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GORE GORE GORE : SURPRISES DU CINEMA FANTASTIQUE ET TRASH

GORE GORE GORE : SURPRISES DU CINEMA FANTASTIQUE ET TRASH

Tout sur MIRRORS - La Critique - Photos - Le 2008-08-07 15:49:03


En attendant la sélection du prochain festival de Sitges, nous avons répertorié pour vous les films gores/fantastique/trash qui risquent de marquer les esprits avant la fin de cette année. Pour que le guide soit plus ludique à la lecture, nous avons agrémenté les films que nous avons déjà vus de petites étoiles pour déterminer leur intensité que ce soit dans le gore, le trash, l'érotisme et le fantastique. Avant d'évaluer la qualité du film. Amusez-vous bien.




let the right one in

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LE COUP DE COEUR : LET THE RIGHT ONE IN
LE MEILLEUR FILM DE VAMPIRES DEPUIS AUX FRONTIERES DE L'AUBE

Après l'Espagne, la Suède serait-elle en passe de devenir le nouveau territoire des valeurs montantes du cinéma de genre ? Pour cela, il faut que tous les films en provenance des terres Bergmaniennes se révèlent à la hauteur de ce Let the Right one in, troisième long métrage hallucinant de Tomas Alfredson. Ne vous fiez pas aux apparences : ce cinéaste inconnu au bataillon (il n'a réalisé que deux longs métrages) vient juste de réaliser le meilleur film de vampires de ces dix dernières années. Comment ? En racontant la réunion romantique et sensible de deux jeunes abandonnés de l'existence. En filmant comme un Kubrick sous acide voire un Haneke sans le côté théorico-moralisateur. En zoomant sur des babines sanguinolentes sans avoir peur d'être audacieux ou de paraître trop décalé. En assumant tout (pulsions inavouables de personnages hors normes, situations grand-guignolesques). Oui, c'est en ne respectant pas les limites qu'on arrive à inventer de nouvelles formes. Et de toute évidence, Alfredson vient de révolutionner quelque chose ! Pourvu d'une virtuosité formelle et d'une rigueur narrative implacables, cet uppercut venu du froid n'a besoin d'aucune comparaison pour imposer son atmosphère envoûtante, sa pudeur déchirante et son secret vital.



let the right one in

Là où certains films de genre finissent par sacrifier leur originalité sur l'autel du consensus mou et du cahier des charges calibré, Let the Right One In, du jeune et gravement prometteur Tomas Alfredson, propose une alternative incroyable à ce système déprimant ! A sa manière, il vient rétablir quelques vérités (oui, il est possible de faire nouveau sur un canevas rompu aux lieux communs) et de redonner un peu d'espoir aux aficionados craignant que le genre ne se réduise désormais qu'à de la caméra subjective, de l'humour cynique ou des débordements gores en guise de scénar. Contrairement à ce que l'on pourrait croire au prime abord, il ne s'agit pas d'une tentative auteurisante de cinéma de genre... Dès les premières images, on subodore juste un film pas comme les autres : Oskar, gamin blond au physique inquiétant (entre innocence et diablotin), se balade avec un couteau torse nu dans un appartement déshumanisé et s'imagine qu'il assassine ses camarades de classe. De sa fenêtre, il contemple la neige. Le néant blanc de sa courte vie à se flinguer. A l'école, ses camarades prennent un malin plaisir à le coincer dans les corridors et à l'humilier comme une truie. Le soir, il se réfugie dans son monde intérieur. Let the right one in, portrait d'un ado autiste ? Pendant ce temps, un homme inquiétant zigouille d'autres hommes en les suspendant dans le vide et en les vidant de leur sang. En pleine forêt ou dans les vestiaires d'un gymnase. Let the right one in, portrait d'un tueur en série ? Pendant ce temps bis, une jeune fille très mystérieuse marche dans la neige, ne ressent rien et se mue en monstre dès lors qu'elle trouve une proie. Let the right one in, monster movie ? Trois histoires en une ? Triptyque ? Non, c'est plus - mais tellement plus - que ça. En substance, l'intrigue s'articule autour d'une pelleté de personnages (une gamin blond et torturé, une gamine atteinte d'un mal incurable, un vieux serial killer au bout de son rouleau existentiel, des camarades de classe belliqueux, un homme qui cherche à venger son meilleur pote, une femme mordue...), les situe dans un contexte réaliste pour que l'action épouse la pale quotidien, instille une tension angoissante graduellement, raconte des histoires d'amours impossibles (un père pour son enfant, ce genre) et relate des métamorphoses aussi lentes que mutantes où tout passe par le tremblement intérieur. Tomas Alfredson, fracassante révélation qui témoigne présentement d'une intelligence de cinéma à travers des plans extrêmement travaillés et surtout une capacité à créer une atmosphère émolliente contribuant à ce que chaque séquence marque par son intensité, les isole dans un premier temps pour les introduire avant de les rassembler pour les confronter au fantastique et à l'horreur. Oskar et Eli, les deux jeunes protagonistes qui se consumaient d'ennui, se rapprochent pour mieux mesurer ce qui les éloigne du reste du monde. Peut-être irrémédiablement. Le rôle des parents n'apparaît qu'en filigrane : ils sont soit inexistants (dans le cas de Oskar), soit essentiels à la survie de leurs progénitures (le père de Eli).


let the right one in

On ne saura jamais vraiment d'où provient la malédiction ; et ce n'est clairement pas ce qui nous intéresse. Le réalisateur non plus. De même que la surenchère crapoteuse et le coup de poing dans la gueule trash ne sont pas ses priorités. En revanche, les maux indicibles qu'on ne clame pas, les traces d'amour dans un écrin inerte, la peur au ventre qui empêche d'être bien dans sa tête et son corps, l'angoisse du regard des autres, l'incapacité totale à s'épanouir, le plaisir dans la souffrance et la transgression ou encore les visions purement mélancoliques comme la neige qui tombe sont des sujets qui semblent le toucher de très près. Les corps pas encore adolescents d'Oskar et Eli - l'un voit d'ailleurs à un moment la nudité troublante de l'autre - révèlent une certaine imperméabilité au récit, à la narration linéaire. Tancé entre la force centripète du repli sur une intériorité en ébullition et la force centrifuge d'un collectif qui pulvérise et recompose à l'infini son identité, l'intrigue grandit, sans jamais sortir de cet état intermédiaire d'une enfance accrocheuse et n'avance qu'au rythme d'arabesques envoûtantes. Ce qui impressionne le plus ici, ce n'est pas tant l'acuité mais le ton unique qui passe au hachoir les us et coutumes du film de vampires entre respect des conventions, refus des facilités et absence totale de distanciation. Ce qu'il y a de plus beau ici, ce sont les longueurs qui laissent le temps au jeune Oskar de se métamorphoser et de s'armer contre l'horreur d'un monde qui ne fait pas de cadeau et où l'entraide est bannie du vocabulaire. Et ce qui s'annonce au départ comme le portrait d'un adolescent mal dans sa peau devient au final une tragédie Shakespearienne foisonnante et dense, au romantisme rutilant.
Toutes les morts du film sont mémorables. Parce qu'elles sont rares et espacées. La violence surgit de manière inattendue dans un contexte très réaliste et en même temps stylisée (la combustion d'une femme mordue au cou et précédemment attaquée par des chats, au contact du soleil, deux séquences très impressionnantes). Les cadres, le découpage et les mouvements de caméra obéissent à une dialectique extrêmement précise. A l'origine, la substance narrative, riche et complexe, est assurée par John Ajvide, scénariste et déjà auteur du roman dont le film est adapté. Architecte du temps et de l'espace, entre progression dramatique par accumulation de blocs d'affects, écoulement du temps à l'intérieur du plan et attention extrême pour les errances mentales et les dérèglements du corps des personnages, Tomas Alfredson bâtit son univers où chaque élément (son, durée des plans, hors-champ) renvoie à l'autre dans une discrète et inquiétante harmonie. Partant du scénario déjà très elliptique et jamais démonstratif, il élague la rhétorique inutile, la poésie niaiseuse et isole les figures les plus distinctives du genre vampirique pour les grossir ou les massacrer. On ne voit pas tous les jours un film de vampires dans lequel le vampire demande à l'humain de "l'accepter" chez lui - une idée pas exploitée au cinéma qui justifie le titre ("Let the right one in"). D'autres artifices qui relèvent de la dramaturgie classique étendent le pouvoir d'attraction de cette aventure exotique au-delà du seul cercle de spécialistes. Les scènes se déroulant dans l'hôpital où le père de Eli est interné fonctionnent extrêmement bien parce qu'elles sont à la jonction de ces deux mouvances avec la justesse adéquate, sans en faire trop: entre Grand Guignol assumé et témoignage d'amour viscéral. Le réalisateur Suédois n'a rien laissé au hasard: il a projeté une force hallucinante à travers un discours extrêmement déterminé (il sait ce qu'il veut). Son cinéma opère dans un registre sensoriel, utilisant toutes les ressources des images et du son; son discours est construit sur une rigueur, une logique, un vocabulaire précis et des notions abstraites. Chaque séquence a un sens. Rien n'est gratuit. A chaque fois, Tomas Alfredson accomplit des prouesses pour mêler le texte et l'image. Idéal pour rendre compte de la profonde mélancolie qui inonde ce film comme un torrent de douleur. On peut également y voir une fascination réflexion sur la manière dont les personnages communiquent entre eux. Tout passe par les regards, les gestes, les maladresses. Comme cette scène où Oskar débarque chez son père, ressent des sentiments qu'il n'explique pas et comprend finalement plus de choses que les adultes. Entre Oskar et Eli, la communication passe par l'alphabet morse où chaque impulsion, courte ou longue, rythme les battements de coeur d'une relation exclusive et marginale. La dimension sexuelle n'ayant plus aucune importance: ils sont au-delà de ça. C'est aussi une manière de sous-entendre qu'il est possible de dire beaucoup avec peu de mots. Pour toutes ces raisons, Let the Right one in ressemble à un crépuscule qui fout les jetons où le chaos des genres (film de vengeance, fantastique, horreur, social, drame, mélodrame) débouche sur quelque chose d'unique. "Unique", adjectif de plus en plus rare pour qualifier une oeuvre aujourd'hui. La découverte est comparable à celle des premiers Park Chan-Wook avant la révolution OldBoy. Si Tomas Alfredson livre un nouveau long métrage de cette envergure, pas de doute: il faudra compter avec lui ses prochaines années. En l'état, Let the right one in est la meilleure variation vampirique depuis La sagesse des crocodiles et Aux frontières de l'aube. Grand film de vampires ? Oui. Et grand film tout court.

FANTASTIQUE



TRASH



GORE



FRISSON



EROTISME



QUALITE DU FILM





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sauron1968 Mouais    08 aout
 


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