Gilles Botineau 7
BELLAMY
Un film de Claude Chabrol
Avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, François Cluzet, Jacques Gamblin, Adrienne Pauly, Rodolphe Pauly, Marie Matheron, Marie Bunel, Vahina Giocante
Durée : 1h50
BELLAMY de claude chabrol
Le commissaire Paul Bellamy débarque à Nîmes pour ses vacances annuelles, où il séjourne dans la maison de famille de sa femme Françoise. Celle-ci ne rêve que d'une chose : partir en croisière au bout du monde. Seulement Paul ne supporte pas les voyages. Il lui faut donc trouver une solution. C'est alors qu'un double prétexte vient le sauver de cette situation : tout d'abord l'arrivée inopinée de son demi-frère, Jacques, alcoolique et rêveur, puis l'apparition d'un mystérieux personnage qui lui réclame sa protection. Dans son désir empathique d'aider les uns et les autres, Paul se retrouve ainsi rapidement mêlé à diverses histoires, où il est question d'argent, de mensonges, mais aussi de meurtre. Une nouvelle enquête commence alors pour ce commissaire en vacances, secondé par sa propre épouse.
Le réalisateur attendait cette rencontre depuis des lustres. Il a tourné avec les plus grands de son époque, de Jean Yanne à Philippe Noiret, en passant par Jean-Claude Brialy, Michel Serrault et Jean Poiret, sans oublier Jean-Paul Belmondo. Il lui en manquait encore un : Gérard Depardieu. C'est désormais chose faite. Chacun apporte donc à l'autre son talent et son savoir-faire sans le moindre relâchement. Ainsi, Chabrol ne quitte quasiment jamais son acteur du regard (par le biais de sa caméra), et filme avec magnificence sa carrure de plus en plus impressionnante. Depardieu se promène alors de décors en décors, alternant huis clos et paysages de grandes envergures.
BELLAMY de claude chabrol
Les répliques écrites par le cinéaste, avec l'aide de sa complice Odile Barski, sont d'une ciselure parfaite et l'acteur les joue avec une légèreté déconcertante, si bien que même les phrases les plus banales nous apparaissent souvent comme d'agréables mélodies. Face à lui, Chabrol oppose le génialissime Jacques Gamblin, dont la gentillesse et la douceur légendaires sont ici effacées au profit d'un personnage beaucoup plus sombre voire torturé. Cela n'enlève rien de son talent mais au contraire lui en apporte davantage, le comédien dévoilant de nouvelles facettes jusqu'ici inconnues ou si peu. Il réserve par ailleurs de nombreuses surprises tout au long du film. De la même façon, Clovis Cornillac surprend par un jeu moins outrancier qu'à l'accoutumée et se révèle largement à la hauteur dans le rôle du demi-frère. Sa "gueule" et son physique se situent dans une parfaite logique par rapport à Depardieu. Nous retrouvons enfin pour notre plus grand plaisir la comédienne Marie Bunel. Fidèle au cinéaste, elle tourne pour la quatrième fois sous sa direction, et forme avec notre "Gégé national" un couple d'une rare tendresse. Chabrol propose donc un sans-faute côté casting, et le confirme dans une direction d'acteurs à la limite de la perfection.
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