C'est une manière de suggérer que tout ce qui a précédé fonctionnait comme un trompe-l'oeil, et pas sûr que le spectateur apprécie totalement de s'être fait mener en bateau. Comme dans
Suicide Club (Sono Sion, 1999), l'identité du tueur en série (le
whodunit) se révèle moins importante que la dérive existentielle des personnages et ce qui s'annonçait comme une enquête conventionnelle devient une parabole sur la société masochiste travaillée par la souffrance du corps et la dépression de l'esprit. Dans le dernier tiers, le flic revient sur ses pas pour trouver la clef du mystère et l'enquête substitue l'intime au général. A l'arrivée, toute cette agitation raconte des liens familiaux défaits (la tristesse d'un fils qui ne connaît plus son père ou celle des deux frères qui ne se comprennent pas) jusqu'au climax final qui aurait pu être opératique s'il n'était pas si lourdement symbolique. C'est un raisonnement tordu qui traduit les efforts de
Jonas Akerlund pour maintenir l'intérêt en prenant des ingrédients de sources diverses pour les accomoder à sa sauce.
Les Cavaliers de l'apocalypse n'est pas une boucherie hardcore pour geeks goreux, mais un cauchemar éveillé entre mutilation introspective et hystérie collective.
Romain Le Vern
LES CAVALIERS DE L'APOCALYPSE de jonas akerlundRetrouvez la galerie photos sur les pages suivantes...
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