A nos yeux, elle sera à jamais Vic, la jolie ado dont sont tombés amoureux tous les Français lors de La Boum. Presque trente années plus tard, Sophie Marceau est devenue une actrice à la palette complète, reconnue et respectée par la profession.A CE SOIR : Classe
Le beau premier film de Laure Duthilleul aura mis près de deux ans après sa première projection cannoise à sortir en salle. La première réplique du film ou presque est ce « oh non, pas maintenant », prononcée par
Sophie Marceau en infirmière découvrant le corps de son mari, mort. Il était pourtant temps d’avoir la sensation d’enfin voir passer l’actrice à un rôle adulte. Ce qui ne veut pas dire forcément juste dans le rendu d’un désespoir. Pas grave quand
A ce soir vise plutôt à raconter un retour à la vie, celui d’une veuve qui sort de son recueillement. Le tout sans faire une tête d’enterrement,
A ce soir serait même plutôt un film vivant, imparfait peut-être, fragile assurément, mais particulièrement attachant. Un peu comme un soleil d’automne qui réchauffe plus qu’on ne s’y attendait.
LA FIDELITE : Indécemment Classe
Dernière collaboration entre Zulawski et Marceau,
La fidélité est à remettre en perspective avec L’amour braque. Ne serait-ce que parce qu’il reprend le principe d’une recontextualisation d’un classique de la littérature. Après Dostoïevski, Zulawski resitue dans l’époque contemporaine Mme de La Fayette via une relecture de La princesse de Clèves. Remixée en relatio tumultueuse entre une photographe embauchée par un magnat de la presse people et un éditeur. Le réalisateur revient sur ses pas avec ce qui a tout d’une variation sur les thèmes de
L’important c’est d’aimer notamment l’amour envisagé comme une éthique. Forcément malmenée dans un film autopsiant les sentiments avec un regard franc. Mais aussi embué quand La fidélité laisse rapidement percevoir qu’il n’est qu’une longue lettre d’adieu de Zulawski à Marceau, qui était depuis L’amour braque sa compagne à la ville. On pourra la trouver parfois indécente ou cruelle, mais aussi audacieux témoignage d’un douloureux deuil amoureux en cours.
marquise
MARQUISE : Rétrospectivement classe
A l’époque de la sortie de
Marquise, la presse relata surtout la grosse querelle entre
Sophie Marceau et sa réalisatrice, Véra Belmont. Et oublia un film au sujet ambitieux : la vie de
Marquise, une fille de très basse extraction qui séduisit Molière, Racine avant de devenir une favorite de Louis XIV. Marquise gagne à être redécouvert, tant il semble moins empesé que nombre de films français en costumes. Sans doute parce que plus que les coulisses du pouvoir, il s’attache surtout au portrait de l’ascension sociale – et la chute- femme trop moderne pour son époque. La vision d’artistes de cette époque et leur soumission aux puissante, est moins convaincante, mais n’atténue pas les visibles énergie et passion mises aux services d’un film, qui peut sans rougir être mis aux côtés du Ridicule de
Patrice Leconte.
LA FILLE DE D’ARTAGNAN : Plutôt Classe
Au milieu des années 90, le cinéma français croit en un revival du film de cape et d’épée. Pendant que
Philippe de Broca prépare
Daniel Auteuil à succéder à
Jean Marais dans son remake du
Bossu,
Bertrand Tavernier remplace Riccardo Freda, brillant réalisateur italien de cinéma populaire dans les années 50-60, aux commandes d’une nouvelle aventure des trois mousquetaires. Comme lui il y a de quoi se prendre au jeu de cette ludique fantaisie, où la fille cachée d’un D’Artagnan vieillissant le force à reprendre du service.
