Kevin Dutot 6
DUPLICITY
Un film de Tony Gilroy
Avec Julia Roberts, Clive Owen, Tom Wilkinson, Paul Giamatti
Durée : 2h02
DUPLICITY de tony gilroy
L'officier de la CIA Claire Stenwick et l'agent des services secrets britanniques Ray Koval ont quitté leurs fonctions gouvernementales pour le monde bien plus lucratif des affaires où une véritable guerre froide sévit entre deux multinationales... Claire est une menteuse et Ray est un as de la manipulation. Leur rencontre sur une complexe affaire d'espionnage industriel va réveiller les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre il y a plusieurs années. Un amour qui risque bien de compromettre leurs missions... ou qui pourrait, a contrario, les aider à réaliser un coup de maître.
Tony Gilroy change de registre... enfin presque. Après nous avoir servi de l'espion à toutes les sauces avec la trilogie Jason Bourne, un avocat rongé par les remords dans son premier long-métrage en tant que réalisateur, Michael Clayton, le voici là où on ne l'attendait pas : à la barre d'une comédie romantique. Mais pas n'importe laquelle puisque Duplicity se paye le luxe d'associer espionnage, grandes entreprises et duo de charme... bref, une sorte de symbiose des thèmes de prédilection du cinéaste et scénariste. Nous étions restés quelque peu sceptiques à la vision de son premier passage derrière la caméra : Michael Clayton, sous ses grands airs et malgré de belles interprétations, ne proposait rien de très original et la montagne érigée durant près de deux heures accouchait finalement d'une minuscule souris. Et c'est peut-être ce que l'on peut à nouveau reprocher à ce sympathique mais paresseux Duplicity.
DUPLICITY de tony gilroy
Avec son casting quatre étoiles, sa mise en scène léchée et son récit alambiqué, la mayonnaise aurait dû prendre... seulement voilà, le scénario, construit comme un puzzle dont on voit bien vite où se cachent les pièces maitresses, enchaîne les rebondissements et les flashbacks sans grande conviction. La mécanique, parfaitement huilée, et usant des artifices habituels pour tenter de brouiller les pistes, ne fonctionne qu'à moitié et au gré d'une amourette sympathique mais trop sage, le spectateur se raccroche aux quelques joutes verbales échangées entre les deux têtes d'affiche. C'est un peu maigre.
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