box office

1

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 1 544 865 (2 semaines)




2

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 1 444 144 (2 semaines)




3

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
entrées : 1 478 534 (2 semaines)




4

CE QUE PENSENT LES HOMME
entrées : 310 809 (1 semaine)




5

LE SEMINAIRE
entrées : 295 258 (1 semaine)




6

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
entrées : 2 407 342 (6 semaines)




7

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 943 213 (5 semaines)




8

MEILLEURES ENNEMIES
entrées : 144 059 (1 semaine)




9

RICKY
entrées : 135 612 (1 semaine)




10

LA LEGENDE DE DESPEREAUX
entrées : 124 210 (1 semaine)

dennis quaid (9 Avril 1954 - )

Tout avait si bien commencé, fils d’un acteur frustré, le jeune Dennis est poussé par son père à poursuivre une carrière théâtrale.

Après avoir joué quelques pièces au lycée, il empoche son diplôme de l’université de Houston (les Quaid sont Texans). C’est en accompagnant son frère Randy Quaid, sur le tournage de Missouri Breaks d’Arthur Penn, que Dennis entre en contact avec le monde du cinéma. Il faut dire que le film a dans son casting les talentueux Jack Nicholson et Marlon Brando. Dennis se lie d’amitié avec le grand Jack, tandis qu’il apprend la mandoline à Marlon (pour les besoins du rôle). On peut trouver pire comme début. Pour ceux qui cherchent, Randy Quaid, c’est le pilote alcoolique qui sauve le monde dans Independance Day.

Dennis enchaîne les petits rôles (Crazy Mama de Demme, The Seniors…) et tombe un jour sur Peter Yates (Bullit). Le réalisateur lui propose alors de jouer l’un des rôles principaux de son prochain film, l’histoire d’une course à vélo contre des universitaires snobinards. Comme Peter Yates harcèle le jeune Quaid en restant carrément devant sa porte, celui-ci accepte enfin le rôle. Le film, Breaking away (la Bande des Quatre), est un succès, et dès lors, les projets s’enchaînent. Bien qu’il tienne souvent la tête d’affiche, les rôles sont encore assez mineurs. Il faudra vraiment attendre 1983 pour le voir exploser (non, je ne parle pas des Dents de la Mer 3). 1983 c’est aussi la sortie du film The Right Stuff de Philip Kaufman, adapté du livre du même nom écrit par Tom Wolfe.


Pour la petite histoire, Dennis Quaid devait apparaître dans Outsiders de Francis Ford Coppola, aux côtés de Tom Cruise, Matt Dillon, Rob Lowe et Patrick Swayze. Lorsque Philipp Kauffman, vient voir Dennis Quaid pour lui proposer le rôle de Gordon Cooper dans son prochain long-métrage, l’acteur se voit obligé d’accepter. Il faut dire que Gordon Cooper est une star au Texas, l’Etat natal de Quaid, car il s’agit du premier Texan dans l’espace. De plus, Dennis est un fan du livre, et rêvait d’incarner Gordon Cooper. Ainsi, il laisse tomber Coppola l’oscarisé, se lançant dans l’aventure spatiale. Grand bien lui a pris, puisqu’il rejoint les Ed Harris, Fred Ward, Jeff Goldblum et Veronica Cartwright, encore inconnus à l’époque (la production n’ayant pas les moyens d’acheter des stars).

