REVANCHE OU UN CERTAIN ESPRIT AUTRICHIEN
Tout sur REVANCHE - La Critique - Photos - Le 2009-03-11 00:51:49Fort, sec et dérangeant
antares
Signé par Götz Spielmann et destiné à conquérir nos salles dès le 11 mars, Revanche s'inscrit dans la saignée ouverte par son auteur avec Antarès, son précédent film. Sorti en 2005 et racontant via trois histoires entremêlées un certain rapport à l'amour et à la jalousie, ce métrage s'aventurait déjà aux lisières d'une crudité assumée, pour ne pas dire davantage. En effet, sans fausse pudeur, il délivrait sur fond de scènes explicites la réalité d'une Autriche méprisable, misérable et vouée à sa médiocrité. Que ce soit par les relations de pouvoir, de sexe ou d'amour. Ainsi, ce drame signait-il l'avènement d'un cinéaste adepte d'une frontalité audacieuse et radicale, désireuse de livrer ses contemporains dans toutes leurs bassesses et plus encore dans leurs plus infâmes faiblesses. Reçu avec enthousiasme et prudence par la critique et le public, Antarès fit néanmoins du bruit. C'est donc avec une certaine impatience que l'on attendait de découvrir Revanche, son dernier film et cela d'autant plus qu'il était en lice pour l'Oscar du Meilleur film étranger face notamment à Entre les murs, notre Palme d'or et Departures, le futur tenant du trophée.
Et l'on ne fut pas déçu ! En effet, l'histoire de vengeance que conte Revanche impose d'emblée sa puissance et place son spectateur dans une attente étouffante en mêlant compréhension, appréhension et incertitude. L'atmosphère très pesante de son contexte initial - Vienne et l'univers interlope de la prostitution -, son déroulement - le surgissement de la mort au moment où l'espoir semble naître - mais aussi son naturalisme poussent effectivement à une adhésion sans bornes. Notamment parce que sa sécheresse séduit autant qu'elle éloigne. Ainsi, en suivant le cheminement d'Alex, Götz Spielmann construit-il son film dans la droite ligne d'un de ses illustres prédécesseurs, Michael Haneke. Et force est de constater que ses scènes de sexe sans compromission et l'intensité de ses émotions sont de nature à favoriser une telle comparaison.
REVANCHE de götz spielmann
Proche de La Pianiste par sa volonté de ne pas magnifier les corps et les désirs qui les animent, tout en en montrant la sordide incandescence, Revanche s'inscrit dans la lignée de ces drames existentiels qui impactent leurs spectateurs et les laissent comme effarés devant les « monstruosités humaines » qu'il donne à voir. Cependant, très différent par les choix que sa fin opère, le sinistre déroulement de Caché et l'impossibilité de croire en l'homme héritée de Funny games semblent interdits. Dès lors, il semble obligé de se demander ce qui anime et rapproche ces auteurs qui loin de la verve allemande récente, s'enferrent à dépeindre avec tant d'amertume et d'obscurité, l'homme et plus spécifiquement l'Autriche qui les rassemble.
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