'ENNEMI PUBLI
entrées : 1 408 217 (4 semaines)

sandrine bonnaire (31 Mai 1967 - )

1983, Maurice Pialat réalise son seizième film, une dramatique chronique familiale intitulée A Nos Amours.

Jouant avec les nerfs du spectateur et creusant son envie de filmer la réalité jusqu’à sa moelle, il offre le rôle principal à une jeune comédienne âgée de seize ans et encore inconnue du grand public. Elle crève littéralement l’écran par son impertinence, sa jeunesse et sa sa sensualité. Acculée, mise à rude épreuve, elle y interprète Suzanne, une éffrontée malmenée par sa mère, battue par son frère et abandonnée par son père ! En roue libre dans son rôle mais dirigée d’une main de fer par un Maurice Pialat plus exigeant que jamais, Sandrine Bonnaire devient en un film l’une des comédiennes les plus prometteuses de sa génération... Aujourd’hui, à 40 ans, elle réalise son premier long-métrage, un portrait poignant de sa soeur autiste dont l’état s’est gravement dégradé au fil des années. Elle y fait le constat d’un système défaillant et explique l’absence de présence humaine et de vie dans les traitements infligés aux autistes. Une triste mélancolie teintée d’humour et d’amour, une envie profonde de se souvenir des belles choses et récolter par des images d’archives, des instantanés de vie. Sans jamais tomber dans le pathos, en alternant ingénieusement des séquences tournées il y a peu et du Super 8 âgé de plus de vingt ans, Sandrine Bonnaire offre à son film une véritable dimension cinématographique pour rendre le plus bel hommage possible à sa soeur... Après un passage tragique de cinq longues années en hôpital psychiatrique, sa soeur Sabine reprend goût à la vie, même si ses capacités restent altérées, dans un foyer d'accueil en Charente. Entre les amours familiales de Pialat et son amour pour sa soeur, Sandrine Bonnaire s’est construit une belle carrière, à la fois discrète et exemplaire... Portrait d’une comédienne au charme ravageur, au naturel follement charismatique. Le plus beau sourire du cinéma français...


Sortie de son expérience éprouvante d’A nos amours, la comédienne, âgée tout juste de 17 ans, remporte le César du Meilleur Espoir Féminin et enchaîne les rôles avec une facilité déconcertante. Sous la direction de Marc Angelo, Jacques Renard ou Renaud Victor, elle interprète respectivement une petite frappe auteure d’un meurtre, une résistante durant la seconde guerre mondiale et une jeune femme victime d’un mari trop possessif ! A sa majorité, la comédienne tourne à nouveau pour Maurice Pialat dans Police mais c’est lorsqu’elle devient Mona Bergeron pour Agnès Varda dans Sans toit ni loi que l’actrice révèle son gigantesque talent. Peu bavarde, identité perdue au milieu du Midi, le rôle se construit à partir du témoignage de ceux qui l’ont croisé. Malheureusement encore d’actualité, le film fait état d’un triste constat : il y a encore des gens, pauvres, qui meurent de froid en France. Par son esthétisme rude et son sujet unique à l’époque, Agnès Varda tourne une oeuvre politique et engagée, sans concessions, à l’image du début de carrière de Sandrine Bonnaire... Dans ce film, Sandrine se durcit, ne se lave pas les cheveux pour le rôle, joue des scènes dramatiques faisant état d’une véritable force émotionnel. Cumulant les personnages peu empathiques, Bonnaire se construit peu à peu une carrière de comédienne intriguante, jouant sur différents tableaux, peu habituée aux rôles légers ! Sans toit ni loi lui permet d’obtenir le César de la Meilleure Actrice durant une cérémonie où elle exprime son sentiment d’avoir progressé et où elle obtient une première reconnaissance profesionnelle. Une authentique comédienne est née et tend peu à peu à s’imposer définitivement dans le patrimoine cinématographique français.


La fin des années 1980 est marquée par son retour chez Maurice Pialat, décidemment très attaché à la jeune comédienne qu’il a su réveler. Elle tourne dans Sous le Soleil de Satan, dernière Palme d’or française à Cannes... Une oeuvre malsaine et troublante où la comédienne redevient une adolescente perturbée, victime et bourreau. Le film raconte l’histoire de Mouchette, 16 ans et qui a tué son amant. Tout le monde pense que le défunt s'est suicidé. Mais l'adolescente ressent le besoin de confier son crime à l'abbé Donissan, le vicaire du village. Une relation étrange, malsaine et fallacieuse se noue entre eux. A nouveau un rôle éprouvant, un nouveau tour de force pour une actrice qui du haut de ses 19 ans témoigne d’une expérience et d’une maîtrise impressionnante. Elle tourne pour la première fois sous l’oeil d’André Téchiné dans Les Innocents en 1987...

