
AVIS A CHAUD : DIARY OF THE DEAD, LE NOUVEAU ROMERO
Tout sur DIARY OF THE DEAD - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00DIARY OF THE DEAD
Un film de George A. Romero
Date de sortie : février 2008
L'HISTOIRE : Des étudiants en cinéma décident de tourner, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget. Tombant de manière assez impromptue sur un soulèvement de morts-vivants, ils sont témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant. Ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés. Ils tentent de rendre ainsi compte de la situation apocalyptique et de l'appétit féroce des revenants dans un style " cinéma-vérité " documentaire à la première personne.
AVIS A CHAUD : George Romero ne veut pas qu'on le résume à un cinéaste politique. Pour lui, ce qui prime, c'est le divertissement. C'est du moins ce qu'il répète en présentant Diary of the dead qui, comme son titre l'indique, ressemble au journal vidéo d'un étudiant de cinéma qui du jour au lendemain se rend compte avec son équipe que les scènes fantastiques qu'il réalisait pénètrent son quotidien. L'argument qui place ce film comme l'un des opus les plus singuliers du maître Romero permet au réalisateur de Land of the dead de fréquenter une zone quasi-expérimentale au bon souvenir de Martin (dissection du genre horrifique) et de faire le film qu'il a toujours voulu faire depuis La nuit des morts vivants (ça aussi, c'est lui qui le dit). C'est moins une redite de ses précédents films qu'une réflexion sur la vie et la mort, au cinéma comme ailleurs.
Les événements sont intégralement retranscrits à travers la caméra, les raccords permettant de créer des ellipses. Les personnages sont plus dans la discussion posée que l'action irréfléchie, plus proches de la vie de tous les jours que des superhéros improbables. Romero s'attache à la dimension humaine avant de céder aux rebondissements et autres bifurcations gores. C'est un choix assez étonnant, car on ne s'y attend pas. C'est aussi un peu laborieux. Diary of the dead multiplie les mises en abyme (comme dans Redacted, de Brian De Palma, on voit des petits films diffusés sur YouTube) pour montrer que la diffusion des informations est plus rapide sur le net qu'à travers les médiums les plus populaires. Le recours à la caméra subjective permet non pas de rapprocher le spectateur de l'horreur et du suspense - contrairement à [Rec.] - mais de ressentir le choc intérieur de personnages familiers.

Ce qui est jouissif, c'est l'innocence roublarde de Romero qui met en scène des personnages avec un grand sens du réalisme, comme si c'était la première fois qu'ils voyaient des zombies. Avec un plaisir toujours renouvelé de l'expérience. En se contrefoutant des clichés. En fonctionnant sur tous les degrés. Une rencontre avec un fermier sourd-muet rappelle qu'il n'a rien perdu de son humour et une fin explicative (le pourquoi des zombies) pimente une oeuvre mineure et trèèèèèèèès démonstrative. Audacieuse malgré tout de la part d'un Romero pas fou et pas bègue.
Romain Le Vern
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