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CINE : L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON

Tout sur L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON - La Critique - Photos - Le 2009-01-12 11:36:31


David Fincher signe un grand film populaire et enchanteur qui parle directement au coeur de l'Amérique de Barack Obama.

Romain Le Vern 6
Benjamin Button n'a pas de chance. Il naît à la fin de la première guerre mondiale avec un physique de poupon vieillard. Sa maman décède peu de temps après l'accouchement. Sous la colère, son papa se débarrasse de lui et l'abandonne sur les marches d'une maison de retraite, dirigée par une femme noire qui le prend sous son aile. Plus les années passent, plus son corps rajeunit. Jusqu'au jour où il rencontre celle qui deviendra l'amour de sa vie. Se posent alors des questions existentielles : comment aimer au-delà des apparences, des trajectoires, des années, de la vie et de la mort ? A priori, l'argument romantique tirée d'une nouvelle écrite par F. Scott Fitzgerald en 1921 semblait taillé pour l'imagination farfelue d'un Tim Burton mais c'est David Fincher qui essaye le temps d'un long métrage de jouer les grands enchanteurs du cinéma américain. Armé d'une mise en scène classique, aux antipodes de son esthétique clinquante et publicitaire, L'étrange histoire de Benjamin Button fait figure d'étrangeté dans sa filmographie. Il n'y parle pas de lui mais de nous.

L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON
Un film de David Fincher
Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Elias Koteas, Jason Flemyng, Taraji P. Henson, Tilda Swinton, Julia Ormond, Elle Fanning, Josh Stewart, Mahershalalhashbaz Ali, Faune A. Chambers
Durée : 2h35




L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON de david fincher

Sous son apparence de mélodrame nostalgique et familial, L'étrange histoire de Benjamin Button ressemble au film de toutes les surprises dans la carrière de David Fincher. C'est justement parce qu'il semble plus conventionnel que ses précédents longs métrages qu'il est singulier. Pendant près de trois heures, le récit balaie plus d'un demi-siècle d'histoire américaine du point de vue d'un personnage hors norme. La construction évoque un puzzle qu'il faut recomposer et parfaire. Dans un second temps, naît une histoire d'amour classique où les sentiments régulent l'ordre et le désordre durant une période déterminée. En réunissant deux personnages hantés par la question de l'âge, le film donne à réfléchir sur le passage du temps, les possibilités de l'espèce humaine et sa propension aux bonheurs et aux malheurs. C'est dans ce domaine qu'il excelle en utilisant des prothèses et des maquillages hallucinants pour illustrer le processus de vieillissement et de rajeunissement chez le personnage principal (Brad Pitt a l'occasion de malmener sa plastique). Le revers de la médaille, c'est que les prouesses sont si efficaces que l'attention du spectateur peut dévier et que l'émotion perce difficilement.




L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON de david fincher

En profondeur, il n'y a pas de lien thématique entre L'étrange histoire de Benjamin Button et les autres films de David Fincher. Le cinéaste a changé, plus sobre et moins manipulateur qu'avant. A bien regarder, la vraie rupture dans son cinéma a eu lieu après Panic Room, exercice de style Hitchcockien et avant Zodiac dans lequel il proposait une antithèse de Seven dont l'esthétique a depuis été pillée par de nombreux avatars de seconde zone et des séries télévisées. Ironiquement, Fincher ramenait son enquête dans les années 70, à l'époque des polars de William Friedkin et John Frankenheimer. On peut même affirmer sans trop se mouiller qu'il faut revenir à l'époque de Fight Club pour comprendre cette évolution, en n'oubliant pas que si le film est aujourd'hui considéré comme culte (pas nécessairement pour les bonnes raisons), il fut lynché en son temps et que son auteur ne s'en est jamais remis. Depuis, dix ans se sont écoulés. Fatigué de créer la polémique, Fincher cherche à se racheter une conduite commerciale en rendant son style moins abrasif (donc plus accessible) au profit d'un grand film populaire et fédérateur. A la manière d'un démiurge, il immobilise le temps et l'espace pour jouer avec les possibilités de la fiction. A un moment donné, il raconte comment une catastrophe aurait pu être évitée en travaillant la notion de point de vue et de hasard. C'est une manière comme une autre de montrer l'éternel retour de la chance.

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  Note des Lecteurs
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cypher22 Chiant ! 4    14 fév
lyosha Fincher et button 7    09 fév
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Wolvy Un peu entre "The Fountain" de Darren Aronofski et "L'homme sans âge" de Francis Ford Coppola... 6    09 fév
megadeth petite deception 7    06 fév
MAXCASTLE Du très grand Cinéma!    06 fév
udok De tous les films de Fincher,c'est le plus faible 5    05 fév
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