Kevin Dutot 10
MOI, VAN GOGH
Un film de Peter Knapp et François Bertrand
Avec Peter Knapp, Hélène Seuzaret, Jacques Gamblin
Durée : 40 minutes
MOI, VAN GOGH de peter knapp, françois bertrand
Le film propose une rencontre totalement inédite en grand format avec Vincent Van Gogh, une expérience graphique et humaine intense où les spectateurs sont littéralement plongés dans les oeuvres et la vie du peintre.
Si vous ne connaissez pas très bien Van Gogh, cette production Imax ne vous éclairera pas tellement sur la nature du peintre ni même sur son histoire, ses influences ou son travail... Vous apprendrez dans les grandes lignes qu'il entretenait une relation étroite avec son frère Théo, qu'il devint très tardivement un peintre avant de sombrer dans une fièvre créatrice qui l'éveilla à une multitude de possibilités artistiques et esthétiques, qu'il voyagea peu mais bien assez pour peaufiner son art et devenir quelques semaines avant sa mort un génie de la couleur et du coup de pinceau. Vincent Van Gogh, peintre de la lumière et du soleil, s'ouvre à nous le temps d'un court documentaire réalisé à l'aide des techniques Imax qui requièrent un équipement particulièrement couteux (100 000€ / minute de pellicule) et lourd (la caméra pèse 45 petits kilos) et c'est un petit miracle auquel nous assistons. Jamais le travail pictural d'un peintre n'a été approché de si près, jamais on avait pu sentir et presque entendre le pinceau déposer la matière sur la toile et par une délicate mise en scène, alliant la lecture de lettres du peintre avec un balayage minutieux de la toile se révélant au gré d'un flou disparaissant, on assiste tout simplement à une renaissance des toiles, comme si elles prenaient vie, là, devant nous !
MOI, VAN GOGH de peter knapp, françois bertrand
Accompagné d'une sublime bande originale composée par Armand Amar, à qui l'on doit les partitions de Indigènes, Amen, Le couperet ou Vas, vis et deviens, le documentaire parvient grâce à une habile reconstitution chronologique, privilégiant l'imagination du spectateur à un décorum démonstratif, à nous plonger dans l'histoire de Van Gogh... ou plutôt dans ses dernières années, là où son art prit toute sa dimension. Les paysages qui l'ont inspiré deviennent alors de vrais tableaux, que nous nous réapproprions et que nous tentons à notre tour de pénétrer afin d'en déceler tous les secrets et les subtilités. Et c'est ainsi qu'un coquelicot, un tournesol ou un simple champ de blé deviennent un spectacle sensoriel absolument bouleversant... Et lorsque le paysage se meut peu à peu en peinture, vision subjective et sublimée du peintre à l'oreille coupée, nos sens sont subitement mis à rude épreuve : pouvons-nous vraiment supporter beauté si impitoyable ? Oui, certainement, et au fil des notes jouées par Amar, nous nous laissons bercer par ce format qui innonde nos yeux... Et c'est là qu'on se dit que lorsque c'est à nous de cadrer, quand l'écran utilise tout notre champs de vision, l'expérience est plus qu'interactive, elle devient irradiante, comme si nous lancions au soleil le défi de le regarder à l'oeil nu, sans cligner... C'est quasiment ce que pourrez faire dans ce film car s'il y en bien un qui a su le regarder en face le soleil, c'est Van Gogh.
Kevin Dutot
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