La fille de d’Artagnan est comme une cure de rajeunissement pour le cinéma de divertissement à la française, renouant avec un sens du spectacle et une dévotion totale au plaisir enfantin de spectateur. Même si économiquement on est hors registre, cet épatant film d’aventure ravive la jubilation d’une bonne série B, alerte et virevoltante, la pétillance du casting (Noiret, Bideau, Rich et Marceau) en savoureux bonus.
pacific palisades
PACIFIC PALISADES : Pas classe
Puisque quand elle s’essaie au cinéma d’auteur, elle rencontre généralement l’échec, Sophie Marceau fait un pas en arrière et aborde les années 90 avec une tentative de comédie romantique à la Française. En l’occurrence dans la peau d’une serveuse parisienne déseouvrée qui décide de tenter l’aventure à Los Angeles. Gentiment réalisé par un clipeur en vogue à l’époque,
Pacific palisades souffre d’une mise en scène des plus anonymes se raccrochant comme elle peut à tous les clichés possibles. A l’image d’une musique de Jean-Jacques Goldman, qu’on ne reprendra plus à l’exercice. Malgré ces lourds handicaps, un (tout) petit charme émane à la revoyure de cette très inoffensive bluette, peut-être l’acuité des dialogues de Marion Vernoux, seule de ce film à savoir capter l’air du temps chez les femmes de vingt ans de ces années là.
DESCENTE AUX ENFERS : Pas classe
Ultime transgression pour le public populaire de
Sophie Marceau : dans ce film de
Francis Girod, elle joue la jeune femme d’un écrivain incarné par
Claude Brasseur, son papa de cinéma ! C’en est trop pour les spectateurs de
la Boum qui refusent en bloc l’impression d’assister à un inceste. Surtout lors de scènes d’étreintes ou une Marceau topless se blottit amoureusement dans les bras de Brasseur. Il faut bien avouer que ces instants sont pourtant les plus notables de ce thriller psychologique mal foutu, mêlant crise de couple et climat social tendu à Haïti. Toutefois, on peut se prendre à imaginer l’intérêt du même scénario aujourd’hui entre les mains d’un
Laurent Cantet ou d’un
Cédric Kahn. Girod, dépassé à son insu par l’aspect médiatique de son casting, ayant à l’époque loupé dans les grandes largeurs cette adaptation d’un roman poisseux de David Goodis.
sophie marceau
POLICE : Classe
Un après
L’amour Braque,
Sophie Marceau s’écarte toujours plus de La boum en allant s’aventurer chez Maurice Pialat. Il transforme l’adorable Vic en Nora, tapineuse se laissant séduire par un flic ambigu. C’est connu, le tournage n’a pas été une partie de plaisir pour l’actrice. Il n’en reste pas moins un film incandescent quand il dépeint les vulnérabilités, les failles d’êtres humains. Celle de Mangin, joué par l’ogre Depardieu, mais tout autant celles de Nora, à travers lesquelles on pense deviner celles de Marceau, alors comme son personnage en quête d’indépendance, quel que soit le prix à payer. Les néons des bars-PMU et des commissariats éclairant l’actrice sous un nouveau jour, impeccable chez un cinéaste qui a tout du Cassavetes français.
L’AMOUR BRAQUE : Hystériquement classe
Au moment où le grand public continue à ne voie en elle qu’une idéale fille de français moyen, Sophie Marceau prend un virage à 180* en croisant le chemin d’
Andrzej Zulawski. A moins de vingt ans, l’actrice saute dans le vide avec une adaptation plus que libre de
L’idiot de Dostoïevski, devenant un triangle amoureux entre une prostituée, un gangster et un anarchiste. Tout en flamboyance baroque, L’amour braque est certes un film confus, mais comme souvent, Zulawski y désape une actrice (après
Romy Schneider ou
Valérie Kaprisky) pour la révéler corps et âme. Un film de bruit et de fureur, souvent éructé à la face du spectateur, mais pour le laisser abasourdi face à la seconde naissance de Marceau, désormais actrice émancipée par ce passage, en force, aux rôles adultes. Les scories de L’amour braque (le cabotinage de
Francis Huster, les écarts excessifs du réalisateur) en étant estompés à la revoyure de cette œuvre hors normes, aussi fascinante qu’irritante.
sophie marceau
FORT SAGANNE - Classe
Jusque là,
Alain Corneau était considéré comme un maître du néo-polar à la Française, Changement de direction complet pour le réalisateur du Choix des armes ou de
Police Python 357, avec une fresque aux trousses d’un officier de la légion étrangère, en mission colonialiste dans le Sahara alors que 14-18 fait rage. Toutes proportions gardées, on n’est pas éloigné d’un
David Lean par cette envie de confronter l’intimité un homme de basse extraction à l’immensité de l’Histoire comme dans cette mise en scène conjuguant épique et romantisme, quand Saganne fait face à plusieurs guerres, celle de ses sentiments n’étant pas la moins dévastatrice Sophie Marceau étonne en amoureuse éperdue attendant le retour de son soldat. A peine sortie de l’âge tendre de La boum, toute en crinoline et dentelle, elle sait tenir tête à un Gérard Depardieu au sommet.
