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LA RESURRECTION MICKEY ROURKE : DOSSIER + INTERVIEW

Tout sur THE WRESTLER - La Critique - Photos - Le 2009-02-18 03:12:14


Mickey Rourke revient de loin, très loin. The Wrestler, c'est sa rédemption, pour lui comme pour son réalisateur Darren Aronofsky qui avait besoin de remonter la pente après l'expérience de The Fountain (qui a ses fans comme ses détracteurs). En empruntant la forme du chemin de croix, au sens propre, le récit parle de dépassement de soi, de mouise existentielle, de foi artistique. Certaines séquences portent l'empreinte de son auteur, comme la discussion entre Mickey Rourke et Evan Rachel Wood qui rappelle l'intensité de celle entre Jared Leto et Ellen Burstyn dans Requiem for a dream. On a souvent catégorisé Aronofsky comme un formaliste mais ce serait oublier la manière empathique dont il filme ses personnages, en les regardant partir au loin, en retenant sa respiration, en les accompagnant dans leurs requiem. Un mathématicien qui se perd dans ses calculs (Pi), une mère qui s'accroche à une illusion (Requiem for a dream), un scientifique qui sauve sa femme en plongeant dans un monde intérieur (The Fountain). Ici, un catcheur ressemblant à un Jésus cradingue filmé de dos, paumé dans le réalisme boueux des frères Dardenne. Il faut y voir une réflexion sur la célébrité (que deviennent les stars sans le public pour les acclamer?), sur le physique (Mickey Rourke et Marisa Tomei utilisent leurs corps pour nourrir le spectacle), sur les ravages du temps (l'enfant abandonné que Rourke essaye de reconquérir à la dernière minute). Dans ce purgatoire, entre la vie et la mort, il y a Mickey Rourke l'homme, mais aussi Mickey Rourke l'acteur des années 80, proche de Michael Cimino, témoin d'un cinéma américain comme on en fait plus aujourd'hui et comme on rêve de le retrouver. On rêvait de revoir Mickey Rourke comme on rêverait de voir un film de Michael Cimino. Pour toutes ces raisons (humaines, mystiques, cinématographiques), le résultat est éblouissant.




THE WRESTLER de darren aronofsky

DE MICHAEL CIMINO A DARREN ARONOFSKY, LE PARCOURS D'UN WRESTLER FREAK


La porte du paradis, de Michael Cimino, fut l'une des premières apparitions marquantes de Mickey Rourke au cinéma. C'était en 1980, juste après le 1941, de Steven Spielberg. Etait-ce déjà un signe si l'acteur se situait entre deux époques (Cimino et Spielberg) ? A l'époque, Michael Cimino régnait en maître, considéré par tous comme l'un des plus grands cinéastes américains de son époque (Voyage au bout de l'enfer). Après La porte du paradis, il a été professionnellement lynché pour avoir coulé une major. La compagnie ferroviaire détenant cette major a mis sur la paille tous les producteurs impliqués dans le projet. Presque trente ans plus tard, le film reste ce que ça a toujours été : un chef-d'oeuvre absolu de superproduction pouvant parler de politique, de sexe, de religion, de corruption en montrant la naissance d'une nation bâtie sur le massacre des indiens, l'exploitation des immigrés, le vol systématique, la spoliation et le mensonge. Il est considéré comme le dernier grand film de l'histoire du cinéma américain, représentatif d'une époque où un cinéaste jouait sa carrière, sa vie, sa santé et tout ce en quoi il croyait sur une oeuvre, avant que Hollywood ne devienne un grand magasin de jouets. Respectivement, Francis Ford Coppola, Nicolas Roeg et Barry Levinson choisissent Mickey Rourke pour tourner dans Rusty James, Eureka et Diner. Pendant ce temps, Cimino ne se remet pas du massacre de La porte du paradis. On l'a taxé d'anti-américain et une campagne médiatique de dénigrement l'a obligé à se cacher pendant cinq ans.

L'année du dragon, son film suivant, sera produit par un Italien et il concilie la violence stylisée d'un Sam Peckinpah et les enjeux sociopolitiques d'Oliver Stone. Cheveux blancs et regard blême, Mickey Rourke y incarne Stanley White, flic d'origine polonaise revenant du Vietnam avec l'envie de nettoyer Chinatown de la vermine. Malgré l'efficacité irréfutable de ce requiem Wagnérien, d'aucuns trouvent le moyen de trouver des relents fascistes en assimilant le personnage principal à Dirty Harry et autres Charles Bronson. La performance de Rourke ne passe cependant pas inaperçu. Mieux, il devient une star en quête d'adrénaline. C'est là aussi où hélas il commence à partir en vrille, multiplie les retards sur les plateaux et les bagarres avec les producteurs, ne veut plus apprendre son texte... Surtout, le passé remonte à la surface. Abandonné par son père, enfant battu, Mickey Rourke a grandi avec son frère cadet Joe, sa mère et son beau-père, un policier dans le ghetto de Liberty City, à Miami, cité du vice, de la drogue et des guerres de gangs. Il a dû suivre huit ans de thérapie quotidienne pour comprendre les raisons d'une telle agressivité envers les autres et lui-même. Adrian Lyne, réalisateur d'un seul bon film dans sa carrière (L'échelle de Jacob en 1991), veut utiliser la popularité de Rourke et le fait jouer dans 9 semaines 1/2 dont on retient encore aujourd'hui l'intensité usitée des scènes érotiques, le regard de braise de Rourke, le strip-tease de Kim Basinger et la musique de Joe Cocker. Indépendamment de quelques scènes cultes, le film n'est que racolage, le sujet prétexte à créer du sensationnalisme (Lyne n'en sera pas à sa première tentative dans le genre). Pour l'acteur, l'intérêt est ailleurs.

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CINE : THE WRESTLER, LE NOUVEAU CHOC DE DARREN ARONOFSKYCINE : THE WRESTLER, LE NOUVEAU CHOC DE DARREN ARONOFSKY

A chaque nouveau long métrage, Darren Aronofsky utilise une forme cinémat...
 
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