toutes les news IL ETAIT UNE FOIS... L'ANGE IVRESommaireDEARS VOL.3 : LE TEST DVD

LE COIN DU CINEPHILE : HARDWARE (RICHARD STANLEY)

Hardware, Mark 13 de son titre d'origine (le nom d'une machine à tuer qui trucide tout ce qui a le malheur de bouger et qui a un drapeau américain tatoué sur le crâne), commence là où un Miracle Mile s'arrête: avant et après la peur d'une apocalypse imminente. Faute de moyens, ce n'est peut-être pas le film qu'il aurait dû être ou, du moins, qu'on a essayé de vendre (un hybride entre Blade Runner et Terminator). C'est sans doute mieux: dans le contexte de la série B cheap, ce film aux accents lyriques et gore, prix des effets spéciaux en 1991 au feu festival d'Avoriaz, révèle des qualités insoupçonnables et plutôt attachantes qui donnent envie de le défendre. Au fil des années, Hardware s'est constitué un petit public de cinéphiles qui le défendent bec et ongles. Petit à petit, il est arrivé à un stade où certains vont jusqu'à considérer cette histoire de robots comme l'un des parangons du genre cyber punk.



"La réussite du film - qui a les défauts de ses qualités -vient de la faculté du cinéaste à recréer un monde cyberpunk plutôt original même si certaines de ses influences sont trop visibles"

A 25 ans, le débutant Richard Stanley (Le souffle du diable) réalise Hardware, un film de science-fiction sauvage, désabusé et très attachant qui descend de cette lignée de petits films confidentiels réalisés selon les règles du système D: il est possible de faire du travail proprement exécuté et efficace même avec trois francs six sous. Représentant de cette mouvance esthétique, ce produit de jeunesse très gourmand essaye de s'accommoder de son manque de moyens par de l'astuce et des inventions éminemment formelles, jusque dans des effets que l'on peine à qualifier autrement que de «clippesques». L'histoire ? La nuit de Noël, après une guerre nucléaire, un couple va devoir affronter un cyborg tueur qui a survécu au cataclysme. Si l'action se passe dans un contexte futuriste apocalyptique où les machines semblent avoir pris le pouvoir sur l'humain (thème essentiel d'un récit de science-fiction), la surprise vient de la dramaturgie qui se déroule dans un petit appartement, ce qui permet au réalisateur de plaquer les codes du huis clos sur ceux de la science-fiction et du survival.



La réussite du film - qui a les défauts de ses qualités -vient de la faculté du cinéaste à recréer un monde cyberpunk plutôt original même si certaines de ses influences sont trop visibles: impossible de ne pas penser à Alien, notamment pour le personnage principal féminin et surtout le parallélisme entre le vaisseau et l'appartement où deux femmes (Jil et Ripley) vont devoir se battre et se mouvoir dans un espace confiné face à une terreur omnipotente. Le sens aigu de l'espace est un héritage de John McTiernan période Prédator (Richard Stanley lance même un clin d'oeil au film lorsque le personnage cherche à se réfugier pour fuir le robot à fortiori invincible). L'imagerie singulière et le jeu sur les couleurs saturées rappellent les gialli d'Argento et la perversité du robot, un lien lointain avec Generation Proteus dans lequel une femme était déjà séquestrée par un robot aux pulsions sexuelles. Mais au-delà des références, il en émane une graine de culte avec notamment l'apparition d'un des membres du groupe Motorhead ou l'utilisation de la voix d'Iggy Pop.

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KLAATU III Faux film culte ou vrai nanard ??    02 oct
 


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