Florent Kretz 7
PUSH
Un film de Paul McGuigan
Avec Dakota Fanning, Chris Evans, Djimon Hounsou, Camilla Belle, Cliff Curtis, Maggie Siff, Colin Ford, Joel Gretsch, Neil Jackson, Nate Mooney, Scott Michael Campbell, Hal Yamanouchi
Durée : 1h50
Sortie cinéma France : 4 Février 2009
PUSH de paul mcguigan
Push est un film comme on aimerait en voir plus souvent : surfant sans honte sur une vague ultra sollicitée, il cherche avant tout à trouver une place confortable en tant que métrage avant de se la jouer bête commerciale. Et si on aurait tendance à rejeter légitimement une énième resucée de l'univers super héroïque, on se ravisera aussitôt après la scène d'ouverture. Car, s'il est vrai que la principale difficulté dans cette exercice est de parvenir à se montrer original, il remplit sa tâche simplement sans excès et on lui accordera même une certaine sympathie que l'on avait pas daigné proposer à ses prédécesseurs. Explications.
PUSH de paul mcguigan
Impossible de passer à côté des frasques des super héros et autres hommes en collant. Hier, considéré comme le refuge de marginaux s'adonnant à la fascination et au culte des demi dieux, le comics se sera vu mis à la mode grâce à des adaptations plus "grand public" que profondément fidèles, combien même elles en respectaient les grandes lignes. Puis vint l'ère où se passionner pour le mythe du sauveur eut le vent en poupe au point que tout fut bon (ou pas) à adapter, le film se faisant plus tremplin commercial potentiel que véritable appel à la lecture des planches fascinantes. A quelques exceptions près, les propositions n'étaient que rarement muées d'une vision... Hors, nous sommes aujourd'hui à un tournant fatidique sonnant peut être le glas pour les prochains essais, celui décrivant une situation plus ou moins grotesque. Nous sommes à un point mettant en exergue un nouveau genre d'histoires : elles se veulent du répertoire du comics mais n'ont jamais pour autant lorgné dedans; elles en reprennent les codes, en plagient les rudiments et les conventions établies au cours de dizaine d'années mais se désirent originales. Tentant de profiter de la même renommée que les personnages du catalogue Marvel ou DC, des mêmes hantises et craintes véhiculées dans les épisodes de Moore, elles tentent de faire illusion mais généralement ne font pas le poids. Que peut dire un Hancock face à la virulence des Watchmen? Quel place à réellement un Jumper qui, par manque de connaissance et de réflexions autour du genre, passe totalement à côté du potentiel dramatique pourtant justement établi ? Quand à la série Heroes, elle fait chambre à part puisqu'elle est tirée de l'imagination de Tim Kring mais surtout du duo Loeb/Sale, bien connu pour être un tandem important des fascicules ! Arrive alors Push, petit film sans prétention et qui a bien l'intention de montrer ce qu'il a dans le coffre pour mériter sa place auprès des seniors sans pour autant usurper leur grandeur.
PUSH de paul mcguigan
D'ailleurs, à la vision de Push, il est évident que l'intention première n'est pas de tenter la construction d'une nouvelle franchise mais avant tout de raconter une histoire ! Et combien même l'intrigue ne se bouclerait pas comme un divertissement traditionnel (un fin bouclée mais ouverte) et qu'il resterait encore quelques éléments à développer, il apparaît comme certain que cette conclusion surprenante n'est ni pour écourter ni pour frustrer : la priorité est d'être à sa place et de ne pas laisser présager une suite que l'on aura jamais... Et c'est bien dommage ! Car si le film de Paul McGuigan ne se fait jamais original dans son fond et n'a jamais la prétention de vouloir plier soixante-dix ans de mythologie à sa portée, il parvient pourtant à totalement embarquer le spectateur dans son délire. Pourtant ce n'était pas gagné : en témoigne cette étrange ouverture nous dévoilant le traumatisme du héros puis un générique tout ce qu'il y a de plus agaçant : à grands coups d'effets clipesques, on nous rappelle les épisodes précédents que nous aurions loupé, toutes ces expériences faites dans les camps durant l'holocauste et qui auraient donné naissance à une race de mutants. S'en suit la mise en image d'une conspiration maléfique, traditionnel consortium terrible et passage obligé des plus grandes sagas historiques du genre. Passé ces quelques maladresses (une exposition censée nous faire accepter un univers fantastique déjà tout acquis à la cause du spectateur), on se laissera amadouer par l'évident centre d'intérêt qui aura su regrouper des personnes talentueuses à la cause. Mais qu'est ce qui aura pu charmer le très talentueux Chris Evans pourtant particulièrement échaudé de son expérience en tant que Torche dans Les 4 fantastiques de la Marvel ? Tout simplement une vision !
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