Fort Saganne a été injustement oublié, dommage pour une tentative française de grand cinéma, entre exotisme et mélo âpre.
LA DISPARUE DE DEAUVILLE - Pas classe
Second film de
Sophie Marceau après
Parlez-moi d'Amour,
La Disparue de Deauville se voulait rendre hommage au glamour des femmes des années 1950 dans le cadre du film noir classique. Hélas, mille fois hélas, les intentions premières de notre actrice Française la plus cinégénique ne dépassent pas le stade des promesses, et non tenues, s'enferrent. Et le film ne cesse avec elles de souffrir son absence de maîtrise narrative et plus insupportable encore, de ce qui est montré, empêchant à l'histoire d'avancer véritablement et d'être cohérente tant sur le fond que la forme. Ainsi, le casting pourtant imposant, de
Christophe Lambert – assez quelconque – au toujours vif
Robert Hossein s'égare et se perd dans les tribulations d'une cinéaste qui s'affiche à l'écran à la fois comme une égérie d'un temps révolu et comme le fantasme d'un présent qui ne s'assume plus. Payant au prix fort son artificialité à tous points de vue et le prix de caractères dessinés et intégrés à la serpe, La Disparue de Deauville sombre dans les méandres velléitaires et peut-être trop ambitieux de sa réalisatrice. Car ce qui se marque le plus avec ce film, ce n'est pas l'absence de richesse ou d'enjeux divers, c'est plutôt l'absence de recul et de tenue générale du tout.
la disparue de deauville
ALEX ET EMMA : Pas classe
Rob Reiner est capable du meilleur (
Quand Harry rencontre Sally,
Misery) comme du pire (
L'irrésistible North,
La vie à deux). Malheureusement,
Alex et Emma, comédie romantique, rentre de pleins pieds dans la seconde catégorie et seule la présence de
Sophie Marceau (sans être chauvin pour autant) apporte à cette histoire – un auteur devant à tout prix terminer son roman, fait appel à une sténographe qui va remettre en cause ses personnages et ses sentiments- une fraîcheur suffisante pour nous permettre de respirer de temps à autres. Le reste n'est que clichés et l'on préfèrera se regarder une nouvelle fois
Le Magnifique avec
Jean-Paul Belmondo. Là au moins, les rires sont au rendez-vous.
ANTHONY ZIMMER : Assez classe
Séduction et manipulation s'imposent comme les maîtres mots de ce thriller psychologique que nous propose Jérôme Salle.
Anthony Zimmer se place avant tout en film d'ambiance dont le mystère s'avère le principal élément, entretenu avec volonté par le réalisateur. Difficile de penser que
Anthony Zimmer est un premier film car il n'y ressemble pas. En effet, les partis pris de mise en scène, la lumière, le montage s'avèrent si bien maîtrisés que c'en est bluffant pour un premier essai ! Rencontre d’une femme fatale et d’un monsieur tout le monde, qui n’est peut-être pas si quelconque qu’on le croit,
Anthony Zimmer entretient un sens Hitchcockien du mystère, mettant le spectateur en interrogation permanente sur ce qu’il voit. Le dénouement, laisse néanmoins sur sa faim faute d’être crédible. Ne résumons pas pour autant ce film à ce twist final, mais au plaisir qu'il procure.
