LES REALS FRANCAIS A HOLLYWOOD
Tout sur BABYLON A.D. - La Critique - Photos - Le 2009-03-02 00:48:03BABYLON A.D. de mathieu kassovitz
Babylon A.D. est l'un des deux métrages hollywoodiens de Mathieu Kassovitz, cinéaste vedette de toute une génération de réalisateurs français. Auréolé de plusieurs prix tout au long de sa carrière (Prix de la mise en scène au festival de Cannes en 1995 pour La haine ; plusieurs nominations aux César...) et soutenu par une réputation prestigieuse due à des prestations en tant qu'acteur (Amen ; Le fabuleux destin d'Amélie Poulain...) et à plusieurs réalisations remarquables (Assassins ou même le polar français Les rivières pourpres), Kassovitz aura fini par céder aux sirènes hollywoodiennes. Il signe tout d'abord Gothika puis ce fameux Babylon A.D. Blockbuster ayant pour vedette le musculeux Vin Diesel mais surtout adaptation d'un roman de Maurice G. Dantec, le film ne sera pas passé inaperçu pour deux raisons. Tout d'abord, il s'agit d'un sympathique divertissement au casting international (Gérard Depardieu, Michelle Yeoh, Charlotte Rampling...). Mais celui-ci sera, comme beaucoup le savent déjà, gentiment désavoué par son réalisateur qui pointera du doigt les agissements des studios allant à l'encontre de ce qu'il aurait dû être. Chose amusante : tandis que le jeune homme osait dénoncer une expérience désagréable (comme d'autres précédemment), certains se complaisent dans le système des studios. Mieux encore, le phantasme suprême pour une grande majorité des jeunes artistes est d'aller mettre en boite un projet outre-Atlantique. Alors ? Où est la vérité ? Entre les mauvais épisodes et les révélations positives, que veulent réellement nos réalisateurs français ?
BABYLON A.D. de mathieu kassovitz
Car si la donne actuelle semble être plutôt en faveur des majors américaines, beaucoup révèlent au fur et à mesure leurs désillusions... Et cela n'est pas une nouveauté ! Déjà dans le courant des années 40, le cinéaste Jean Renoir faisait les frais d'un autre système créatif. A l'occasion de son premier film américain (il en réalisera six), il s'opposait déjà aux producteurs qui possèdent un pouvoir sur le métrage bien plus important que les possibilités de ces derniers en France. En contrat avec la Fox, il est obligé de revoir l'intégralité de L'étang fragile pour lequel il doit retourner de nombreux plans. Et même s'il obtient quelques années plus tard, en 1946, l'Oscar du meilleur réalisateur pour L'homme du sud, les films qu'il réalise aux Etats-Unis sont sans cesse confrontés à l'échec en salles. Apprécié mais renié par ses amis américains qui ne le considèrent pas comme un collaborateur de la même école, Renoir finira par conclure son périple dans un système qu'il n'aura jamais compris et à rejoindre l'Europe après avoir réalisé Le fleuve en Inde. Le bât blesse donc dès ce premier exemple : comment se fait-il qu'un réalisateur aussi important que Jean Renoir ne trouve pas son compte dans un milieu qui se veut être le représentant le plus important (en terme de réussite lucrative) au monde ? Sans doute parce que là-bas, le cinéma est adopté comme une industrie à par entière et non pas forcément comme un art... Jeannot Szwarc, lui aussi, en sait quelque chose puisque ses tentatives au pays de l'Oncle Sam se révéleront être de gentilles commandes. Entre le plutôt amusant Les dents de la mer II et la variation ktyptonienne Supergirl, le bilan reste plutôt mitigé.
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