The Right Stuff, pourrait être l’apanage du film parfait. L’histoire raconte les débuts de l’aérospatiale Américaine, à travers les pionniers de la conquête spatiale. Ces premiers hommes de l’espace s’appelaient John Glenn, Gus Grissom, Gordon Cooper et Alan Shepard. En parallèle, on assiste à l’acharnement du pilote Chuck Yeager à dépasser les limites de résistance humaine. Ce fut le premier homme à franchir le mur du son, et à atteindre la vitesse de 2.44 mach. The Right Stuff c’est aussi l’apologie des années 50 et du début des 60’s. Cette période où, dès qu’un homme dépassait l’atmosphère, la foule fêtait son retour sous une pluie de confettis dans les rues de New York. Enfin, c’est surtout le destin de plusieurs hommes embarqués dans une aventure dont ils ne connaissaient rien. Mis à part le casting composé de ses jeunes débutants talentueux, la mise en image est parfaite, les effets spéciaux n’ont pas vieilli et la musique de Bill Conti (Rocky) fait partie des plus belles du cinéma. The Right Stuff, c’est aussi le livre de Tom Wolfe, best-seller en son temps. Le film remportera 4 oscars (Musique, montage, son et effets spéciaux) puis tombera dans les méandres du box office en faisant un four. Il faut préciser qu’il sortit au cinéma lors de la campagne de John Glenn pour les présidentielles. Le public fit alors l’amalgame avec les élections, pensant qu’il s’agissait d’une apologie du candidat et d’un film politique, impression renforcée par une couverture de Newsweek faisant le parallèle entre le Glenn du film et le Glenn présidentiable.


Insuccès public ne signifiant pas forcément insuccès critique, c’est à partir de ce moment que les choses vont s’enchaîner pour Dennis Quaid. En quelques années, il cartonnera dans l’Aventure Intérieure de Joe Dante (1987), D.O.A (1988, un remake assez moyen de Mort à l’arrivée, mais où Dennis rencontrera Meg Ryan), il interprètera par la suite Jerry Lee Lewis dans Great Balls of Fire ! (1989). Great Balls of Fire ! peut être considéré comme un des meilleurs biopics de l’histoire du cinéma. Tiré de la biographie du chanteur, écrit par son ex-femme, le film arrive à capturer le côté fou du rockeur et son incroyable talent pour la musique. Dennis Quaid y est exceptionnel parvenant à retrouver l’excentricité du personnage, notamment lors des scènes de concerts où il interprète lui-même les chansons, et joue vraiment du piano. Au casting on retrouve la toute jeune Winona Ryder avec à ses côtés Alec Baldwin. En 1990 on le retrouve dans Come see the Paradise d’Alan Parker, un film sur la seconde guerre mondiale, sortie le jour où, malencontreusement, Georges Bush Sr décide de bombarder l’Irak. A partir de là, Quaid apparaîtra sporadiquement au cinéma. Que ce soit dans Undercover Blues (une comédie adorable avec Kathleen Turner), Wyatt Earp, ou Switchback avec Danny Glover en méchant, l’acteur disparaît du box-office. Certes, il y a eu Dragonheart en 1996, mais franchement, qui se souvient de la personne en face du dragon ?


En vérité, Dennis Quaid apparaît surtout en couverture de la presse à sensation : rupture avec Meg Ryan (partie coucher avec Russell Crowe), dépendance à la cocaïne, cures de désintoxication… oui, Quaid était l’ancienne Britney Spears des tabloïds. Paradoxalement, c’est lorsqu’il choisit de devenir Clean que les scénarios n’arrivent plus, après une année en désintox, les studios l’ont oublié. Dans une interview au New York Post, Quaid ajoute : « Hollywood possède une mémoire courte, si a un moment vous n’êtes pas disponible sur le marché, ils (les producteurs) passent à autre chose. J’étais donc surpris par cette brutalité, dans un sens, j’ai dû repartir à zéro. »

C’est en 1999 que l’on retrouve Dennis Quaid dans Any Given Sunday d’Oliver Stone (L’enfer du dimanche). Quaid y partage l’affiche avec Al Pacino, James Wood, Cameron Diaz et Jamie Foxx dans un de ses premiers rôles. Quaid est le Quater Back Jack’Cap’ Rooney qui se retrouve en mauvaise posture au début du film. En effet, Rooney vient de se prendre un mauvais coup et commence à se demander s’il ne devient pas trop vieux pour ce métier. Face à lui, l’arrivée du nouvel espoir Willie Beamen va le faire vaciller. Finalement, il va faire un dernier coup d’éclat et trouver sa place dans l’équipe. Le scénario (écrit entre autre par John Logan qui nous a donné Gladiator et The Aviator) résonne avec la carrière de Quaid à ce moment précis (tout comme avec la carrière de Jamie Foxx, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire). Effectivement, Rooney est considéré par tous comme « un vieux », qui a cumulé une série de 4 défaites consécutives ; en gros, un joueur fini depuis longtemps, tout comme Quaid dans la tête des spectateurs, un acteur qui n’a plus connu de succès depuis une dizaine d’années, qui fait la une des magazines à scandales, incapable de remonter la pente. Any Given Sunday remportera 75 millions de dollars aux USA, et c’est l’étincelle qui relancera la carrière de l’acteur. Il s’agit d’un nouveau départ pour l’ex-star, et cela va se confirmer l’année suivante.