anthony zimmer
BELPHÉGOR, LE FANTÔME DU LOUVRE : Pas classe
A l'instar de
Le Pacte des loups et de
Vidocq,
Belphégor avait comme ambition de relancer le goût du public pour un cinéma de genre. Le résultat est un véritable camouflet pour tout spectateur ayant un minimum d'exigence cinématographique. Remake de la série-télé des 60’s qui captiva la France d’alors, le film de Jean-Paul Salomé est un parfait ratage. D'autant plus rageant que l'idée de remettre au goût du jour cette histoire d'un fantôme venant traumatiser le personnel du Louvre pouvait être l'occasion d'offrir un vrai bon film fantastique auquel la France court en vain depuis des années. Incapable d'installer une réelle atmosphère et de faire ressentir un quelconque enjeu dramatique, Jean Paul Salomé expédie les scènes alors que le scénario est lui d’une monotonie digne des pires téléfilms. On aurait pu excuser beaucoup de choses aux responsables du projet s'ils avaient réussi les séquences où Belphégor entre en scène. Mais là encore la déception s'avère bien réelle. Pas aidé par des effets spéciaux crées / copiés (merci
Peter Jackson et son
Fantômes contre Fantômes) par la société française, Duboi,
Jean-Paul Salomé a bien du mal à instaurer un climat de terreur conséquent.
BRAVEHEART : Assez Classe
Salué à sa sortie comme le renouveau du cinéma épique,
Braveheart mérite amplement sa réputation de film barbare et engagé. Seconde réalisation de la star
Mel Gibson après le mélodrame
L'Homme Sans Visage, il participe du même souci de sensibiliser le public aux souffrances d'un écorché vif prônant des valeurs humaines essentielles, ici la lutte contre l'asservissement et la préservation d'une culture. Si
Braveheart accuse cependant les défauts typiques des épopées hollywoodiennes (principalement le manichéisme), ils sont estompés par plus tempéré par une description assez pertinente des jeux de pouvoir et de trahison. Le désir, louable, du réalisateur de dépeindre les Ecossais médiévaux comme un peuple rude au charisme assez primitif amène à quelques digression dommageables. Mais c'est précisément à travers ces imperfections que Mel Gibson réussit une oeuvre cohérente, car voulue dans son ensemble rugueuse et carrée. Il parvient ainsi à éviter une rupture trop nette entre les scènes d'action et le reste du métrage. Même si soucieux d'être compris par le grand public,
Mel Gibson s'abandonne ici trop souvent à la facilité pour que son film soit un chef-d'oeuvre du genre, quoi que jalonné de morceaux d'anthologie inégalés. Parfaitement réalisé et photographié, doté de moyens spectaculaires intelligemment utilisés et agrémenté d'un très beau thème de James Horner,
Braveheart n'en reste pas moins la plus grande réussite du genre épique de la décennie passée.
braveheart
L'ÉTUDIANTE : Classe
Après
La Boum (1980) et
La Boum 2 (1982), voici le troisième film qui réunit
Sophie Marceau,
Danièle Thompson (scénariste) et
Claude Pinoteau à la réalisation. De par son sujet, son traitement et son approche scénaristique,
L’étudiante aurait très bien pu être la continuation des aventures de Vic. (Il ne manque vraiment que Brasseur et Fossey pour que la confusion soit totale). Le changement est dans ce regard sur les doutes d’une jeune femme affrontant ses études et sa vie personnelle. L'étudiante est à la fois l'instantané d'une époque, nostalgique et léger, subtil et énergique que sublime le charme naturel de
Sophie Marceau.
FANFAN : Tendrement classe
Alexandre Jardin adapte lui-même son troisième roman. Une histoire qui sort des lieux communs sur le couple et la séduction. Pour la remodeler en film des moins conventionnel et léger entraînant dans un rêve éveillé, charmantes épousailles du charme et de la comédie. C'est d’une romance dont il s'agit, un véritable conte de fée qui n'a de prise avec la réalité. Peu à peu, les deux conceptions de la vie des deux personnages (
Sophie Marceau et
Vincent Perez) fusionnent vers l'inéluctable rapprochement. Jalousie, charmes et séduction émaillent chaque scène du long métrage où l'on se réjouit de voir ces deux êtres épris l'un de l'autre se tourner autour comme pour mieux s'imprégner de la naissance d'une belle histoire d'amour.