En 1988, Claude Sautet lui offre un rôle tragi-comique, à la fois surréaliste dans sa première partie et plus sombre par la suite dans Quelques jours avec moi. Aux côtés d’un Daniel Auteuil tombé sous le charme de cette femme de ménage un rien arriviste mais toujours honnête dans ses sentiments et sa générosité, elle ouvre son panel de jeu et commence à offrir au cinéma français un sourire que personne ne soupçonnait... La jeune actrice devient beaucoup plus femme. Elle fait bien plus que son âge, sa maturité de jeu lui permet d’interpréter des rôles de femmes fortes et sûres d’elles... Ainsi, Patrice Leconte lui fait confiance pour jouer la charmante voisine de Monsieur Hire de laquelle il ne peut détacher son regard ambigu. Sa sensualité est au paroxysme, son physique devient un atout comme à ses premières heures et on oublie rapidement que cela ne fait que 5 ans que l’actrice est entrée dans le milieu. En quelques années, elle a découvert et appris à aimer un métier qui est devenu pour elle une raison de vivre et un moyen de communiquer avec les autres.


Elle marquera également les esprits en 1990 dans La Captive du désert, sous la direction de Raymond Depardon. Seule au milieu de nulle part, elle y interprète Catherine Lemercier, une jeune femme prise en otage par des rebelles toubous. Elément humain dans un océan de sable, elle reste le point central d’une fiction-documentaire construisant une identité à partir de séquences de vie isolées. Contemplatif et imaginatif, La Captive du désert met en exergue l’aspect unique de Sandrine Bonnaire en tant qu’actrice du silence, jouant des émotions à partir de rien. Ou si peu...

Dans le (trop) long dyptique sur Jeanne la Pucelle, Sandrine Bonnaire devient une icône nationale aux yeux de Jacques Rivette et clôt une période de flottement où elle se tourne vers des productions peu encourageantes comme Dans la soirée de Francesca Archibugi, Le Ciel de Paris de Michel Béna, La peste de Luis Puenzo ou Prague de Ian Sellar... Elle revient subitement sur le devant de la scène avec le chef d’oeuvre de Claude Chabrol, La Cérémonie, où elle interprète l’un des rôles les plus impressionnants de sa carrière. Sophie, analphabète, travaille pour une riche famille de campagne et se lie d’amitié avec une femme dérangée et dérangeante, accusée d’avoir assassiné sa propre fille ! D’une tension palpable et troublante, le film met en scène un duo d’actrices perturbées, dont les exactions inévitables témoignent d’une vision extrême de la lutte des classes. Poignante, attachante et à la fois terriblement antipathique, Sandrine Bonnaire parvient à nous faire apercevoir l’indicible... et ce qui pousse à se tourner vers la folie meurtrière.


Au tournant des années 2000, la comédienne tourne aux côtés de Régis Wargnier, Jean-Pierre Améris et Philippe Lioret dans des films aussi variés que puissants. Est-Ouest, fresque historique pour laquelle elle obtient une nouvelle nomination aux César lui offre sa première véritable oeuvre internationale. Elle se range dans un registre plus léger et comique dans Mademoiselle et trouve un superbe rôle de femme amoureuse dans C’est la Vie... Pour l’anecdote, elle y interprète pour la troisième fois le rôle d’une femme s’appelant Suzanne après A nos amours et Le Ciel de Paris !

Elle retourne sous la direction de Patrice Leconte dans Confidences trop intimes aux côtés de Fabrice Luchini pour lequel elle se livre avec les mots plus qu’avec son corps : « A la lecture du scénario, j'ai pensé que ce rôle serait difficile à interpréter. Dire des mots crus ne fait pas partie de mes habitudes et j'avais peur de rougir. Mais le texte n'est pas fait pour choquer »… Comme pour aller à l’encontre d’neu filmographie dure et grave à la fois dans les choix de rôles et de cinéastes, la comédienne va multiplier dasn les années 2000 les expériences dans la comédie dramatique aux accents plus fins et délicats comme dans Le cou de la girafe, L’équipier ou Je crois que je l’aime. Elle s’essayera à la véritable comédie populaire dans Demandez la permission aux enfants en essayant à tout prix de reprendre le pouvoir sur ses enfants... Mais certainement destinée à des rôles plus complexes et rudes, on la retrouvera à nouveau au centre d’histoires plus alambiquées à l’image du prochain film de Safy Nebbou, L’empreinte de l’ange, où elle incarnera aux côtés de Catherine Frot une mère de famille convaincue qu’une autre femme est en possession de sa propre fille...


Sandrine Bonnaire est aujourd’hui une comédienne entière, avec derrière elle une filmographie des plus impressionnantes. Encore très jeune, elle risque de continuer longuement à éclairer le cinéma français de son sourire... Si les rôles qui l’ont consacrée l’ont parfois emprisonnée dans une composition bien sombre, elle reste néanmoins la parfaite image de la comédienne jeune et terriblement décidée à offrir le maximum à chaque prestation. Son passage derrière la caméra témoigne une fois de plus d’un talent en constante évolution et révolution et fait parler une comédienne pleine de ressources. Pleine de vie.


Film par Réalisateur




Film par Acteurs