WELCOME : INTERVIEW DE PHILIPPE LIORET
Tout sur WELCOME - La Critique - Photos - Le 2009-03-11 00:53:40WELCOME de philippe lioret
Vous utilisez le contexte des immigrés clandestins qui se retrouvent à Calais pour traverser la Manche ainsi que l'histoire de deux hommes qui apprennent l'un de l'autre ; le premier, Bilal, apprend à nager du second, Simon qui lui, au contact de Bilal, va s'ouvrir aux autres. La grande histoire a t-elle nourri la petite ?
Je me demande si je ne suis pas parti dans l'autre sens. Ce qui m'intéresse c'est de raconter des histoires à hauteur d'homme donc je pense être parti de la petite histoire dans le cadre de la grande. Après elles se sont télescopées. Mais il n'y a pas vraiment de grande histoire, ce n'est rien de plus que de raconter UNE histoire qui a lieu dans un endroit et à moment où je vis. Je suis incapable de faire un film d'époque car je ne sais pas comment les gens parlaient et vivaient dans le passé. Je ne peux pas faire de films sur ce que je ne connais pas. Alors que si je fais un film qui se passe ici aujourd'hui avec des gens que j'ai pu rencontrer, dont je connais un peu l'itinéraire et le parcours, cela m'est beaucoup plus aisé. Dans mes films il y a un côté « instantané » comme dans la photographie, saisir ce qui se passe à un moment, ici et maintenant. Faire un film, c'est saisir un instantané, saisir une histoire humaine. Tout ce que l'on peut espérer c'est saisir de bons et de grands thèmes.
Vos films sont très écrits, comment dirigez-vous cette écriture ?
Je n'en sais rien. Je veux juste que cela sonne juste. Que cela soit droit dans ses bottes, sans faire intervenir le hasard ou des péripéties alambiquées. Je cherche une efficacité, une sobriété, sans être caricatural.
WELCOME de philippe lioret
Justement en abordant le thème délicat des clandestins immigrés, quels sont les pièges que vous avez cherché à éviter ?
Je n'ai pas fait en sorte d'éviter des pièges, j'essaie de raconter une histoire à hauteur d'homme, si cela est bien fait, on passe à côté des pièges. Pour cela il faut que les personnages ne soient pas joués mais incarnés, qu'ils traduisent une justesse, que l'on puisse s'identifier à eux ou pas, qu'ils nous séduisent ou nous révulsent. Cette justesse doit servir une narration fluide, que le film puisse exister comme un regard sur les personnages plutôt que comme un regard sur l'actualité. La dimension historique et sociale ne m'intéresse pas en elle-même, même si cette dimension transparaît forcément. Si j'avais vraiment voulu éviter cette dimension là, j'aurais tourné un film plus consensuel, une comédie sur la côte d'Azur qui passerait à 20h30 sur une chaîne commerciale qui pourrait faire des millions de spectateurs. Si je peux aller un cran au-dessus, c'est tout de même mieux.
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CINE : WELCOMEAlors que la Grande-Bretagne a fermé complètement ses frontières aux clandestins... | ||







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