Alexandre Jardin ne s'embarrasse pas de conventions inutiles ou d'idées reçues, il se contente de laisser ses comédiens s'exprimer sans artifices ni faux-semblant.
fanfan
JE RESTE ! : Classe
Je Reste ! pourrait très bien être considéré comme une suite à
Fanfan d'
Alexandre Jardin. Le scénario de Florence Quentin parvient à capter avec autant de justesse que Jardin ces petits moments de la vie à deux après quelques heures du vol.
Diane Kurys renoue avec la comédie de sentiments sans chercher à intellectualiser un propos qui ne le méritait pas. Aujourd'hui, merveilleusement bien cuisinée par sa scénariste et soutenue par un trio d'acteurs (Marceau et Perez de nouveau réunis, mais aussi
Charles Berling) aux petits oignons, elle remet de l'huile sur le feu et nous brosse des portraits haut en couleurs. Cela toujours dans le registre de la sincérité. Ne boudez pas votre plaisir et laissez-vous embarquer par une
Sophie Marceau dans un registre qu'elle maîtrise à la perfection et un
Charles Berling on ne peut plus à l'aise dans cette univers.
JOYEUSES PÂQUES : Gentiment classe
Tiré du classique du théâtre de boulevard signé Jean Poiré, ce marivaudage est à l’écran ponctué de cascades que Belmondo affectionne tant. Mais on peut se poser la question de l'opportunité d'un tel ajout, car n’apportant rien à l'histoire du trio Belmondo - Laforêt - Marceau.
Georges Lautner réalise néanmoins avec ce film une comédie dont la capacité à faire rire son public évolue selon une courbe exponentielle. En effet, malgré un début un peu mitigé, plus l'histoire se déroule et plus celle-ci devient drôle
En somme un gentil vaudeville, pour passer de bonne fêtes de Pâques en famille, jusqu’au générique de fin en forme "bêtisier" sur quelques moments du film et sur les cascades.
la boum
LA BOUM : Nostalgiquement classe
Vingt ans après, le scénario de
Danièle Thompson et de
Claude Pinoteau fonctionne toujours aussi bien. On se surprend à se sentir proche du parcours de la désormais célèbre Vic dans ses pérégrinations amoureuses, à rire des bons mots de Denise Grey (Poupette), à vibrer sur la musique de Vladimir Cosma, mais aussi et surtout à se passionner pour le duo extraordinaire que composent
Claude Brasseur et
Brigitte Fossey. Plus encore que le destin de leur fille, la partition écrite pour les deux comédiens n'a pas pris une ride. C'est quelque part à travers leur regard et le contraste qu'il peut y avoir entre les générations que l'on ressent toute la saveur d'une époque. Des instants de doutes et de sincérité que La Boum réussit à retranscrire avec humour et attention. Un plaisir nostalgique pour tous ceux à qui cette édition va permettre de redécouvrir le film, ses scènes cultes et de se plonger à nouveau dans les années 80.
LA BOUM 2 : Nostalgiquement classe aussi
La suite logique du premier épisode de
La Boum (
Claude Pinoteau précise dans le commentaire audio du DVD, qu'au départ ils avaient prévu de faire trois films, le troisième épisode devait présenter le personnage de Vic devenue femme) La qualité des dialogues et du scénario de ce second volet suffisent au plaisir non dissimulé à retrouver la famille Berreton au grand complet, ainsi que la bande de copains de Vic, 3 ans après. Pilule, parité homme femme… autant de sujets abordés avec humour et justesse dans cette suite haute en couleur qui reste proche des réalités de l’époque C'est un peu comme retrouver un membre de sa famille dont avait pas eu de nouvelles depuis longtemps. On en vient même à regretter que
Claude Pinoteau n'ait pas pu imposer ce triptyque dont il avait l'ambition et nous ravir d'un troisième épisode de
la Boum. On peut toujours rêver, d'autant plus que notre époque pourrait être un terrain de "danse" bien tentant pour Vic devenue femme et qui sait peut être mère. On se risquerait presque à proposer un titre : l'After.