An 2000. Le renouveau pour Quaid. Il retrouve enfin le haut du box-office participant à deux succès surprises. D’abord, il joue dans Frequency, où un agent de police (James Caveziel) parvient à entrer en contact, à travers une radio, avec son père décédé 30 ans auparavant (Dennis Quaid). Grâce à cet étrange phénomène spatiotemporel, ils vont parvenir à résoudre une affaire de meurtres en série. Certes, on peut, au début, ne pas accrocher à l’histoire, mais le jeu des acteurs, Quaid en tête, Caveziel second, fait qu’on adhère assez vite au concept, ce qui a permis au film de franchir les 45 millions de dollars. Pas mal pour un projet qui aurait pu être destiné au Direct-to-video. Ensuite, il est l’avocat de Catherine Zeta-Jones dans le multi oscarisé : Traffic. Quaid se retrouve incrusté dans cette énorme fresque sur le trafic de drogue. On suit les efforts de la police Mexicaine (à travers le personnage joué par Benicio Del Toro) et Américaine (à travers celui de Don Cheadle) pour coincer les trafiquants (Jones, entre autres). Au milieu de tout ça, y’a Arnie Metzger (Dennis Quaid) l’avocat au courant de toutes les petites combines de David Alaya, marié à Helena (Catherine Zeta-Jones). Il dévoile tout à Helena, tentant de la garder du bon côté de la morale. Dit comme ça, on peut croire qu’ Arnie c’est un bon gars, mais il essaye surtout de faire tomber l’époux pour mettre la main sur la nana. Un type bien fourbe finalement, qui aura son heure de gloire lors des derniers plans du long-métrage. Le film, bien qu’oublié depuis, est un succès de plus dans la carrière de Dennis Quaid. Le public se réhabitue au visage de l’acteur. Cependant, il faudra encore patienter quelques années pour faire de Quaid un acteur à nouveau Bankable.

En 2002 dans « The Rookie », Dennis Quaid interprète l’histoire vraie d’un joueur de baseball, Jim Morris, qui décide de revenir sur le terrain après avoir disparu des stades pendant 12 ans suite à une blessure. Le rôle est, bien entendu, à mettre en parallèle avec le parcours de l’acteur qui regagne enfin les grands tournages et, comme Jim Morris, retrouve la gloire d’antan. La même année, il joue dans Far From Heaven le rôle d’un père de famille modèle forcé de refouler son homosexualité au cœur de l’Amérique des années 50. Quatre nominations à l’oscar pour le film, aucune pour Quaid, qui, selon les critiques, l’aurait emporté haut la main.


Depuis 2002, le quinquagénaire Quaid a une moyenne de 3 ou 4 films par an : Emmerich le fait tourner dans son blockbuster écologique The Day after Tomorrow, on le voit (aux USA) dans le remake d’Alamo, il joue le père de Scarlett Johannson dans la comédie En bonne Compagnie puis dans le remake du Vol du Phoenix avec Hugh Laurie. Il fut un temps envisagé en Thomas Wayne pour Batman Begins, avant de refuser le rôle. Dans la comédie acide American Dreamz, il trouve une responsabilité à sa juste mesure en temps que président des Etats-Unis, rappelant vaguement quelqu’un.

