BEETLEJUICE de tim burton
Burton attend son heure en comptant les bouses...
Bon, Ça c'est fait ! Maintenant que l'habituel monologue rébarbatif au possible est passé, on peut s'intéresser aux choses sérieuses. Mais qu'est-ce que vous voulez ? Il y a des choses qui ne changent pas et, au fond, nous en sommes navrés ! Une question subsiste tout de même : tandis que nous nous retrouvons, pourquoi entamer notre nouvelle année avec Beetlejuice ? Car tout le monde l'a certainement vu, vu et revu et, finalement, qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit sur le film et sur son auteur ? Tim Burton, l'un des seuls réalisateurs à posséder autant de potentiel créatif que de groupies ! Depuis que le monsieur officie dans l'univers décalé et macabre dont il est lui-même le quasi unique représentant, combien de millions de fans a-t-on pu croiser avec un accessoire de L'étrange noël de Mr Jack, un t-shirt Edward aux mains d'argent ou un ciré noir et blanc de Les Noces funèbres ? Combien de fois a-t-on dû souffrir des essais mélomanes de quelques demoiselles hystériques tentant de pousser la chansonnette à la manière d'Helena Bonham Carter dans Sweeney Todd ? Et surtout, question qui fait mal, n'a-t-on pas remarqué plusieurs fois le génie de l'homme hirsute s'essouffler un peu plus à chaque nouvel admirateur conquis ? Beetlejuice, en tant que premier long-métrage durant lequel Burton est pleinement aux manettes de sa création, possède justement cette fougue improbable, fascinante et bouleversante d'un jeune auteur tendant vers quelque chose de très beau. Son film, lorsqu'on le découvre à nouveau et de nos jours, possède la fragile beauté d'un domaine imaginaire demandant qu'à éclore et ne sachant pas encore, innocemment, qu'il sera amené à se caricaturer lui-même. Sans pour autant entrer dans la polémique « Burton est-il, oui ou non, surestimé ? », rendons-nous à l'évidence en constatant que toute la verve de l'artiste a une fâcheuse tendance à s'autoalimenter et, malheureusement, à ne fonctionner, à quelques exceptions près, que grâce à des formules esthétiques et artistiques maintes fois éculées. Beetlejuice, tout comme l'ensemble de ses métrages jusqu'à Sleepy Hollow (en voyant très large), est donc porteur d'une magie naïve et d'une vraie vision d'auteur rafraîchissante et impérissable. Et sa redécouverte promulgue une véritable cure de jouvence !
BEETLEJUICE de tim burton
Beetlejuice ou le film qui marqua une multitude de générations de spectateurs, tous sensibles à cette différence évidente que proposait Burton dans son approche. Il suffit d'évoquer le métrage ou de diffuser sa fabuleuse bande sonore de Danny Elfman pour qu'aussitôt une certaine euphorie se fasse connaître de la part de toutes les personnes présentes : pour tout dire, même l'ami Brami avait, à une époque, sorti la tête de ses séries télévisées pour rédiger un petit dossier sur la bande de 88 et ce avec une certaine excitation dont personne ne s'est encore remis ! Le complice ayant dit tout le bien que l'on peut penser de la bête, nous tacherons donc pour notre part de retranscrire le pourquoi du comment de l'importance d'un film comme celui-ci ! Revenons quelques années dans le passé et établissons nous dans le courant de cette fameuse année 87 durant laquelle Burton s'ennuie à mourir tandis qu'un tribunal de Floride accuse Noriega de trafic de drogue et que le prix Nobel de la paix est remis à Oscar Arias Sanchez. Tim Burton, réalisateur d'un unique long-métrage et d'une poignée de courts, attend dans l'apathie la plus terrible que lui soit proposé un scénario qui vaille la peine d'être lu. En effet, celui-ci, ayant connu un certain succès sur le territoire américain en ayant mis en scène les délires de l'humoriste pour enfants Paul Rubens dans le film Pee-Wee big adventure en 1985, refuse l'ensemble des scripts qui lui sont envoyés pour cause de nullité absolue : entre les comédies plates ou les métrages ayant pour vedette des chevaux causant (Hot to trot), il ne trouve pas son bonheur et souffre de la frustration créative qu'il avait connu sur son premier long. En deux ans, il ne participera donc qu'à la réalisation d'un remake télévisé d'un épisode de la série Alfred Hitchcock présente nommé The Jar. L'humour noir étant de rigueur pour un dossier consacré à un film du calibre de Beetlejuice, disons simplement que ses espoirs décollent à peu près à la même période que celle ou l'un des appareils de la compagnie Norwest Airlines s'écrase sur une autoroute entre Detroit et Phoenix durant l'été 1987 ! Car son agent (pas de la compagnie aérienne, voyons !) vient de lui faire parvenir une histoire aux relents humoristiques morbides rédigée par Michael McDowell avec la complicité de Luke Wilson et sur lequel le détenteur des droits, David Geffen, omniprésent à l‘époque sur le marché du disque et celui des films, aimerait bien qu‘il donne son avis.
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DOSSIER : BEETLEJUICE Reconnu pour son univers macabre et ses visuels hors du commun, Tim Burton | ||
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