le monde ne suffit pas
LE MONDE NE SUFFIT PAS : Moyennement classe
Prenez un shaker et préparez-vous à réaliser le cocktail habituel : un tiers d'action, un tiers de séduction et un tiers d'humour. Agitez bien, et surtout, ne vous arrêtez pas de remuer. Qu'est-ce que vous obtenez ? Un James Bond dans la tradition des James Bond. Ce 19ème opus signé
Michael Apted (
Gorilles dans la brume) est fidèle à la règle. Trop. Le problème aujourd'hui est que, quand on se met devant un James Bond, on sait pertinemment ce à quoi s'attendre. On se demande même parfois s'il s'agit bien d'un ‘'James Bond'' tant le côté film d'espionnage a totalement disparu depuis plusieurs années. Si, à nouveau, les cascades sont ici magnifiquement réalisées mais pour la plupart déjà vues, le scénario demeure très classique et ne trouve guère d'originalité face à ses prédécesseurs. Les James Bond girls sont là mais un peu trop poupées Barbie ‘'Lara Croft'') et si
Pierce Brosnan, qui porte le costume de 007 pour la troisième fois, correspond parfaitement à l'image que l'on se fait de 007, on ne peut sortir de ce film que légèrement déçu. Cependant, Le monde ne suffit pas remplit son cahier des charges : l'action est rondement menée et tout est présent pour ravir les fans du genre.
LES CLEFS DE BAGNOLE : Classe
Jamais le mot merde n'a été autant utilisé à toutes les sauces pour la promotion d'un film : "n'y allez pas c'est une merde", " je ne le produirai pas c'est une merde", "je n'arrive pas à croire que je joue dans une telle merde" et autres finesses du même acabit. Pourtant, loin des apparences (ce n'est pourtant pas dur de creuser un minimum), Les clefs de bagnole, projet suicide de
Laurent Baffie, n'est bien entendu pas une merde, mais c'est en revanche un sacré bordel. Ce qui n’empêche pas cet aussi étrange qu’absurde road-movie de pouvoir trôner à côté d’exercices de styles périlleux comme Le magnifique, Lily la tigresse ou Le grand détournement. Bide oblige,
Les clefs de bagnole n'eut qu'une exploitation éphémère, Qu’importe, on lui vouera encore un culte dans les vingt prochaines années là où moult pitreries populaires ne vaudront plus tripette depuis bien longtemps. Succès vidéo nécessaire et couru d'avance, ce n'est même plus la peine d'attendre des lustres avant d'acquérir un vrai, un grand, un énorme monument de comédie puisqu'il est désormais à la portée de tous.
femmes de lombre
LES FEMMES DE L'OMBRE : Etonnamment classe
Jean-Paul Salomé, cinéaste responsable des tristes
Belphégor et
Arsène Lupin revient avec un film de guerre pas comme les autres racontant les actions d'un groupe de résistantes composé de
Sophie Marceau,
Julie Depardieu,
Marie Gillain et
Déborah François... Joli casting et sujet excitant pour un réalisateur qui n'avait pas encore réussi à nous convaincre de son talent ni même de ses capacités à mettre en scène correctement et sans bavures un simple scénario. Et pourtant, ces femmes de l'ombre semblent promettre un nouveau départ dans la carrière de Salomé car il réussit, contre toute attente, à réaliser un film élégant et bien ficelé ! Qui l'eut cru ? Entre l'espoir d'une intervention divine et le fatalisme du sinistre critique, le nouveau film de
Jean-Paul Salomé n'était pas forcément attendu pour relever le niveau actuel du cinéma français. Et pourtant. A force de travail et d'introspection, il semblerait que le réalisateur ait réussi à trouver un certain équilibre dans son cinéma et nous offre avec son dernier film une oeuvre populaire et raffinée. Se rapprochant désormais d'un
Jean-Paul Rappeneau sur la forme mais toujours un brin maladroit sur le fond, Salomé réalise néanmoins un film d'aventures romanesque d'une vivacité étonnante... Entre hommage aux films de guerre des années 1950 et goût pour un cinéma populaire, Femmes de l’ombre est une jolie façon de faire du cinéma, éloignée de toute volonté de réalisme mais renouant avec une certaine mythologie glamour de la pellicule...