Au contraire de beaucoup d’acteurs, la carrière de Quaid fut en deux teintes. D’abord il était la grande star, celle qui mettait en avant le film : Great Balls of fire ! mentionnait : « Dennis Quaid est Jerry Lee Lewis ». Au moment de son grand succès, à savoir mid-80’s jusqu’en 1990, il jouait souvent des rôles d’homme célibataire, désabusé, qui tombe amoureux à la fin du film, comme pour Everybody All-American, The Big Easy ou D.O.A. Dans Innerspace il était starifié directement en ouverture du film et montré comme le héros qui va se retrouver dans une mauvaise situation. Depuis Gordon Cooper, le style Quaid, dans les années 80, consistait à garder un genre de côté cool et nonchalant. Il se sortait souvent des situations épineuses avec le sourire, d’un air « je m’en foutiste ». Quaid c’était la coolitude absolue, comme dans Undercover Blues, son dernier rôle du genre. Dans cette comédie d’action, il est un agent des services secrets américains, en vacances avec son épouse (Kathleen Turner), elle aussi dans le même business. Ils doivent pourtant tenter de poursuivre leurs congés, tout en empêchant une vilaine méchante (Fiona Shaw) de faire exploser des têtes nucléaires et en s’occupant de leur bébé. Le film est vraiment plaisant à regarder, baignant dans l’ambiance de la nouvelle Orléans, où Quaid et Turner se battent toujours avec le sourire. Néanmoins, le film sera un échec, mais ce premier rôle de père sera le début d’une longue lignée, correspondant justement à un fort besoin de renouvellement de carrière.


On remarque alors que depuis la fin des années 90, Quaid joue exclusivement des rôles de père de famille. Adieu le héros célibataire cherchant la romance et bonjour les couches culottes. Traffic mis à part, sa filmographie est uniquement focalisée sur le paternalisme. Dans Frequency, il est le père décédé complétant sa relation avec son fils à travers les ondes radios ; dans The Parents Trap il est un parent divorcé qui se retrouve avec la mauvaise fille (ce sont des jumelles séparées à la naissance) ; dans The Rookie, il abandonne famille et enfants pour se consacrer au baseball… Et la liste continue : pour The Day After Tomorrow il traverse une partie des Etats-Unis sous la neige pour retrouver son fils, dans Far From Heaven il tente de cacher à sa famille son homosexualité, In Good Company il doit gérer le fait d’avoir un patron plus jeune que lui qui couche avec sa fille et sinon, il possède un rôle de mentor comme pour Any Given Sunday où il finit par coacher Jamie Foxx ou dans le Vol du Phoenix en étant le chef improvisé des survivants. Si l’on compare avec les acteurs d’Outsiders, par exemple, aucun d’entre eux ne joue des rôles familiaux. Tom Cruise est toujours célibataire au cinéma (ou divorcé et le restant comme dans War of The Worlds), Emilio Estevez, Matt Dillon ou Rob Lowe n’ont jamais de rôles familiaux. Quelle autre star des années 80 peut se vanter de pouvoir désormais faire le succès du film, sans pour autant apparaître comme le loup solitaire ? (à part Tom Hanks).


En vingt ans de carrière, Quaid possède de nombreux visages et rôles différents. Il a incarné moult figures historiques (Doc Holliday, Jerry Lee Lewis, Gordon Cooper ou Georges Bush Jr.); aura tourné dans des films d’auteurs intimistes, dans des gros Blockbusters, des comédies enfantines (oui, j’oublie forcément le « Parent’s Trap » et le « Yours, Mine and Ours » des studios Disney), ainsi que pour des films à oscars... Cette année, outre Angles d’attaque (où, il protège le président), on le verra dans la comédie dramatique Smart People avec Ellen Page (Juno), dans le film d’horreur The Horsemen et enfin, dans l’adaptation sur grand écran de la série GI JOE par Stephen Sommers. Quaid a d’ailleurs déjà signé pour deux suites. On risque donc de retrouver le sourire ravageur de Dennis Quaid très souvent au cinéma, et moins dans les tabloïds. D’ailleurs, outre le cinéma, on peut aussi le voir en concert avec son groupe « Dennis Quaid and the Sharks » où il joue en pantoufles ; à condition bien entendu d’habiter les USA.


Film par Acteurs