Lucie Pedrola 4
GLOSS
Un film d'Andrei Konchalovsky
Avec Yulia Visotkata, Irina Rozanova, Alexei Serebriakov, Alexandre Domogarov, Efim Chifrine, Ilya Issaev, Guennadi Smirnov
Durée : 1h57
GLOSS de andrei konchalovsky
Andrei Konchalovsky n'est pas un cinéaste connu en France malgré un parcours assez riche et varié. Nous notons une enfance passée entre écrivains et peintre, une collaboration scénaristique avec Tarkovsky, un goût pour la mise en scène de classiques au théâtre, une admiration pour Kurosawa... Et nous cernons décidément mal le réalisateur de Gloss, dont le titre russe est aussi traduit « papier glacé ».
Galia est une jolie Russe qui vit en province, travaille à l'usine et rêve d'un avenir pailleté de star moscovite. Sa première photo aguicheuse publiée dans un journal local la décide à quitter un ancien petit ami qui joue les petites frappes et des parents pauvres et quasiment séniles. Galia arrive à Moscou armée de sa bonne volonté et affichant, sûre d'elle, ses airs de gamines mal dégrossie. Elle découvre aussitôt le milieu du luxe et de la beauté ainsi que ses rouages les moins reluisants.
GLOSS de andrei konchalovsky
Pendant les premières minutes de Gloss, nous sommes charmés par cette plongée dans le quotidien d'une jeune Russe provinciale, par l'image d'un monde rude et cynique que renvoient immanquablement les rêves lointains et superficiels de Galia. La voilà, fière et croyant frôler la gloire en signant un autographe sur une première photo de charme. On est prêt à embarquer avec elle pour découvrir Moscou, curieux de la jeunesse contemporaine, on aimerait connaître de la Russie autre chose que des clichés mafieux, des prostitués et de la vodka. La patte particulière de Konchalovsky se fait immédiatement sentir, instable, un peu perturbante mais non dénuée de charme ; la lumière, brumeuse, fait parfois briller les personnages d'un maigre éclat, comme au travers d'une vitre embuée. Les situations cocasses ne sont jamais franchement drôles, voire carrément sombres. C'est l'arrivée à Moscou et les premiers pas de Galia dans le monde de la mode qui font basculer le film. Il prend soudain de faux airs de comédie (romantique ?) américaine. On est un peu perdu, beaucoup. Et malheureusement nous ne retrouvons jamais vraiment pied.
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