LOST & FOUND : A peine classe
Lost & found veut surfer sur la vague ''
Mary à tout prix'' en utilisant le chien à qui l'on fait tout subir. Malheureusement ce film ne va pas assez loin dans le délire, reste coincé au stade de la comédie romantique.
Lost & found n'est qu'une autre comédie neuneu trop prévisible. Mais malgré tout un agréable moment en compagnie de nos deux stars françaises : la belle
Sophie Marceau et
Patrick Bruel - qui trouve d'ailleurs ici son meilleur rôle – une vedette imbue d’elle-même - depuis un bon moment.
A l’inverse
David Spade, pourtant habitué à la comédie (il sort tout droit du Saturday Night Live), semble lui enfermé dans un carcan scénaristique trop strict qui ne lui permet pas de délirer complètement. A noter les petits caméos de John Lovitz en psychanalyste pour chien et
Martin Sheen en banquier.
lol
LOL : Générationnellement classe
"Dreams are my realityyy"... Voilà un air longuement fredonné lors de nos premières surprises party et autres flirts, après avoir découvert le célèbre film réalisé par
Claude Pinoteau en 1980,
La Boum. La scénariste et réalisatrice
Lisa Azuelos semble également être passée par là, et nous offre, en guise d'hommage, deux ans après le succès de Comme t'y es belle ! (Plus de 900 000 spectateurs), une comédie incroyablement efficace intitulée
Lol, où elle porte un regard à la fois tendre et original sur la jeunesse d'aujourd'hui. Au final, on en sort "MDR", non sans essuyer une petite larme de nostalgie... Sans doute parce que Lol, et sa relation entre une mère (Marceau) et sa fille adolescente (Christa Theret), mais aussi sa propre mère (Françoise Fabian), a des airs de prolongations – et de mise à jour -de
La boum.
Lisa Azuelos accouchant d’une comédie réaliste, sobre et intelligente, opposant deux (voire trois) générations de femmes, chacune pourtant détentrice de problèmes identiques. En somme, les sentiments n'ont pas évolué…
ANNA KARENINE : Pas classe
Film parmi les plus mauvais dans lesquels
Sophie Marceau ait tourné,
Anna Karénine sonne dans la filmographie de notre belle ado de
la Boum comme une sinistre parenthèse. Excessive et sans cesse dans l’emphase grossière, cette dernière ne parvient jamais à incarner ce personnage marquant de la littérature mondiale. Ainsi, trahissant celle qu’elle doit incarner,
Sophie Marceau sombre dans un jeu porté sur l’emphase et une dramatisation de ses effets qui fait de sa prestation l’une des plus ampoulées et théâtrales qui soient. Permettant avec l’aide du cinéaste qui signe le film et dont on taira le nom, l’une des plus mauvaises adaptations du cinéma français de la précédente décennie, la divine étudiante essuie avec ce métrage, un échec critique et commercial qui laissa des traces.
par dela les nuages
PAR DELA LES NUAGES : classe
Tourner pour feu
Michelangelo Antonioni est une bénédiction que nombre d’acteurs ont recherchée,
Sophie Marceau pour sa part gagna ce bonheur en interprétant une jeune femme aussi désirable que complexe dans le très beau
Par delà les nuages. Profitant d’une photographie soignée et d’une localisation de tournage idyllique, notre égérie cinématographique nationale s’épanouit magnifiquement aux côtés de Kim Rossi Stuart et du trouble
John Malkovitch. Parfois en retrait mais très réactive, elle incarne ici l’un de ses rôles les plus effacés, et surtout l’un des premiers où son jeu s’essaie à une intériorité aussi marquée que rare dans sa filmographie d’alors. Sensuelle et pourtant sombrement équivoque, elle rayonne sur ce film qui la fait entrer dans une autre dimension de la comédie en tant qu’art de la composition. Préfigurant le meilleur de sa filmographie et annonçant à sa manière la vénéneuse attirance qu’elle saura créer dans
La fidélité,
Sophie Marceau n’est que séduction, muse du Dieu Antonionien et question ouverte posée au spectateur. Grand !
Dossier supervisé par Alex Masson, avec la participation de Jean-Baptiste Guégan.
RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT