LES VOYOUS DES ANNEES 70 : EVOLUTION D'UN GENRE
Tout sur MESRINE : L'ENNEMI PUBLIC NUMERO 1 - La Critique - Photos - Le 2008-08-22 07:11:28Nicolas Boukhrief
mesrine
A l'heure où le cinéma français s'enorgueillit du grand succès de Bienvenue chez les ch'tis et que les lieux publics raisonnent de tonitruants « biloute ! » comme de « okaaaay » à une autre époque, il ne faudrait pas le réduire à cela. Car une évolution importante est en marche, en particulier dans le domaine du polar et plus précisément des films de gangsters. Le phénomène est assez récent, on en a vu la manifestation dans Les Liens du sang, Sans arme ni haine ni violence et dans le prochain et très ambitieux Mesrine de Jean-Claude Richet en deux parties (L'instinct de mort et L'Ennemi public n°1).
Le cinéma français ose enfin puiser dans l'actualité et ses figures controversées, ce qui est d'ordinaire l'apanage du cinéma américain (comme on l'a vu encore récemment dans American gangster). Il assume ainsi une noirceur qui apporte des changements stylistiques majeurs. Cela marque le renouveau d'un genre. Les sujets sont traités d'une manière de plus en plus frontale, sans concessions. Le film en deux parties de Richet devrait en apporter la preuve. A la vue de ses premières images, on songe aux scrupuleuses reconstitutions que proposèrent le Munich de Spielberg ou le Zodiac de Fincher. Mais avec Mesrine, le « voyou » est au centre, charismatique et hors du commun. Il semble dicter le ton du film. Le cinéma français a cette constante : que ça soit Cluzet et Canet dans Les liens du sang, Rouve en Spaggiari ou Cassel en Mesrine, on est devant des personnages qui portent un film de manière viscérale.
liens du sang
Le cinéma français a depuis longtemps des figures de hors la loi extrêmement charismatiques. On peut citer à titre d'exemples emblématiques le Samouraï de Melville ou encore Borsalino de Jacques Deray, tous deux avec Alain Delon dans des rôles qui sont importants dans sa carrière. Rarement pourtant on s'est aventurés à rendre compte d'une histoire vraie. Il y eut pourtant quelques films de cet ordre, comme Le juge Fayard dit le Shérif de Yves Boisset avec Patrick Dewaere (il s'agissait d'un juge, je vous le concède, mais victime des malfrats qu'il poursuivait). Cependant jamais ces films ne firent école. On rendait compte avec sobriété d'une histoire véridique sans solliciter beaucoup le potentiel cinématographique qu'elle pouvait avoir. On sentit récemment une évolution avec le 36, quai des orfèvres d'Olivier Marchal qui s'inspirait de faits réels (la rivalité entre les services de police) mais qui posait également un univers noir et violent, qui n'était pas sans rappeler Michael Mann. On sortait de l'exposition des situations pour aller au coeur des consciences.
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CINE : SANS ARME NI HAINE NI VIOLENCE La première réalisation de Jean-Paul Rouve, consacrée au gangster Albert ... | ||
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