LA NUIT DE L'IGUANE : GRANDS CLASSIQUES
Tout sur LA NUIT DE L'IGUANE - Photos - Le 2009-03-02 00:46:31LA NUIT DE L'IGUANE de john huston
Adapté de l'oeuvre de Tennessee Williams, on y retrouve toute la fièvre du dramaturge, mais également une atmosphère jubilatoire et un brin décadente que l'on doit à des comédiens extrêmement charismatiques et à l'ambiance de troupe que Huston faisait régner sur son plateau. L'atmosphère était pourtant tendue entre des natures extrêmement fortes. Le réalisateur pour apaiser les tensions, avec un sens de l'humour particulier, offrit des pistolets d'or à chaque comédien avec des cartouches gravées au nom de chacun. Il s'amusait clairement de cette tension et il est indéniable qu'elle sert fort bien son film. L'ironie du cinéaste s'allie à merveille avec l'intensité de Williams et ses personnages nerveusement à vif.
Contrairement à l'atmosphère habituellement confinée des histoires de l'homme de théâtre (comme la moiteur glauque de Un Tramway nommé désir), Huston tourne en extérieurs, au Mexique, dans un lieu qui lui est agréable (on songe inévitablement au personnage de Clint Eastwood dans Chasseur Blanc, coeur noir). On est en 1964, après l'ère des grandes adaptations de Williams (Soudain l'été dernier, la Chatte sur un toit brûlant ou l'Homme à la peau de serpent). On sent dans ce film une malice et une espièglerie finalement assez surprenantes, une irrévérence assez bienvenue de la part du cinéaste et de ses acteurs.
LA NUIT DE L'IGUANE de john huston
Cela commence avec Richard Burton, pasteur lors de son dernier prêche à l'église dont il est expulsé après avoir cédé aux charmes d'une jeune femme qui s'offrait à lui (c'est clairement suggéré même si on ne le voit pas). Sans être défroqué, il fulmine les bons chrétiens qui ont troqué leur Dieu de compassion contre une divinité vengeresse et se dépeint comme une victime. Là, Burton est immense, dans un registre qu'il affectionne, une expressivité poussée, presque comique et parodique. Il est d'une trempe d'acteur assez rare: il a l'art de trop en faire et de demeurer juste. En l'occurrence son exaltation, son exagération et son cabotinage servent fort la confusion de ce personnage nommé Shannon, en perdition. Il exprime en permanence un désespoir outrancier. Il est assez pathétique, notamment lorsqu'il parle de lui-même à la troisième personne. Le regard fou et le sourire canaille de l'acteur, sa fureur et son côté incontrôlable donnent son ton au film. Il tient là l'un de ses grands rôles, avec cette même folie que celle dont il fera preuve dans Qui a peur de Virginia Woolf ? de Mike Nichols.
![]() | ||
























