GRANDS CLASSIQUES : LA COMTESSE AUX PIEDS NUS
Tout sur LA COMTESSE AUX PIEDS NUS - Photos - Le 2009-02-02 12:35:47Le film est sorti en 1954 et s'ouvre sous le logo intrigant, « Figaro inc », société de production appartenant à Mankiewicz lui-même qui s'assure ainsi son indépendance pour la première fois. Avec cette histoire, il livre une version moderne et désenchantée de Cendrillon, mais surtout un regard désabusé sur le monde de Hollywood à l'âge d'or des studios. L'héroïne est inspirée de Rita Hayworth. Il n'est pas difficile de reconnaître derrière le producteur tyrannique et tout puissant Kirk Edwards, une allusion à Howard Hughes. Ainsi ce beau conte a plusieurs niveaux de lecture, et son récit brillant est avant tout une merveilleuse mise en abîme.
LA COMTESSE AUX PIEDS NUS de joseph l. mankiewicz
Bertrand Blier évoquait ce film lors de notre rencontre avec lui, le décrivant comme celui qui montrait le plus beau personnage de metteur en scène. C'est avec celui-ci, Harry Dawes, que s'ouvre le film, sous les traits de l'admirable Humphrey Bogart (dont on ne dira jamais assez le grand acteur qu'il fut). Il assiste à l'enterrement de son amie, la comtesse Maria Torlato Favrini, dont on voit la statue blanche, ruisselante de pluie. La caméra s'approche du visage de Bogart qui raconte comment il a fait la connaissance de la défunte.
Critique de Hollywood et de la célébrité
Alors on entre dans le premier flash black, fondement de la narration du film. La voix lasse et désabusée de Bogart, nous ramène en arrière, en Espagne, où il est en compagnie du grand producteur Kirk Edwards et de son expert en relations publiques, Oscar Muldoon. Ils attendent dans un cabaret typique et pittoresque. La couleur locale est très appuyée à grands renforts de « Olé! », ça sera d'ailleurs le cas de tous les endroits de l'histoire, très « carte postale ». Ils veulent y rencontrer Maria Vargas, danseuse et reine du lieu qui ne s'acoquine pas avec les clients.
LA COMTESSE AUX PIEDS NUS de joseph l. mankiewicz
Dawes finit par la convaincre d'aller les rejoindre à leur table. Muldoon (excellent Edmond O'Brien) lui fait son boniment, présentant Edwards comme un philanthrope, présentant un rêve américain de pacotille et jouant sur la naïveté supposée de son interlocutrice en usant de tous les clichés qui pourraient l'attirer dans les filets de son patron. Mais cet homme dégoulinant et obséquieux la fait fuir. C'est Dawes qui, dès le début, va la chercher et la protéger. Il découvre la misère noire et « la boue » d'où elle vient. Il sera le seul à connaître sa détestation des chaussures, clin d'oeil évident à Cendrillon. Mais il est surtout seul à comprendre la nature profondément bohème de la future star.























