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CINE : LES CAVALIERS DE L'APOCALYPSE

Tout sur LES CAVALIERS DE L'APOCALYPSE - La Critique - Photos - Le 2009-02-27 18:04:56


Ce nouveau long métrage de Jonas Akerlund (Spun) ressemble plus à un puzzle mental qu'à une série B trash.

Romain Le Vern 6
Depuis Spun, bombe d'énergie et de mauvais goût, on n'avait plus de nouvelles de Jonas Akerlund. Avec ce coup d'essai réalisé en 2001, ce clippeur ultra-tendance se revendiquait comme un cultiste de la contre-culture, si possible aussi décalé que John Waters dans les années 70 (l'époque de Pink Flamingos). Il s'en était donné les moyens en manufacturant une histoire immature et frimeuse avec suffisamment de trashitude (du vomi, de l'alcool, du cul, de la drogue) pour attirer les cinéphiles curieux. Le défi était passé de mode, aussi risqué que de proposer un film interdit aux moins de 18 ans sans violence ni sexe. Au moins, cela lui a permis de creuser une esthétique trash/chic branchouille qui a fait sa renommée dans les années 90, notamment à travers les clips qu'il a réalisés (on se souvient encore de celui de Smack my bitch up! du groupe Prodigy). Par la suite, d'autres stars ont manifesté l'envie de s'encanailler dans son univers. Mais Akerlund est parti en vrille en dilapidant sa crédibilité, avant d'ouvrir un bureau de production à Stockholm pour former de jeunes talents. Des années plus tard, l'artiste revient aux commandes de Les Cavaliers de l'apocalypse, thriller coproduit par Michael Bay et scénarisé par Dave Callaham (Doom), dans lequel un flic (Dennis Quaid, halluciné), hanté par la mort de sa femme, enquête sur un tueur en série s'inspirant des quatre cavaliers de l'Apocalypse.

LES CAVALIERS DE L'APOCALYPSE
Un film de Jonas Akerlund
Avec Dennis Quaid, Zhang Ziyi, Lou Taylor Pucci, Clifton Collins Jr., Patrick Fugit, Eric Balfour, Peter Stormare, Chelcie Ross, Liam James, Maritza Cabrera, Ivan Crasci, David Dastmalchian, Deborah Odell
Durée : 1h50

Il vaut mieux prévenir ceux qui pensaient découvrir un Spun bis : Les cavaliers de l'apocalypse n'opère pas dans le même registre trash/comique/décalé. Sur le papier, cette histoire de flic veuf au bout du rouleau qui mène l'enquête sur une série de meurtres obéissant à un rituel mystique ressemble à celles que l'on propose aux faiseurs européens qui veulent se faire un nom aux Etats-Unis. Elle recycle les ficelles éculées des thriller des années 90 (Seven et Le silence des agneaux) avec des références à l'inconscient culturel, des lieux communs et des inserts de plans urbains. Le travail de Jonas Akerlund consiste à transcender cette mécanique pour lui donner un relief original. Pendant la première demi-heure, c'est peine perdue jusqu'à l'entrée en scène d'un personnage secondaire énigmatique joué par Zhang Ziyi, qui instille du trouble par sa simple présence et se situe quelque part entre la petite fille faussement sage et la femme fatale manipulatrice. Grâce à elle, une étrange tension commence à naître.




LES CAVALIERS DE L'APOCALYPSE de jonas akerlund

Pendant ce temps, l'enquête piétine, les cernes se creusent sous les yeux d'un Quaid de plus en plus aveugle et le tueur en série, ayant pris le soin de suspendre ses victimes avec des crochets sadomaso à la Clive Barker, laisse un avertissement sur le lieu du crime : un "Come and see", en référence à l'Evangile (l'Apocalypse, les révélations de Saint Jean, où la voix de tonnerre assène "Va et regarde" comme un leitmotiv, à quatre reprises). Au moment où l'on s'y attendait le moins, une discussion entre Dennis Quaid et Zhang Ziyi est brutalement interrompue par un coup de théâtre grand-guignolesque à la De Palma. Soudain, le rythme s'accélère et le film change de ton pour basculer dans le dédale mental d'un homme au mode de vie schizophrène (il est à la fois père absent et flic usé). Avec une certaine virtuosité technique, Akerlund joue sur l'alternance des rythmes en reprenant des artifices exploités dans ses clips (la succession de fondus au noir avec montage parallèle). Il interrompt aussi la linéarité presque trop tranquille de la narration pour proposer de nouvelles pistes (la scène tendue dans le café avec les deux frères, avant une agression).

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