LES GRANDS CHANGEMENTS DE VIE AU CINEMA
Tout sur LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE - La Critique - Photos - Le 2009-01-30 09:14:58LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE de rémi bezançon
Réaction contre une normalité oppressante
Souvent, la prise de conscience est grave, entraînée par une situation suffisamment dramatique, un moment où le quotidien vole en éclats. C'est le cas dans Le Dictateur de Charles Chaplin en 1940 où un petit barbier juif est persécuté par les sbires de Hynkel (inspiré de Hitler) dont il est le sosie. Ainsi ce candide est pris dans le tourbillon de l'histoire et devra prendre la place du tyran. Ce personnage humble et sans histoires, qui a toujours subi l'existence, délivrera alors un message d'humanité. Dans son bouleversant discours final, il se met à la hauteur des circonstances. C'est comme si le vagabond Charlot tombait le masque et délivrait les convictions humanistes de Chaplin. L'heure était assez grave pour qu'il prenne enfin la parole (le cinéaste ayant longtemps été réticent à adopter le parlant).
Le héros de La Vie est belle de Capra a un problème presque inverse. Lui avait rêvé d'une autre vie, faite de voyages et d'aventure. Son individualité étouffe au milieu des responsabilités (créées par sa famille, ses enfants, son travail). James Stewart se rebelle contre l'ordre des choses. Il faut une intervention extraordinaire (celle d'un ange gardien) pour qu'il ne plaque pas tout de la manière la plus définitive qui soit. La norme doit craquer, le bonheur standard voler en éclats pour que le héros retrouve sa légitimité et le goût de vivre. Alors seulement, il peut retrouver la paix.
la vie est belle
Dans American Beauty en 2000, Kevin Spacey est l'incarnation même de l'homme ordinaire, humilié de toutes parts, méprisé par sa femme et sa fille, piétiné au boulot. Mais touché par la grâce d'une blonde nymphette pour qui il va avoir des pensées impures, il va se reprendre et remettre en cause son mode de vie tout entier. Ainsi, il va quitter son job inintéressant avec fracas, dire tout ce qu'il a sur le coeur, s'imposer et avoir le courage d'être lui-même. Cela va créer un véritable cataclysme dans la vie bien rangée de sa femme rigide. Spacey compose d'abord un personnage éteint, perpétuellement ennuyé, qui, peu à peu, revient à la vie. C'est une charge contre le conformisme absolu, l'idéal de bonheur standard des banlieues américaines. On trouve déjà là une grande préoccupation du cinéaste Sam Mendes. Il continue d'ailleurs de l'explorer dans Les Noces rebelles.
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